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L'ancien Premier ministre malaisien reconnu coupable de corruption

L'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak (au centre) a été reconnu coupable de corruption. [Fazry Ismail - Keystone]
L'ex-Premier ministre malaisien reconnu coupable de corruption / Le Journal horaire / 29 sec. / le 28 juillet 2020
L'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak a été reconnu coupable mardi dans son premier procès pour corruption, deux ans après la chute de son gouvernement dans le retentissant scandale 1MDB. Il a été condamné à 12 ans de prison.

La Haute Cour de Kuala Lumpur l'a également condamné à payer une amende de 210 millions de ringgit (45 millions de francs).

L'ancien dirigeant de 67 ans est accusé d'avoir avec ses proches pillé le fonds souverain 1Malaysia Development Berhad (1MDB), censé contribuer au développement économique de la Malaisie, une fraude de plusieurs milliards de dollars aux ramifications planétaires.

Une partie des fonds détournés aurait ainsi servi à financer le film "Le Loup de Wall Street" avec Leonardo DiCaprio, tandis que la banque Goldman Sachs a été éclaboussée par l'affaire.

La colère des Malaisiens contre ce pillage a joué un grand rôle dans la défaite électorale surprise en 2018 de la coalition menée par Najib Razak, qui dirigeait le gouvernement depuis 2009.

Abus de pouvoir

Le verdict met cependant à l'épreuve la vigueur de l'état de droit en Malaisie, alors que le parti de Najib Razak a regagné le pouvoir en mars après la chute d'une coalition réformiste. Certains redoutent que l'alternance n'affecte l'issue de ce procès.

Seize mois après l'ouverture des débats, la Haute cour de Kuala Lumpur rendait mardi sa décision dans ce premier procès, qui portait sur le transfert de 42 millions de ringgits (9,9 millions de dollars) de SRC International, une entité du fonds, vers les comptes bancaires de Najib Razak.

Ce dernier a systématiquement rejeté toutes les accusations. Mais le juge Mohamad Nazlan Mohamad Ghazali a méthodiquement balayé mardi matin tous ses arguments pour le déclarer coupable des sept chefs d'accusation d'abus de pouvoir, abus de confiance et blanchiment d'argent.

Najib Razak est demeuré calme, inclinant la tête après la lecture du verdict. A l'extérieur, des centaines de ses partisans qui l'avaient accueilli à son arrivée au tribunal, scandaient des slogans de soutien.

ats/gma

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Ramifications en Suisse

L'enquête sur le scandale 1MDB a également eu des ramifications en Suisse: la banque tessinoise BSI et la banque privée zurichoise Falcon se sont vu retirer leur licence bancaire à Singapour et plusieurs employés de BSI ont été condamnés à des peines de prison dans la cité-Etat.

Les autorités singapouriennes ont également infligé des amendes à UBS et Credit Suisse pour violation de la loi sur le blanchiment. La première a écopé d'une amende de 1,3 million de dollars singapouriens (917'000 francs), la seconde de 700'000 dollars.

En Suisse, la FINMA a infligé un blâme aux deux grandes banques. Au total, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers a ouvert sept procédures en lien avec le scandale. Elle a notamment condamné la banque Coutts & co à verser 6,5 millions de francs au titre de gains indûment acquis.

Le gendarme des marchés a aussi ordonné la dissolution de BSI dans le cadre de son rachat par le gestionnaire de fortune zurichois EFG International et confisqué à Falcon 2,5 millions de francs obtenus illégalement. Il a encore tancé Rothschild Bank, filiale helvétique du groupe, et sa société-soeur Rothschild Trust pour avoir gravement enfreint les prescriptions en matière de blanchiment d'argent.