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L'explosion à Beyrouth a creusé un cratère de 43 mètres de profondeur

l'explosion à Beyrouth attise la colère d'un pays en ruines [RTS]
l'explosion à Beyrouth attise la colère d'un pays en ruines / 19h30 / 3 min. / le 9 août 2020
L'énorme explosion au port de Beyrouth a engendré un cratère de 43 mètres de profondeur, a indiqué dimanche une source sécuritaire libanaise. La capitale avait retrouvé son calme dans la matinée, après les manifestations de samedi.

La déflagration survenue mardi dernier a fait plus de 150 morts et 6000 blessés selon le dernier bilan, alors que plusieurs dizaines de personnes sont toujours portées disparues. Elle a été provoquée par l'explosion d'un entrepôt où étaient stockées selon le Premier ministre libanais Hassan Diab 2750 tonnes de nitrate d'ammonium depuis six ans "sans mesures de précaution".

L'explosion "a provoqué un cratère de 43 mètres de profondeur", d'après la source de sécurité qui s'est exprimée dimanche, citant des évaluations effectuées par des experts français en pyrotechnie dépêchés sur le terrain.

L'institut américain de géophysique (USGS) basé en Virginie avait indiqué que ses capteurs avaient enregistré l'explosion comme un séisme de 3,3 sur l'échelle de Richter.

Démission de deux ministres

La ministre de l'Information libanaise, Manal Abdel Samad, a annoncé dimanche qu'elle quittait le gouvernement. Il s'agit de la première démission consécutive à la catastrophe au sein de l'exécutif.

"Après l'énorme catastrophe de Beyrouth, je présente ma démission du gouvernement", a déclaré la ministre lors d'une brève allocution télévisée. "Je m'excuse auprès des Libanais, nous n'avons pas pu répondre à leurs attentes."

Quelques heures plus tard, c'est le ministre libanais de l'Environnement et du développement administratif, Damianos Kattar, qui a annoncé sa démission: "Face à l'énorme catastrophe (...) et (...) un régime stérile qui a raté de nombreuses opportunités, (..), j'ai décidé de démissionner du gouvernement", a annoncé Damianos Kattar dans un communiqué.

Le patriarche de l'Eglise chrétienne maronite du Liban, Bechara Boutros al-Raï, a appelé de son côté le gouvernement libanais tout entier à démissionner s'il est incapable de réformer sa manière de gouverner.

>> Le reportage du 12h45:

Malgré la démission de la ministre de l’information, des appels à manifester ont été lancés à Beyrouth. [RTS]
Malgré la démission de la ministre de l’information, des appels à manifester ont été lancés à Beyrouth. / 12h45 / 2 min. / le 9 août 2020

Le Premier ministre libanais contesté Hassan Diab a annoncé samedi soir qu'il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Le chef du gouvernement a estimé dans un discours télévisé que seules "des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle".

>> Ecouter à ce propos l'interview de George Haddad, directeur de l'ONG Alef, dans le 12h30:

Georges Haddad, expert en politique au Liban, directeur de l'ONG ALEF. [DR]DR
La colère des Libanais contre la classe politique atteint son paroxysme / Le 12h30 / 2 min. / le 9 août 2020

Colère des Libanais à son paroxysme

Samedi, des milliers de manifestants en colère contre la classe dirigeante accusée de corruption, d'incompétence et de négligence après l'explosion, ont pris d'assaut brièvement des ministères et défilé dans le centre-ville de Beyrouth pour crier vengeance. Ils ont brandi des potences de fortune symbolisant la rage à l'égard des dirigeants.

>> Situation dimanche matin à Beyrouth:

Manifestants dans les rues de Beyrouth, samedi 08.08.2020. [Mouna Hussein - RTS]Mouna Hussein - RTS
Retour au calme à Beyrouth après des manifestations parfois violentes / Le Journal horaire / 1 min. / le 9 août 2020

Et de nouvelles manifestations sont attendues dimanche après-midi. "Préparez les potences, parce que notre colère ne s'éteindra pas en un jour", peut-on lire sur les messages circulant en ligne.

Au coeur des événements samedi, l'envoyée spéciale de la RTS à Beyrouth Mouna Hussain a rencontré le Libano-Suisse Ralph Mamère, au pied d'une potence érigée pour l'occasion. Installé à Beyrouth depuis vingt ans, il explique sa présence et la symbolique de la potence.

>> Ecouter le témoignage de Ralph Mamère:

Les manifestants érigent des potences pour protester contre les autorités libanaises. [Mouna Hussein - RTS]Mouna Hussein - RTS
Manifestations à Beyrouth: témoignage de Ralph Mamère / Le Journal horaire / 1 min. / le 9 août 2020

Pascale, une jeune femme de 33 ans qui a étudié en France avant de retourner au Liban, était elle aussi dans la rue samedi à Beyrout. Elle explique les deux raisons qui l'ont amenée à prendre part aux manifestations.

>> Ecouter le témoignage de Pascale:

Un slogan qui en rappelle un autre, brandit par un manifestant à Beyrouth, 08.08.2020. [Mouna Hussein - RTS]Mouna Hussein - RTS
Manifestations à Beyrouth: témoignage d'une jeune Libanaise / Le Journal horaire / 1 min. / le 9 août 2020

Agences/oang

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Une aide internationale de 250 millions d'euros

Les participants à la visioconférence sur le Liban se sont engagés dimanche à réunir des "ressources majeures" afin de répondre aux besoins immédiats de Beyrouth et du peuple libanais, montre une déclaration commune diffusée dimanche. Au total, ce sont 250 millions d'euros qui devraient être débloqués prochainement.

"Cette assistance devra être coordonnée sous la conduite de l'ONU et livrée directement à la population libanaise avec la plus grande efficacité et en transparence", dit cette déclaration.

Présente à cette réunion, la Suisse soutiendra le Liban avec une aide d'au moins 4 millions de francs. De son côté, l'Union européenne a annoncé un nouveau financement de 30 millions d'euros, qui s'ajoute aux 33 millions déjà promis jeudi.

Nouveaux heurts dimanche

Des nouveaux heurts ont éclaté dimanche soir dans le centre de Beyrouth entre les forces de l'ordre et un groupe de manifestants. C'est la seconde journée consécutive d'affrontements après l'explosion meurtrière au port de la capitale libanaise.

Sur une avenue menant au Parlement, les manifestants ont jeté des pierres et tiré des feux d'artifice en direction de la police qui a répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes pour tenter de les disperser.