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Frappés de plein fouet par la pandémie, les avions désertent le ciel

Les avions désertent le ciel depuis le début de l'épidémie de coronavirus. [Photomontage - Keystone]
Les avions désertent le ciel depuis le début de l'épidémie de coronavirus. [Photomontage - Keystone]
Durement touché par la pandémie de coronavirus, le trafic aérien mondial est en baisse de 72% par rapport à la même période l'année passée, selon les données du site spécialisé Flightradar24. Découvrez en images la diminution du nombre d'appareils dans les airs.

Il suffit de lever les yeux ou de tendre l'oreille pour se rendre compte que les avions se font plus rares dans le ciel. Depuis le début de la pandémie en décembre et l'arrêt de plusieurs liaisons vers la Chine, leur nombre n'a cessé de diminuer.

Du 1er au 15 mars, 1,514 million de vols commerciaux ont été suivis par Flightradar24. Sur les mêmes dates en 2019, 1,633 million de vols avaient été comptabilisés.

Toujours selon la plateforme, le trafic aérien continuera de diminuer fortement dans les prochaines semaines après les annonces de fermetures de frontières et de restrictions de circulation dans plusieurs pays.

Ciel dégagé en Italie

En Europe, plusieurs compagnies ont suspendu ou réduit drastiquement leurs vols vers l'Italie, pays le plus touché du continent par le coronavirus. L'Espagne fait aussi face à de nombreuses restrictions.

En comparant les données de Flightradar24 datant de trois mois en arrière, soit le 20 décembre 2019 - période où l'épidémie a commencé à se propager en Chine - et ce mercredi 19 mars, la différence est flagrante.

>> Le trafic aérien au-dessus de l'Italie (à gauche le 20 décembre 2019, à droite le 19 mars 2020):

>> Le trafic aérien au-dessus de l'Espagne (à gauche le 20 décembre 2019, à droite le 19 mars 2020):

De son côté, Swiss a supprimé pas moins de 5800 vols depuis le début de la crise sanitaire. Au total, la compagnie suisse a réduit de plus de 80% la fréquence de ses vols et plus de deux-tiers de la flotte a déjà été retirée du service.

>> Le trafic aérien au-dessus de la Suisse (à gauche le 20 décembre 2019, à droite le 19 mars 2020):

Lufthansa ne vole plus vers la Chine

Foyer de la pandémie, la Chine est évidemment fortement touchée par la baisse du trafic aérien. Le groupe Lufthansa et ses filiales européennes Austrian Airlines et Swiss ne proposeront notamment aucun vol vers la Chine jusqu'au 24 avril.

>> Le trafic aérien au-dessus de Wuhan, en Chine (à gauche le 20 décembre 2019, à droite le 19 mars 2020):

>> Le trafic aérien au-dessus de Shanghai, en Chine (à gauche le 20 décembre 2019, à droite le 19 mars 2020):

Annonce choc de Donald Trump

Le 12 mars, Donald Trump a interdit l'entrée aux Etats-Unis des voyageurs en provenance d'Europe. Un nouveau coup dur pour les compagnies aériennes, pour qui les liaisons transatlantiques sont particulièrement lucratives.

>> Le trafic aérien au-dessus de New York (à gauche le 20 décembre 2019, à droite le 19 mars 2020):

Guillaume Martinez

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Besoin d'aide

Les compagnies aériennes ont besoin d'une aide d'urgence de jusqu'à 200 milliards de dollars, a estimé jeudi l'Association internationale du transport aérien (Iata).

Cette aide pourrait prendre la forme d'un "soutien financier direct" aux transporteurs de passagers et de frêt pour compenser leur manque à gagner et combler leurs trous de trésorerie.

Elle peut également se traduire par des prêts et des garanties consentis par les gouvernements et les banques centrales, ou encore par des allègements d'impôts et de charges sociales, précise l'Iata dans un communiqué.

Le 5 mars, l'Iata estimait que le virus pourrait coûter au transport aérien jusqu'à 113 milliards de dollars de pertes de revenus en 2020.

afp