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Les Etats américains rappelés à l'ordre par un Donald Trump méconnaissable

Les 50 Etats américains désormais touchés. [Mark Lennihan - Keystone/AP]
Les 50 Etats américains désormais touchés. [Mark Lennihan - Keystone/AP]
Donald Trump a lancé mercredi un appel à l'unité aux Etats-Unis face à la crise du coronavirus. Le président américain a même promis de mettre les rivalités politiques de côté et a annoncé qu'il allait recourir au "Defense Production Act".

Cette disposition permettra à son administration de faire accélérer la production des équipements nécessaires à la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

Le président américain a également annoncé mercredi qu'un navire-hôpital serait envoyé à New York, l'une des zones les plus touchées par le virus, et qu'un deuxième bâtiment du même type serait déployé sur la côte Ouest.

Le ton a changé

Fin février, Donald Trump assurait pourtant que le risque de contagion étendue dans le pays était "très faible". Le ton a donc bien changé, alors que tous les Etats américains sont désormais touchés par l'épidémie et que le nombre de cas confirmés dépasse les 6000 (100 décès ont été déplorés).

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L'appel du président américain arrive après une série de mesures en ordre dispersé dans les différents Etats, ainsi que des consignes confuses émanant de la Maison Blanche.

"Je ne suis pas content des Etats" qui ne suivent pas les recommandations, a lancé Donald Trump. "On a été très dur avec ces Etats", a-t-il assuré.

"Chaque maire et chaque gouverneur doit appliquer les recommandations émanant de la Maison Blanche et du président des Etats-Unis", a pour sa part déclaré Deborah Birx, qui coordonne le dossier coronavirus à la Maison Blanche.

 

"Le chaos"

Après avoir d'abord regardé de loin les restrictions instaurées en Chine puis par différents pays européens, les gouverneurs des Etats et territoires américains, et plusieurs maires de grandes villes, avaient jusqu'ici annoncé des mesures extrêmement diverses, parfois incohérentes.

Les Etats avaient par exemple fixé des limites différentes aux rassemblements: New York et l'Etat de Washington interdisaient encore lundi les rassemblements de plus de 50 personnes, tandis que le Nebraska, un Etat beaucoup plus rural, les limitait à 10 personnes.

"Il y a toute une foule de mesures prises à travers le pays, c'est le chaos", déplorait lundi Andrew Cuomo, gouverneur de l'Etat de New York, l'un des plus touchés par l'épidémie.

Rivalités de côté?

Face à cette crise historique, tant la Maison Blanche que les gouverneurs semblent décidés à surmonter l'ultra-polarisation qui caractérise le pays depuis 2016, exacerbée par la campagne pour la présidentielle de novembre. "Il y a un excellent esprit, aussi bien chez les républicains que chez les démocrates", a souligné Donald Trump. "Il y a beaucoup de choses que je n'avais pas vues depuis presque trois ans et demi".

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"Je vais travailler avec le gouverneur Cuomo et le gouverneur de Californie, Gavin Newsom", deux puissants dirigeants démocrates particulièrement critiques de son gouvernement, a-t-il ajouté.

ats/gma

Le dossier consacré à l'épidémie de coronavirus

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Boris Johnson revoit aussi sa stratégie

Lundi soir, le Premier ministre Boris Johnson a demandé à la population britannique d'éviter tout contact social et tout déplacement "non essentiel" et recommandé aux personnes âgées et aux femmes enceintes de s'isoler pendant trois mois.

Dans la foulée mardi matin, le Royaume-Uni a déconseillé à ses ressortissants tout voyage à l'étranger "non essentiel", dans un premier temps pour 30 jours. Les hôpitaux vont aussi annuler l'ensemble des opérations non urgentes à partir du 15 avril et pour au moins trois mois afin de libérer le maximum de lits.

Ces mesures restent moins radicales que celles prises dans les pays voisins, ne prévoyant ni la fermeture des écoles, restaurants ou salles de spectacles, ni l'interdiction formelle des rassemblements.

Il s'agit toutefois d'un net renforcement par rapport à la stratégie controversée adoptée jusqu'alors, qui consistait essentiellement à isoler les personnes présentant des symptômes ou revenant de zones à risque pour alléger la pression sur les services de santé et favoriser l'émergence d'une "immunité collective".