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Le projet israélien d'annexion en Cisjordanie suscite de vives inquiétudes

Antonio Guterres a été régulièrement ciblé, récemment par des ONG et d'anciens hauts responsables onusiens, pour un manque de résolution à défendre les droits de l'Homme. [Keystone - Salvatore Di Nolfi]
L'ONU appelle Israël à abandonner ses plans d'annexion de parties de la Cisjordanie / Le 12h30 / 2 min. / le 25 juin 2020
A une semaine du début du projet d'Israël d'annexer une partie de la Cisjordanie, la communauté internationale, à l'exception des Etats-Unis, a vivement critiqué mercredi ce plan qui "constituerait une violation des plus graves du droit international".

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit annoncer à partir du 1er juillet sa stratégie pour mettre en place le plan américain, qui prévoit l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies en Cisjordanie occupée.

Plus de 450'000 Israéliens vivent dans des colonies jugées illégales par le droit international en Cisjordanie, où vivent 2,7 millions de Palestiniens.

>> Lire : Washington ne considère plus les colonies israéliennes comme illégales

Les Palestiniens ont rejeté en bloc le plan américain qui prévoit aussi la création d'un Etat palestinien mais sur un territoire réduit et sans Jérusalem-Est pour capitale, contrairement à ce qu'ils souhaitent.

Critiques internationales

Lors d'une visioconférence, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a ainsi rappelé que l'objectif pour la résolution du conflit devait être une solution où deux Etats vivent pacifiquement côte à côte. "Si elle était mise en œuvre, l'annexion constituerait une violation des plus graves du droit international, nuirait gravement à la perspective d'une solution à deux États et compromettrait les possibilités de reprise des négociations. J'appelle le gouvernement israélien à abandonner ses plans d'annexion", a-t-il déclaré.

Cette déclaration d'Antonio Guterres suit l'appel de plus d'un millier de parlementaires de 25 pays européens, dont la Suisse, qui ont mis en garde contre les dangers d'une annexion de la Cisjordanie.

Israéliens aussi préoccupés

A ces voix internationales, il faut ajouter également les préoccupations d'une partie des Israéliens, comme celle de ces 300 anciens commandants et responsables de différents services de sécurité qui se sont prononcés publiquement contre une annexion unilatérale.

Ils critiquent l'absence d'une solution négociée avec les Palestiniens; ils craignent une déstabilisation de la Cisjordanie, le retour des soldats dans les villes palestiniennes et la mise à mal du traité de paix avec la Jordanie.

Feu vert de Washington attendu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devrait attendre la réaction de Washington à ses initiatives avant de présenter sa stratégie. Mercredi, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a lancé un premier signal positif en affirmant que la décision d'une éventuelle annexion revenait aux Israéliens. Et face aux journalistes, Kellyanne Conway, proche collaboratrice de Donald Trump, a annoncé que le président allait bientôt faire "une grande annonce" sur le sujet.

Aude Marcovitch/lan avec ats

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