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Aux îles Féroé, la pandémie n'arrête pas la chasse aux dauphins

Aux îles Féroé, la chasse aux dauphins a repris malgré la pandémie de coronavirus. Ici, une photo prise au mois de novembre 2011. [Andrija Ilic - Reuters]
Aux îles Féroé, la chasse aux dauphins a repris malgré la pandémie de coronavirus. Ici, une photo prise au mois de novembre 2011. [Andrija Ilic - Reuters]
Un temps menacée d'annulation pour cause de coronavirus, la chasse controversée aux grands dauphins a débuté cette semaine aux îles Féroé (Danemark). Le premier assaut a coûté la vie à près de 300 petits cétacés.

Quelque 250 globicéphales noirs ainsi que 35 dauphins à flancs blancs ont été tués mercredi soir près de Hvalba, village de 700 âmes sur Suduroy, l'île la plus au sud de l'archipel, ont rapporté les médias locaux et l'ONG écologiste Sea Shepherd. Celle-ci veut faire cesser cette "pratique barbare".

Alors que la proximité des pêcheurs posait la question du maintien de la pêche en période de coronavirus, le ministre féringien des pêches Jacob Vestergaard avait autorisé la chasse cet été, dans un communiqué publié le 7 juillet, où il demandait notamment d'éviter les attroupements.

Tués avec des couteaux

Tradition estivale ancestrale aux Féroé, le "grind" ou "grindadrap" consiste, en les encerclant, à acculer avec des bateaux un banc de petits cétacés dans une baie. Ils tombent alors entre les mains de pêcheurs restés à terre, qui entrent dans l'eau jusqu'à la taille et les tuent avec des couteaux.

Les images de mer rougie par le sang et les alignements de grands dauphins tués suscitent l'indignation des défenseurs des animaux. L'ONG Sea Sheperd était parvenue à perturber la saison 2014 mais l'ONG dénonce une réglementation qui autorise les navires militaires danois à intervenir pour l'empêcher d'entrer dans les eaux féringiennes.

Les Féringiens qui défendent la pratique reprochent aux médias et ONG étrangers de ne pas respecter leur "culture" d'îliens, où la pêche et les traditions occupent une place centrale.

Peuplé d'environ 50'000 habitants, le petit archipel perdu en mer du Nord dénombre à ce jour 188 cas de coronavirus détectés, mais un seul depuis avril.

ats/ther

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