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Human Rights Watch dénonce la détention d'enfants migrants en Grèce

Une vue générale de la vie dans le camp sauvage de Moria, sur l'île de Lesbos. Grèce, le 19 février 2020. [NurPhoto via AFP - Nicolas Economou]
Human Rights Watch dénonce la détention d'enfants migrants en Grèce / Le Journal horaire / 24 sec. / le 14 avril 2020
La Grèce doit libérer les centaines d'enfants migrants non accompagnés qu'elle détient dans des conditions "abusives" et leur trouver un hébergement pour les protéger du coronavirus, a demandé mardi l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Selon les données citées par Human Rights Watch, 331 enfants étaient en détention au 31 mars, "dans les cellules de postes de police et des centres de détention insalubres en Grèce".

"Libérés de leurs conditions de détention abusives, ils seraient mieux protégés de l'infection dans le contexte de la pandémie de coronavirus", a écrit HRW, dans un communiqué qui appelle le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis à organiser leur "transfert vers des lieux d'hébergement sûrs et adaptés aux enfants".

"Garder des enfants enfermés dans des cellules crasseuses des postes de police a toujours été une erreur, mais désormais cela les expose de surcroît au risque d'infection au Covid-19", a souligné Eva Cossé, chercheuse sur la Grèce à Human Rights Watch.

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Pas assez de refuges pour les enfants

L'ONG déplore en particulier "l'hygiène défaillante" dans les centres de détention, rendant "impossible" la mise en place des "mesures basiques" de lutte contre le coronavirus, ainsi que les "détentions arbitraires et prolongées": "Souvent, ils n'ont pas accès aux soins médicaux, au soutien psychologique (ni) à l'aide juridique, et peu d'entre eux connaissent les raisons de leur détention".

Si elle rappelle le plan mis en place par Athènes le 24 novembre 2019 pour protéger les enfants non accompagnés, notamment par la création de refuges, elle en note également l'insuffisance au regard du droit international.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a encore demandé à la Grèce, la semaine dernière, de protéger trois migrants dont deux mineurs non accompagnés, qui avaient saisi l'instance sur les conditions de vie dans les camps de réfugiés insalubres et surpeuplés, sur fond de pandémie.

>> Lire : "L'Union européenne viole le droit international en mer Egée"

Le total des enfants non accompagnés en Grèce s'élève à environ 5200, selon les autorités grecques.

Relocalisation de 1600 mineurs non accompagnés

Dans le cadre d'un programme européen de relocalisation de 1600 mineurs non accompagnés vers d'autres pays européens, le premier groupe de douze enfants, vivant jusqu'à présent dans des camps sur des îles de la mer Egée, doit quitter mercredi la Grèce pour le Luxembourg. Parmi ce groupe figurent neuf enfants de Lesbos, un de Samos et deux de Chios, a indiqué mardi le ministre des Migrations. Prochainement, 50 mineurs non accompagnés seront transférés en Allemagne, a-t-il ajouté.

Parmi les autres pays candidats à ce programme figurent la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, la Finlande, la France, l'Irlande, la Lituanie, la Serbie et la Suisse.

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afp/sjaq

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Des camps surpeuplés

Les trois derniers mois 19'254 demandeurs d'asile sont arrivés en Grèce dont la majorité dans les camps surpeuplés des îles, en particulier à Lesbos où se trouve le camp de Moria, surnommé "la jungle".

Afin de désengorger les camps sordides sur ces îles, le gouvernement a graduellement transféré les trois derniers mois 10'687 personnes en Grèce continentale, selon les chiffres ministériels.

Environ 100'000 demandeurs d'asile vivent actuellement en Grèce dont 70'000 dans les 38 camps installés sur son territoire. Plus de la moitié, soit environ 40'000 personnes s'entassent dans les camps des îles dont la capacité initiale n'est que pour 6200 personnes.

En Grèce continentale, deux camps ont récemment été placés en quarantaine après l'apparition d'une trentaine de cas de Covid-19.

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