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Une plainte contre Jair Bolsonaro pour crime contre l'humanité à la CPI

Même contaminé, le président brésilien n'a jamais hésité à aller à la rencontre de ses supporters à Brasilia. [Eraldo Peres - AP/Keystone]
Jair Bolsonaro visé par une plainte au Brésil / La Matinale / 1 min. / le 28 juillet 2020
Des membres du personnel brésilien de la santé ont demandé lundi à la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur Jair Bolsonaro. Ils estiment que la réponse du président à la pandémie constitue un crime contre l'humanité.

Le dossier a été présenté à la Cour, basée à La Haye aux Pays-Bas, par une coalition de syndicats disant représenter plus d'un million de travailleurs du secteur de la santé au Brésil.

Ceux-ci accusent le dirigeant d'extrême droite "d'avoir fait preuve de négligence criminelle dans sa gestion de la pandémie de Covid-19, risquant la vie de professionnels de la santé et de membres de la société brésilienne", selon des documents consultés par l'AFP.

Pas d'obligation de poursuivre

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, n'a cependant aucune obligation de donner suite aux milliers de requêtes de ce type déposées auprès de sa procureur, qui décide indépendamment des affaires à soumettre aux juges.

Jair Bolsonaro, qui a annoncé samedi avoir été testé négatif au coronavirus plus de deux semaines après un diagnostic positif, a souvent minimisé la gravité de la pandémie en la qualifiant de "grippette" au début du printemps.

Les syndicats affirment que le président brésilien a "perpétué les risques de contamination au Covid-19 en favorisant le rassemblement de ses partisans, en les approchant sans masque et en faisant la publicité d'un traitement médical hautement discutable, comme l'hydroxychloroquine", jugée inefficace contre la maladie par plusieurs études scientifiques.

"Refus de protéger les soignants et les Brésiliens"

"L'administration Bolsonaro doit être tenue pour responsable de sa réponse impitoyable à la pandémie et de son refus de protéger les soignants et les Brésiliens qu'elle a juré de défendre", a déclaré dans un communiqué Marcio Monzane, secrétaire pour la région Amérique de la fédération syndicale UNI Global Union.

Le Brésil est le deuxième pays le plus touché au monde par le coronavirus, avec plus de 2,4 millions de personnes contaminées depuis le début de la pandémie et quelque 87'000 morts, selon les chiffres officiels.

afp/oang

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