Mes vacances déconfinées

Grand Format Série d'été

Tamara Muncanovic - RTS

Introduction

De l'Espagne aux Pays-Bas, en passant par la Croatie, la France et l'Italie, le 19h30 a pris la route des vacances pour voir comment les destinations s'adaptent (ou pas) à la pandémie de Covid-19 et si les touristes sont au rendez-vous.

Benidorm, plage sous surveillance

Chapitre 01

Jose Jordan - AFP

Sur la côte méditerranéenne, Benidorm est le symbole par excellence du tourisme de masse. Mais cette année, le château de sable pourrait s'écrouler car la ville espagnole, qui peut accueillir jusqu'à 400'000 personnes par jour sur ses plages l'été, dépend entièrement des visiteurs étrangers.

>> Lire aussi: L'été 2020, ou le tourisme de masse à l'épreuve de la crise sanitaire

Alors que la station balnéaire accueille 5 millions de touristes par an, elle pourrait cette année en recevoir moitié moins. Une catastrophe pour cette cité aux 300 gratte-ciel qui craint pour son économie.

>> Présentation de la série par Jean-Philippe Schaller, chef de la rubrique internationale TV:

Jean-Philippe Schaller explique le but de la série d'été "Vacances déconfinées" [RTS]
19h30 - Publié le 20 juillet 2020

Faible remise en question

Pour limiter les dégâts, Benidorm multiplie donc les mesures pour rassurer la clientèle: des périmètres de 4 mètres carrés sont définis sur les plages et des drones surveillent les estivants depuis le ciel.

Les gens ne sont pas tous concentrés au même endroit comme les années précédentes. Nous contrôlons que chacun reste bien dans sa parcelle

Francisco Albero, policier municipal à Benidorm

Ici, on s'adapte, en attendant le retour au monde d'avant. Car l'heure n'est pas (encore?) à la remise en question du modèle économique du lieu, qui repose uniquement sur l'industrie touristique.

>> Le reportage d'Elise Dherbomez dans le 19h30

Départ pour Benidorm en Espagne pour le premier volet de notre série "Vacances déconfinées". [RTS]
19h30 - Publié le 20 juillet 2020

Florence, en attendant la renaissance

Chapitre 02

Domingo Leiva - AFP

Avec plus de 55 sites classés sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, l'Italie arrive en tête des destinations pour le tourisme culturel. Mais le coronavirus a signé la fin des musées bondés et des interminables files d'attente.

A Florence, 4,4 millions de visiteurs, dont de nombreux Suisses avaient franchi la porte du musée le plus visité du pays en 2019 pour admirer les oeuvres de Léonard de Vinci, Michel-Ange et Pisano. "Nous avons en moyenne 2800 visiteurs par jour, soit 30% de ce que nous avions avant", indique à la RTS Eike Schmidt, le directeur de la Galerie des Offices.

Tranquillité appréciée

Quant aux quelque 700 guides culturels de Florence, la plupart se retrouvent au chômage en raison de l'absence des Américains et des Asiatiques.

Reste que sans les passagers des bateaux de croisière et les voyages de groupe, seuls les vrais amoureux de culture sont déjà de retour. Et note positive, ils ont tendance à rester un peu plus longtemps.

>> Le reportage de Valérie Dupont dans le 19h30

Florence, berceau de la Renaissance, voit sa fréquentation touristique connaitre un coup d'arrêt brutal. Reportage. [RTS]
19h30 - Publié le 21 juillet 2020

L’île de Pag, à la recherche de ses fêtards

Chapitre 03

Tamara Muncanovic - RTS

Chaque été, des dizaines de milliers de fêtards rejoignent l'île de Pag et sa fameuse plage de Zrce, pour des soirées endiablées et souvent alcoolisées. Soit le cauchemar des épidémiologistes en ces temps de crise sanitaire. Mais cette année, celle que l'on surnomme l'Ibiza croate ne fait pas le plein.

Les jeunes Britanniques et Américains qui l'apprécient tant n'ont pas pu faire le déplacement. A la place, des Allemands, des Autrichiens et des Tchèques sont venus prendre le pouls de Zrce Beach, avec quelques Suisses. Et sur la plage même, les fêtes ont été restreintes par la municipalité.

Nous savons qu'il sera difficile de survivre à cette saison

Tea Cafuta, manager relations publiques, Papaya Group

Du côté des clubs installés au bord de la plage, on a fait le pari d'ouvrir au début du mois de juillet, tout en réduisant les coûts d'exploitation. "Nous avons seulement engagé les personnes dont nous avons absolument besoin: les serveurs, les hôtesses et les DJs", explique à la RTS Tea Cafuta, manager des relations publiques du club Papaya. "Nous étions conscients que si nous restions fermés, ce serait mauvais pour notre image."

Une opportunité à saisir

Sur cette île qui n'a pas connu l'épidémie de coronavirus, mais qui dépend essentiellement du tourisme, la crise pourrait se transformer en occasion à saisir.

C'est du moins l'avis du maire de la commune, Ante Dabo. "Pour nous tous, c'est l'opportunité de comprendre à quel point il est dangereux de dépendre d'un seul type de tourisme. Et à quel point nous devons développer d'autres aspects, comme le tourisme familial et les activités à l'extérieur", estime-t-il. Un défi énorme: en 2019, les autorités ont recensé 1,7 million de nuitées sur la commune, dont plus de la moitié grâce au tourisme de la fête.

>> Le reportage de Tamara Muncanovic dans le 19h30

Série sur les vacances en Europe: le défi du tourisme de la fête au temps du coronavirus, sur l'île de Pag, l'Ibiza croate [RTS]
19h30 - Publié le 22 juillet 2020

Aux Pays-Bas, pédaler à distance

Chapitre 04

Stephen Mossaz - RTS

Les Pays-Bas figurent parmi les destinations phares du cyclotourisme. Les cyclistes y sont rois et 37'000 km de pistes cyclables sillonnent le pays.

Cette année, une mesure de précaution pour ce type de voyage: il faut pédaler en respectant la distance d'1,5 mètre.

En raison de la pandémie, les touristes étrangers sont cependant moins nombreux qu'à l'ordinaire dans la région d'Utrecht. Cette année, 70% des réservations ont été faites par des Néerlandais ayant choisi de passer leurs vacances dans leur pays.

Espoir pour l'avenir

Malgré leur présence, Frank Houtstra, organisateur de tours en vélo rencontré par la RTS, a vu sa clientèle chuter. Alors qu'il compte environ 10'000 clients lors d'une saison estivale moyenne, il a revu son objectif à la baisse cette année et espère tout de même compter 6000 clients.

L'homme ne désespère pas. La pratique du vélo s'étant intensifiée ce printemps, il espère bien accueillir de nouveaux pratiquants étrangers dès l'été prochain et tirer bénéfice du nouvel engouement pour la petite reine et le slow tourisme.

>> Le reportage de Stephen Mossaz dans le 19h30:

Série sur les vacances en Europe: le choix des vacances à vélo aux Pays-Bas [RTS]
19h30 - Publié le 23 juillet 2020

La Côte d'Azur ne connaît pas la crise

Chapitre 05

Anne Fournier - RTS

Chaque été, le golfe de Saint-Tropez, dans le sud de la France, voit sa population multipliée par cinq (pour l'ensemble du golfe on passe de 55'000 habitants à plus de 250'000 occupants). La clientèle de luxe représente 20% des visiteurs.

Cette année les réservations ont débuté bien plus tardivement que d'ordinaire, mais la région est confiante pour juillet et août. Les premiers relevés laissent présager d'une occupation comparable à l'an dernier, avec beaucoup de dernière minute. Ce ne sont pas les palaces, mais des hôtels ou des propriétés plus reculées qui attirent une grande part de ces touristes.

La majorité des clients s'est déplacée en voiture et vient de France, de Suisse, d'Allemagne, et de Belgique. Les absents sont surtout les pays d'Europe du Nord et les contrées plus lointaines que sont la Russie, les pays arabes, lésés par l'absence de connexions par les airs.

Restaurants optimistes, boîtes de nuit déçues

Les moyens mis en oeuvre pour lutter contre la pandémie sont peu visibles sur les plages, terrasses, ou rues de Saint-Tropez. Les tables sont certes un peu plus espacées que d'habitude et les commerçants portent le masque, mais la foule est au rendez-vous.

Les restaurateurs interrogés sont d'ailleurs assez optimistes pour les deux mois d'été, les gens vont au restaurant et il a même fallu engager des saisonniers supplémentaires car la prudence avait incité à considérer le personnel à la baisse. Par contre, les dépenses sont plus modestes, sauf dans les marques de luxe, selon les commerçants interrogés.

Seul bémol, du côté des boîtes de nuit et des clubs qui ne parviennent pas à compenser les pertes occasionnées par la fermeture des salles avec leurs soirées à la belle étoile...

>> Le reportage d'Anne Fournier dans le 19h30

Série sur les vacances en Europe: le tourisme de luxe sur la Côte d'Azur. [RTS]
19h30 - Publié le 24 juillet 2020

Quel avenir pour le tourisme?

Chapitre 06

Nicolas Economou / NurPhoto - AFP

Avec cette pandémie, "on a besoin d'espace, d'air libre et d'air pur", constate Dominique Fumeaux, responsable de la filière tourisme à la HES-SO Valais, en évoquant notamment l'attrait croissant depuis cet été pour les régions de montagne.

"Certaines peurs se sont installées, on verra combien de temps elles vont durer", ajoute-t-il, en citant notamment le besoin pour les compagnies d'aviation ou les hôtels en ville de rassurer leur clientèle qui s'inquiète des espaces confinés ou de la foule. "Mais le tourisme est une activité qui a toujours su évoluer", estime-t-il, en soulignant l'importance de vendre du rêve.

Une évolution qui n'est pas simple et qui demande "des décisions drastiques". "Mais c'est compliqué quand une économie dépend exclusivement du tourisme, il y a des risques pour les emplois. Il faut donc que toute une communauté se rallie à un projet de changement de modèle", conclut Dominique Fumeaux.

>> L'interview de Dominique Fumeaux, responsable de la filière tourisme à la HES-SO Valais

Dominique Fumeaux, responsable de la filière tourisme de la Hes-so Valais. [RTS]
19h30 - Publié le 24 juillet 2020