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Un expert décrit "l'emprise" sur les accusatrices de Tariq Ramadan

Tariq Ramandan. [Mike Segar - Reuters]
Un expert décrit "l'emprise" des accusatrices de Tariq Ramadan / Le 12h30 / 2 min. / le 20 mai 2020
Un expert psychiatre saisi par la justice a estimé que les principales accusatrices de Tariq Ramadan ont, en partie sous "emprise", accepté d'avoir des relations intimes avec l'islamologue, mais n'ont pas consenti aux actes sexuels d'une "extrême violence" qu'il leur a fait subir.

Les juges d'instruction parisiens, qui ont mis en examen l'islamologue suisse pour les viols de quatre femmes, avaient demandé à un expert judiciaire réputé, le docteur Daniel Zagury, de déterminer si les liens instaurés par Tariq Ramadan avec elles relevaient "d'une relation d'emprise".

Après deux ans et demi d'investigations, le débat sur cette notion s'est imposé au coeur de ce dossier dans lequel les accusatrices ont parfois été mises en difficulté par la révélation d'échanges avec Tariq Ramadan, jugés "ambivalents" par les enquêteurs.

Dans ses conclusions, consultées mardi par l'Agence France-Presse, l'expert estime que cette dimension d'emprise, vivement contestée par la défense, se retrouve dans les relations nouées avec les deux principales plaignantes, Henda Ayari et une femme surnommée Christelle, qui dénoncent avoir été violées respectivement en 2012 et en 2009.

"Démonstration magistrale"

"C'est une démonstration magistrale, scientifique et implacable qui vient corroborer ce que le dossier dit depuis maintenant deux ans et demi et qui explique les accusations portées par les plaignantes", a réagi Me Eric Morain, avocat de Christelle.

Pour l'un des avocats de Henda Ayari, Me Jonas Haddad, "cette expertise vient caractériser l'emprise instaurée par Monsieur Ramadan", et donc établir "la contrainte" qui constitue la définition pénale du viol.

Changement de version

Pour retenir la qualification de viol, punie jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle voire 20 ans en cas de circonstances aggravantes, les juges doivent démontrer que les pénétrations sexuelles ont été imposées "par violence, contrainte, menace ou surprise", selon le code pénal.

Si la jurisprudence reconnaît dans certains cas l'existence d'une "contrainte morale", elle reste difficile à prouver et fait l'objet d'âpres batailles judiciaires.

Après avoir nié toute relation extraconjugale, Tariq Ramadan a dû changer de version face aux abondantes correspondances sexuelles exhumées par les enquêteurs. Il plaide désormais des "relations de domination", rudes mais "consenties".

afp/gma

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