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Des femmes sont au cœur de la crise contre le coronavirus selon l'OCDE

Deux infirmières au chevet d'une patiente à l'Hôpital Riviera-Chablais à Rennaz. [Laurent Gilliéron - Keystone]
Les femmes en première ligne face à la pandémie / Forum / 2 min. / le 11 avril 2020
Depuis le début de la crise liée au coronavirus, les femmes sont fortement mises à contribution. Très nombreuses dans le secteur des soins ou dans celui de la vente, un rapport de l'OCDE souligne leur rôle central face à la pandémie.

D'après les statistiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les femmes représentent 70% de la main d'œuvre mondiale dans le domaine des soins. Sur ces 70%, 85% sont infirmières ou sages-femmes et peu d'entre elles occupent des places dans les sphères de décision.

Selon ce rapport, elles sont donc davantage exposées au virus, et ce même si les hommes sont cliniquement plus vulnérables quand ils sont infectés (le risque de décès serait de 60% à 80% supérieur chez l'homme).

Plus actives dans les tâches domestiques

Dans les pays de l'OCDE, les femmes sont aussi engagées deux heures de plus par jour en moyenne dans le travail à la maison.

Dans les pays nordiques, réputés égalitaires, l'écart est encore d'une heure par jour. Ces différences concernent surtout les mères, car la plus grande partie de ce travail non-payé à la maison est consacré aux soins des enfants.

Selon les auteurs du rapport, la pandémie de coronavirus accentue encore ces écarts. Avec les confinements imposés ou fortement conseillés à travers le monde, les femmes assument davantage que les hommes la charge supplémentaire qui découle de cette situation: école à la maison, repas, soins.

>> Ecouter aussi l'interview de Vanessa Monney, secrétaire syndicale au SSP Vaud, sur les craintes qui préoccupent les femmes faisant partie du personnel soignant:

Vanessa Monney, secrétaire syndicale au SSP Vaud. [Linkedin]Linkedin
Les femmes au front face au coronavirus: interview de Vanessa Monney / Forum / 4 min. / le 11 avril 2020

Davantage de risques économiques?

Sur le plan économique, il est par contre encore un peu tôt pour dire si les femmes seront plus exposées. Mais en se basant sur des crises précédentes, on peut penser que oui, les risques de précarités étant plus importants pour les femmes. L'OCDE évoque notamment dans son rapport la crise financière de 2008.

L'écart salarial préexistant entre les hommes et les femmes, en défaveur de ces dernières, est aussi un facteur à prendre en compte.

Le rapport ne s'attarde ici que sur les pays de l'OCDE. Dans leurs conclusions, les auteurs estiment que les effets pourraient être encore plus marqués dans les pays en développement. Le virus Ebola avait fait plus de victimes parmi les femmes parce qu'elles étaient plus nombreuses dans le personnel soignant.

Enfin, les préjudices de genre, l'accès à l'éducation, les mariages forcés ou encore les violences domestiques sont tous des phénomènes qui pourraient être exacerbés en période de confinement et fortement toucher les femmes.

>> Ecouter aussi l'interview de Camille Froidevaux-Metterie, philosophe féministe et professeure de science politique à l’Université de Reims, en France, sur ce que la crise pourrait amener de positif pour les femmes et leur place dans la société:

Camille Froidevaux-Metterie. [Catherine Hélie - Gallimard]Catherine Hélie - Gallimard
Les femmes au cœur de la crise: interview de Camille Froidevaux-Metterie / Forum / 6 min. / le 11 avril 2020

Sujet radio: Alexandra Richard

Traitement web: ther

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