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L'Allemagne enquête sur 30'000 suspects dans une affaire de pédophilie

allemagne pédophilie [Martin Ruetschi - Keystone]
L'Allemagne enquête sur 30'000 suspects dans une affaire de pédophilie / Le Journal horaire / 28 sec. / le 29 juin 2020
Les autorités allemandes ont annoncé lundi enquêter sur 30'000 personnes suspectées d'activités pédophiles sur internet. Jusqu'à présent, au moins 40 victimes ont été recensées dans ce qui s'apparente à l'un des plus gros scandales de pédophilie en Allemagne.

"Je ne m'attendais pas, même de loin, à l'ampleur des abus d'enfants sur le net", s'est alarmé lors d'une conférence de presse Peter Biesenbach, ministre de la Justice de la région de Rhénanie du Nord-Westphalie (Ouest du pays). Les enquêteurs ont découvert des éléments "profondément troublants", a-t-il indiqué, précisant que "la maltraitance des enfants en ligne est plus répandue que nous ne le pensions auparavant".

Plus de 70 suspects déjà identifiés

Le scandale avait éclaté à l'automne dernier, lors de l'arrestation d'un homme âgé de 42 ans à Bergisch Gladbach, près de Cologne. Les enquêteurs avaient retrouvé dans son appartement d'immenses quantités de matériel pédopornographique. Dans la foulée, ils ont aussi mis au jour l'existence de divers groupes de discussion comptant plusieurs milliers de participants. Ces destinataires de "chats" sont à présent dans le collimateur de la justice allemande. Les enquêteurs avaient été alertés par des policiers canadiens.

Plus de 70 suspects ont été identifiés dans toute l'Allemagne et plusieurs sont actuellement en procès. Les enquêtes portent sur des cas de maltraitance, abus et diffusion de méfaits sur des enfants filmés durant des années. En mai dernier, un soldat de 27 ans avait été condamné à dix ans de prison et placé dans un hôpital psychiatrique.

"Les auteurs qui communiquent dans les forums considèrent la maltraitance des enfants comme 'normale' et trouvent un grand nombre de personnes partageant les mêmes idées. Les seuils d'inhibition baissent. Et c'est ce qui caractérise cette situation sur le plan pénal", a prévenu Peter Biesenbach.

iba/ats

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