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Le blocage sur le Brexit se confirme et le ton monte

Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne, n'était pas optimiste sur les négociations pour le Brexit. [Francois Lenoir - Pool Photo via AP]
Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne, n'était pas optimiste sur les négociations pour le Brexit. / Le Journal horaire / 47 sec. / le 15 mai 2020
Britanniques et Européens semblaient encore très loin d'un accord sur leur relation post-Brexit après un troisième cycle de négociation jugé "très décevant" et sans progrès majeur cette semaine, au cours duquel le ton est monté.

"Au moment où je vous parle, je ne suis pas optimiste. J'ai invité le Royaume-Uni à changer de tactique s'il veut vraiment un accord avec nous", a lancé vendredi le négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Il y a encore aujourd'hui, pour tout vous dire, une réelle incompréhension" avec Londres, a ajouté le Français. "Nous sommes prêts à toutes les options", y compris au "no deal" (l'absence d'accord, ndlr), a-t-il prévenu.

Au même moment, son homologue britannique David Frost fustigeait le "peu de progrès" accomplis et réclamait lui aussi "un changement d'approche" de Bruxelles avant le prochain cycle de discussions le 1er juin. "Il est difficile de comprendre pourquoi l'UE insiste sur une approche idéologique qui rend plus difficile la conclusion d'un accord", a-t-il déclaré.

Echanges "fermes"

Une source proche des discussions a évoqué des échanges "fermes, parfois un peu virils" cette semaine, contrairement aux rounds précédents. "Le ton s'est haussé un peu plus", abonde une source européenne, qui qualifie la semaine de "frustrante".

Les précédents échanges, fin avril, s'étaient déjà achevés sur un constat d'échec, laissant planer une forte incertitude sur la capacité de Londres et Bruxelles à s'entendre, comme prévu, d'ici la fin de l'année.

Période de transition

Les Britanniques, qui ont formellement quitté l'UE le 31 janvier, sont entrés, jusqu'à la fin de l'année, dans une période de transition, pendant laquelle ils continuent d'appliquer les normes de l'UE. Les négociateurs doivent théoriquement décider en juin s'ils prolongent ou non cette période, afin de se laisser plus de temps pour négocier.

Mais Londres rejette catégoriquement cette idée, même si l'épidémie de coronavirus a chamboulé le calendrier des discussions, ainsi que leur forme: exclusivement par visioconférence.

"Ils ont l'air convaincus qu'on peut faire sans (extension), donc on va faire sans. Mais c'est un peu une aberration", commente la source européenne, pour qui les Britanniques font preuve d'une "mauvaise foi couplée avec un aveuglement économique".

Forme de l'accord controversée

Autre point de discorde: la forme de l'accord. Les Européens réclament un accord large et ambitieux sur l'ensemble de la relation, quand le Royaume-Uni ne demande rien de plus qu'un accord classique de libre-échange - du même type que celui conclu par l'UE avec le Canada -, autour duquel pourraient être négociés plusieurs petits textes sectoriels.

Mais l'UE n'accepterait un accord commercial avec le Royaume-Uni que s'il était assorti de garanties en matière de concurrence au niveau social, environnemental ou fiscal (le "level playing field", ndlr), afin d'éviter qu'une économie dérégulée ne surgisse à sa porte. Ce dont les Britanniques ne veulent pas entendre parler.

Le principal obstacle

Cette demande européenne constitue même, selon David Frost, "le principal obstacle" à un accord, car Londres n'entend pas être lié à l'avenir "au droit ou aux normes de l'UE".

Sur ce point crucial du "level playing field", "ce fut un round de divergence sans aucun progrès", a tranché Michel Barnier, pour qui les Britanniques réclament "les bénéfices d'un Etat membre, sans les obligations".

"Seul point positif" souligné par le Français, la question ultra-sensible de la pêche, sur laquelle les négociateurs ont commencé "une discussion". Leur objectif est de s'entendre avant juillet.

afp/jpr

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