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Une étude montre que les océans pourraient se rétablir d’ici à 2050

Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au CNRS. [DR]
La résilience des océans face à la pollution des hommes: interview de Jean-Pierre Gattuso / Forum / 5 min. / le 1 avril 2020
La résilience des océans est possible d'ici 2050, selon une étude internationale publiée mardi dans la prestigieuse revue Nature. D'après les recherches d'experts de dix pays différents, les écosystèmes marins peuvent encore se reconstruire.

L’étude s'intéresse aux effets positifs des efforts de conservation des océans. Les scientifiques estiment qu’il est possible de restaurer des écosystèmes complets en une génération seulement, d’ici à 2050.

Les chercheurs rappellent par ailleurs que l'humanité doit beaucoup aux océans: 2,5% du PIB mondial, que ce soit pour l'emploi, la nourriture et potentiellement les énergies renouvelables et de captation de CO2. Les océans ne pourront plus fournir ces fonctions si les écosystèmes marins continuent de s’effondrer.

"Nous ne sommes pas des rêveurs. L'action menée ces dernières années porte ses fruits. C'est du win-win de restaurer la vie marine, c'est astucieux d'un point de vue économique" explique Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au CNRS et co-auteur de l'étude, dans l'émission Forum.

>> Ecouter son interview en intégralité dans Forum:

Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au CNRS. [DR]DR
La résilience des océans face à la pollution des hommes: interview de Jean-Pierre Gattuso / Forum / 5 min. / le 1 avril 2020

"Plein d'exemples"

"Nous voulions sortir de cette litanie de mauvaises nouvelles. La littérature scientifique a des preuves de résilience des océans, mettons-les en avant. Nous avons plein d'exemples sur ces dix dernières années", assure le chercheur.

Jean-Pierre Gattuso évoque la réhabilitation d'une mangrove, dans le Delta du Mékong (Vietnam), qui avait été entièrement détruite par l'utilisation du napalm.

"Il y a aussi de très bons résultats pour les mammifères marins. Nous avons observé que les baleines à bosse qui étaient quelques centaines en 1948 sont aujourd'hui 40'000. Les éléphants de mer du nord étaient une vingtaine en 1800, ils sont 200'000 aujourd'hui. Donc oui, l'histoire nous montre des bonnes nouvelles", indique le scientifique.

Activités humaines à l'arrêt

A l’heure où une grande partie des activités humaines sont à l’arrêt pour cause de pandémie, cette nouvelle étude rappelle aussi des faits historiques intéressants: l’effondrement de l’Union soviétique, avec l’arrêt de son agriculture très polluante, a donné un deuxième souffle à la mer Noire.

Par ailleurs, pendant les Première et Seconde guerres mondiales, la pêche industrielle s’est totalement arrêtée et les populations des poissons ont alors nettement augmenté.

>> Regarder aussi le reportage du 19h30 sur les émissions de CO2, historiquement basses:

Les émissions de CO2 sont historiquement basses. Séisme économique mais bénédiction pour l'atmosphère. [RTS]
Les émissions de CO2 sont historiquement basses. Séisme économique mais bénédiction pour l'atmosphère. / 19h30 / 2 min. / le 2 avril 2020

rg/gma

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