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Face au coronavirus, l'Amérique latine se claquemure à son tour

La Plaza de Armas, au centre de Lima, dans un Pérou en quarantaine. [Cris Bouroncle - AFP]
L'Amérique du Sud n'est plus épargnée par le coronavirus / 12h45 / 1 min. / le 18 mars 2020
Du Pérou à l'Argentine, les pays latino-américains adoptent en ordre dispersé des mesures pour contenir la propagation du coronavirus. Conséquence: des milliers de touristes se retrouvent bloqués sur le continent.

Mercredi midi, l'Amérique latine et les Caraïbes recensaient 1222 cas de Covid-19 et 9 décès, des chiffres qui ne cessent d'augmenter sur un continent qui jusqu'ici s'était cru épargné. Désormais rattrapé par la pandémie, chaque pays joue sa partition en solo.

Aéroport de Lima fermé

Le Pérou a déclaré dimanche l'état d'urgence et le confinement de sa population pour 15 jours, ce qui inclut la fermeture de toutes les frontières du pays pour tenter de freiner la progression du nouveau coronavirus.

Depuis lundi à 23h59, tous les vols internationaux et nationaux sont donc cloués au sol péruvien et un énorme cadenas bloque la grille de l'aéroport de Lima, un des principaux hubs aériens d'Amérique latine, gardé par des militaires équipés de masques chirurgicaux et de fusils d'assaut.

Outre le Pérou, le Chili, l'Argentine la Colombie et l'Uruguay, notamment, ont annoncé des fermetures de frontières, partielles ou totales.

L'Argentine mobilisée

En plus d'avoir fermé les écoles, l'Argentine a gelé tous les transports intérieurs (vols, bus et trains) durant cinq jours, de vendredi à mardi inclus. Objectif: "décourager les voyages" et "faire prendre conscience" de la situation aux Argentins, a expliqué le ministre des Transports, Mario Meoni.

Soixante-cinq personnes ont été testées positives au Covid-19 en Argentine, dont deux ont perdu la vie. Le trafic aérien a également été suspendu à l'aéroport de Buenos Aires, laissant, comme à Lima, des milliers de voyageurs sur le carreau.

>> Lire: Le DFAE rappelle qu'il n'existe pas de droit au rapatriement en Suisse

De nombreux sites touristiques sont en outre fermés à l'instar du célèbre glacier patagonien Perito Moreno qui n'accueille plus de visiteurs depuis dimanche.

Colombie, bonne élève

Dans la foulée du report de l'Euro à 2021, la Confédération sud-américaine de football a décalé d'un an la Copa America, initialement prévue en Argentine et en Colombie du 12 juin au 12 juillet

La Colombie, qui a fermé toutes ses frontières jusqu'au 30 mai, a par ailleurs bouclé temporairement les bars, restaurants et discothèques et interdit les rassemblements de plus de 50 personnes. Et Bogota ne plaisante pas avec les mesures prises: six voyageurs français et espagnols ont été expulsés pour ne pas avoir pas respecté l'auto-isolement imposé par le gouvernement.

Situation contrastée au Brésil

Au Brésil, il existe pour l'instant deux poids, deux mesures face au Covid-19. D'un côté, la ville de Sao Paulo et l'Etat de Rio de Janeiro ont déclaré l'état d'urgence et pris des mesures touchant les restaurants et les transports en commun. Des lieux emblématiques de Rio comme le pain de sucre et le Christ rédempteur sont fermés au public.

Mais de l'autre côté, le gouvernement fédéral n'a à ce stade pris aucune mesure sanitaire alors que le premier décès a été annoncé mardi. 

L'économie allait bien mais ce virus a provoqué une certaine hystérie

Le président brésilien Jair Bolsonaro a décidé qu'il ne parlerait plus à la presse. [Eraldo Peres - AP Photo]
Jair Bolsonaro, président du Brésil

Jair Bolsonaro qui avait déjà provoqué un tollé dimanche en allant saluer des partisans à Brasilia a même accusé les mesures prises à Rio et Sao Paulo de porter préjudice à l'économie du Brésil.

Article web: Juliette Galeazzi avec agences

Sujet TV: Marc Julmy

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Des rendez-vous électoraux menacés au Chili et en Bolivie

Au Chili, aux prises avec une crise sociale depuis plus de quatre mois, les partis politiques et les autorités sanitaires réfléchissent à un report du référendum sur un changement de Constitution fixé au 26 avril.

Cette possibilité d'un report évoqué dès le 3 mars par le ministre de la Santé, Jaime Mañalich, à l'apparition du premier cas de Covid-19 dans le pays, avait d'abord provoqué un tollé chez les opposants au gouvernement conservateur. Mais la forte progression du virus ces derniers jours dans le pays, où 201 cas ont été détectés, a fait peu à peu évoluer les positions politiques.

Le doute plane également quant à la tenue des élections générales convoquées en Bolivie le 3 mai pour tenter de sortir de la crise post-électorale qui secoue le pays andin depuis octobre 2019.