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"Face à un virus inconnu, tout le monde doit apprendre" plaide l'ambassadeur chinois en Suisse

L'ambassadeur chinois en Suisse Geng Wenbing, photographié ici en discussion avec la présidente Simonetta Sommaruga le 15 janvier 2020, à l'occasion de la réception annuelle du corps diplomatique chinois. [Keystone - Alessandro della Valle]
La Chine n’a rien à se reprocher dans la gestion du Covid-19, selon l’ambassadeur Geng Wenbing / La Matinale / 5 min. / le 24 avril 2020
D'après l'ambassadeur de Chine en Suisse Geng Wenbing, la Chine n’a rien à se reprocher dans sa gestion de la crise du coronavirus. Elle a joué cartes sur table depuis le début en partageant rapidement les informations dont elle disposait.

La RTS a pu contacter, par téléphone pour des raisons de sécurité sanitaire, la voix de Pékin en Suisse dans cette crise du coronavirus.

D'après Geng Wenbing, la Chine a joué cartes sur table depuis le début en partageant rapidement les informations dont elle disposait. Dans une crise sans précédent depuis la Seconde Guerre guerre mondiale.

L’ambassadeur a cité plusieurs dates-clé entre le 31 décembre 2019 et le 17 février 2020, de la mise en alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au partage d’informations scientifiques, y compris, dit-il, avec des Américains.

"La connaissance d’un nouveau virus, ainsi que la prévention et la riposte, se font par étapes. La Chine a été la première à connaître la propagation du SARS-CoV-2. Face à un virus inconnu, il faut apprendre à le traiter, le prévenir et le contrôler", a-t-il défendu, rappelant que la Chine a elle aussi payé un lourd tribut au coronavirus.

Origine "chinoise" contestée

Pour éviter la propagation de l’épidémie vers d’autres pays, le gouvernement chinois a pris des mesures de prévention et de contrôle inédites dans l’histoire de l’humanité, en mettant 1,4 milliard de citoyens en quarantaine pendant plusieurs dizaines de jours. "Le peuple chinois et plus particulièrement les habitants de Wuhan ont fait d’énormes sacrifices pour couper les chaînes de transmission", dit-il.

Selon lui, affirmer que le Covid-19 est un virus d’origine chinoise est une erreur, car ce nouveau coronavirus aurait pu apparaître partout, et ne "connaît pas de frontières et ne fait pas distinctions de groupes ethniques".

"Tenir des propos irresponsables ou hypothétiques n’aide en rien à la lutte internationale contre la pandémie", poursuit-il, précisant que selon lui, "ces propos ne résisteront pas à l’épreuve du temps et de la science". Ainsi, Geng Wenbing déplore, à tous les niveaux, la politisation d'une pandémie "dont la Chine est également victime".

>> Lire aussi : Toujours plus de pressions sur Pékin sur sa gestion et sur l'origine du Covid-19

La mondialisation dans la tourmente

Constatant que cette pandémie "va changer les mentalités et les modes d'actions", l'ambassadeur chinois plaide pour un renforcement de la coopération internationale et une accélération de la reprise.

Pour lui, la globalisation n’est pas remise en question. Et même si des discours protectionnistes et de relocalisations de certaines productions émergent en Europe et aux Etats-Unis, il assure que la Chine a un rôle à jouer dans l’approvisionnement mondial. Pour lui, l’économie chinoise est d'ores et déjà en train de récupérer.

Enfin, Geng Wenbing a tenu à rendre hommage à la Suisse. A sa stratégie pour enrayer la pandémie et au sens des responsabilités des Suisses qui ont réagi avec raison et sang-froid.

Nicolas Vultier/jop

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