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Des masques chirurgicaux seraient issus du travail forcé des Ouïghours

Une femme et un enfant de la communauté ouïghoure dans le Xinjiang, en Chine. [EPA/Michael Reynolds - Keystone]
Des masques chinois pourraient venir du travail forcé des Ouighours / La Matinale / 2 min. / le 23 juillet 2020
Une enquête du New York Times révèle que des masques de protection contre le coronavirus sont issus du travail forcé des Ouïghours, minorité musulmane et turcophone qui vit au Xinjiang et qui subit une répression féroce des autorités chinoises.

Le New York Times a compilé des vidéos de propagande qui prouvent que des Ouïghourss participent à la production de masques pour le monde entier. On peut y entendre des employés réciter des remerciements: "Merci au gouvernement et au Parti [de nous] avoir donné une si bonne opportunité de travail."

Depuis un an au moins, des centaines de milliers de Ouïghours ont été envoyés dans des usines, loin de chez eux, aux quatre coins de la province du Xinjiang ou de la Chine.

Répression et endoctrinement

Leur salaires sont faibles, mais surtout ils vivent souvent dans des dortoirs sécurisés et n'ont pas le droit d'aller et venir librement. En cas de résistance, la menace est énorme: beaucoup d’entre eux sont déjà passés par les camps de rééducation où ils sont soumis à du lavage de cerveau dans des conditions sordides.

Ceux qui refusent de travailler peuvent être pénalisés. Un document d'un gouvernement local datant de 2018 décrit un système qui note les ouvriers en fonction de leur niveau de coopération. Ceux qui ont des mauvaises notes sont soumis à plus d’endoctrinement et leurs mouvements sont restreints.

Chaîne de production de 83 marques

Les masques ne sont qu'un exemple parmi d’autres de produits que participent à produire des travailleurs forcés. En janvier, un rapport d’un think tank australien a dressé une liste de 83 marques dont la chaîne de production utilise à un moment des travailleurs ouïghours déplacés.

On y retrouve Apple, Asus, Samsung, BMW, Mercedes, Bosch ou des marques de prêt à porter telles qu'Uniqlo, H&M, Lacoste ou Polo Ralph Lauren. Autant de marques qui utilisent cette main d’oeuvre à bas coût et permettent à Pékin de garder à l’oeil cette population que les autorités considèrent comme dangereuse.

Simon Leplâtre/asch

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