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Les dégâts à Beyrouth estimés à 15 milliards de dollars

L'aide internationale (ici, Russe) a afflué pour pallier aux destructions des hôpitaux de Beyrouth après l'explosion du 4 août. [Valeriy Melnikov - Sputnik/AFP]
Près de la moitié des hôpitaux de Beyrouth sont "hors service" / Le Journal horaire / 1 min. / le 12 août 2020
Huit jours après l'explosion qui a dévasté Beyrouth, plus de la moitié des hôpitaux de la capitale libanaise sont "hors service", a indiqué mercredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Dans un pays plus instable que jamais, le coût total des dégâts dépasse les 15 milliards de dollars.

Après une évaluation de l'état de 55 cliniques et hôpitaux à Beyrouth, "nous savons qu'un peu plus de 50% de ces établissements sont hors service", a déclaré Richard Brennan, directeur régional des urgences de l'OMS. Trois des principaux hôpitaux sont hors service et trois autres ne fonctionnent plus à pleine capacité, selon lui.

Par ailleurs, des membres du personnel soignant ont péri lors de leur service ou ont succombé à leurs blessures.

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Le coût des dégâts causés à la ville par l'explosion dépasse les 15 milliards de dollars, a annoncé mercredi le président du Liban Michel Aoun. "Les estimations préliminaires [...] dépassent les 15 milliards de dollars", a assuré le président libanais lors d'un entretien téléphonique avec le roi d'Espagne Felipe VI, selon le compte Twitter de la présidence.

La lutte contre le Covid reste une priorité

"Cela veut dire que nous avons perdu 500 lits", a estimé Richard Brennan, appelant les autorités et leurs partenaires à "rétablir les capacités de ces établissements au plus vite" pour répondre aux besoins du pays face également à la pandémie de Covid-19 et aux autres urgences médicales.

Mardi, 309 contaminations au Covid-19 ont été enregistrées dans le pays, pour sept décès. Un chiffre record dans ce pays, qui avait semblé maîtriser la pandémie dans un premier temps, mais où les cas sont repartis à la hausse après la réouverture de l'aéroport international de Beyrouth le 1er juillet, notamment. Le gouvernement avait alors décrété un reconfinement provisoire fin juillet, mais avait annulé cette mesure après l'explosion au port.

Nouveau gouvernement attendu de pied ferme

Face à ces différents problèmes ainsi qu'à la colère grandissante de la rue, les autorités doivent désormais former un nouveau gouvernement, tandis que des dirigeants internationaux se succèdent à Beyrouth.

Le gouvernement de Hassan Diab a démissionné lundi mais une grande partie des Libanais réclament aussi le départ du chef de l'Etat Michel Aoun ainsi que du chef du Parlement, des députés et des mêmes politiciens qui dominent la vie politique depuis des décennies, tous jugés responsables de la tragédie.

>> Lire également le reportage de notre journaliste sur place: Beyrouth, reportage au coeur d'une capitale sinistrée et en colère

Michel Aoun n'a pour l'heure pas annoncé la date des consultations contraignantes avec les blocs parlementaires, sur la base desquelles doit être décidé le nom du nouveau Premier ministre. Ce processus prend habituellement plusieurs mois, mais l'ampleur du cataclysme pourrait inciter à une prise de décision plus rapide.

La tragédie de trop

Pendant ce temps, les Libanais et Libanaises continuent d'enterrer leurs morts et de panser leurs plaies. Mardi, une foule pleine d'émotion a rendu hommage aux victimes, à la minute exacte où l'explosion a dévasté la capitale le 4 août.

La tragédie a été la catastrophe de trop pour une population déjà brisée par une dépréciation historique de la livre libanaise, une hyperinflation et des restrictions bancaires draconiennes.

>> Plus de détails: Beyrouth marque la minute dans laquelle elle a basculé dans l'horreur

jop avec agences

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La posture de l'Iran scrutée de près

Premier dirigeant international à s'être rendu sur place, le président français Emmanuel Macron a mis en garde mercredi contre "toute interférence extérieure" au Liban lors d'un entretien téléphonique avec le président iranien Hassan Rohani. Selon l'Élysée, il a rappelé "la nécessité, pour toutes les puissances concernées, d'éviter toute escalade des tensions [...] et de soutenir la mise en place d'un gouvernement de mission en charge de gérer l'urgence".

L'Iran entretient des liens étroits avec le Hezbollah, son principal relais au Liban. Or, le puissant parti pourrait soutenir un retour au pouvoir de Saad Hariri, qui a démissionné en octobre après un soulèvement populaire, selon un responsable politique local, ayant requis l'anonymat

À l'instar des partis politiques traditionnels libanais, sourds aux demandes de la rue, le parti pro-iranien rejette "un gouvernement neutre ainsi que les noms qui constituent une provocation", selon le journal al-Akhbar, proche de la formation chiite. Il refuse notamment l'ancien ambassadeur à l'ONU Nawaf Salam, qui a été évoqué et qui jouit de l'approbation du mouvement de contestation.