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Pour le renseignement allemand, l'extrême droite menace la démocratie

Pour le renseignement allemand, l'extrême droite menace la démocratie. [Hannibal Hanschke - Reuters]
Pour le renseignement allemand, l'extrême droite menace la démocratie / Le Journal horaire / 16 sec. / le 12 mars 2020
Le terrorisme d'extrême droite et l'extrémisme de droite "représentent actuellement le principal danger pour la démocratie" en Allemagne, a estimé jeudi le patron du Renseignement intérieur, après plusieurs attentats commis ces derniers mois par cette mouvance.

"Nous savons aujourd'hui que les démocraties peuvent échouer quand elles sont détruites par leurs ennemis de l'intérieur, c'est l'avertissement que nous lance notre histoire", a ajouté Thomas Haldenwang au cours d'une conférence de presse.

Il a souligné que la mouvance d'extrême droite la plus radicale en Allemagne comptait actuellement environ 32'000 sympathisants, un chiffre en forte augmentation, dont "13'000 personnes prêtes à la violence".

Des militants de l'AfD placés sous surveillance

Dans ce contexte, le chef du Renseignement intérieur allemand, l'Office de protection de la Constitution, a annoncé le placement sous surveillance policière de la frange ultra du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), la principale force d'opposition dans la chambre nationale des députés.

Cette mouvance, baptisée "l'Aile", est dirigée par Björn Höcke, le chef de file du parti AfD en Thuringe et récemment à l'origine d'une crise politique majeure dans le pays après avoir tenté de faire alliance avec la droite modérée de la chancelière Angela Merkel.

Le fait d'être placé sous la surveillance du Renseignement intérieur est réservé en Allemagne aux organisations les plus extrêmes, considérées comme un danger potentiel pour l'Etat et du coup frappées du sceau de l'infamie.

Régime démocratique "mis en cause"

L'Office de protection de la Constitution a expliqué sa décision en estimant avoir constaté que "l'Aile" et ses responsables pouvaient être qualifiés d'"extrémistes" et avaient "mis en cause" dans leurs discours et leurs actions "des symboles forts de notre régime démocratique" ainsi que "la dignité humaine" et "l'Etat de droit".

Björn Höcke et ses partisans s'insurgent en particulier contre la culture de repentance de l'Allemagne pour les crimes nazis. Il a qualifié dans le passé le mémorial de l'Holocauste à Berlin de monument "de la honte".

Ils agitent aussi régulièrement la menace d'un grand "remplacement" de la population allemande autochtone par les immigrés.

Un récent attentat raciste commis en février à Hanau par un extrémiste de droite, ayant fait neuf morts, a créé un choc en Allemagne.

Il est survenu dans le sillage d'une tentative d'attentat contre une synagogue à Halle à l'automne dernier et du meurtre d'un élu défendant les droits des migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel en juin.

ats/ther

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