Modifié le 29 février 2020 à 20:09

Les grands rassemblements interdits en France à cause du Covid-19

Le gouvernement français réuni ici avec Emmanuel Macron, Edouard Philippe ou encore Jean-Yves Le Drian lors d'un Conseil de défense exceptionnel concernant le coronavirus.
Le gouvernement français réuni ici avec Emmanuel Macron, Edouard Philippe ou encore Jean-Yves Le Driant, pour évoquer l'épidémie de coronavirus. [Jean-Claude Coutausse - Reuters]
Les autorités françaises ont annoncé samedi l'interdiction en France jusqu'à nouvel ordre de tous les rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu confiné en raison de l'épidémie de Covid-19. Ailleurs, en Corée du Sud et en Iran notamment, la propagation du virus continue.

Tous les "rassemblements de plus de 5000 personnes" en milieu fermé et certains événements en extérieur, comme le semi-marathon de Paris dimanche, seront annulés en France face à l'intensification de l'épidémie causée par le nouveau coronavirus, a annoncé le gouvernement français samedi. Selon le dernier bilan, le nombre de cas en France est de 100 personnes.

Ces mesures, prises lors d'un Conseil de défense et d'un Conseil des ministres exceptionnels, conduisent aussi à annuler la dernière journée du Salon de l'agriculture dimanche à Paris, a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Dans le département de l'Oise, tous les rassemblements seront interdits jusqu'à nouvel ordre", a-t-il aussi ajouté.

En Suisse, ce sont les manifestations de plus de 1000 personnes qui ont été interdites par une décision du Conseil fédéral.

>> Lire: Dizaines d'événements touchés par l'interdiction des manifestations de plus de 1000 personnes

Augmentation des cas en Corée du Sud

En Corée du Sud, les autorités ont recensé samedi trois nouveaux décès et 813 cas supplémentaires, soit la plus forte hausse quotidienne depuis le début des dépistages. Avec près de 3150 cas et 16 morts, le pays est le deuxième le plus touché au monde, derrière la Chine.

Mais en Chine justement, où le virus est apparu en décembre, le nombre de nouveaux décès (47 annoncés samedi, 2835 au total) et de contaminations (79'251) continue de diminuer grâce aux mesures de quarantaine visant près de 60 millions de personnes.

Selon la radio BBC Persian, qui cite des sources hospitalières, au moins 210 personnes sont mortes en Iran. Ce bilan, six fois plus élevé que les chiffres officiels (43 morts pour 593 cas samedi), a cependant été démenti par le gouvernement.

Plus de 1000 cas en Italie

L'Italie a dépassé le millier de cas de contamination au nouveau coronavirus et enregistré 29 morts, dont huit en 24 heures, dans trois régions du nord du pays, a annoncé la Protection civile samedi.

Depuis le début de l'épidémie, il y a une semaine, 1128 personnes ont ont ainsi été testées positives au virus. Mais 52% d'entre elles ne présentent pas ou peu de symptômes de cette pneumonie virale, selon la Protection civile.

En Grande-Bretagne, Boris Johnson a annoncé vendredi que la lutte contre la propagation du coronavirus était désormais la priorité numéro un de son gouvernement, quelques heures après la mort d'un premier Britannique - un passager du paquebot Diamond Princess en quarantaine au Japon. Les autorités sanitaires britanniques recensent à ce stade 20 cas de contamination.

Premier décès aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, un premier patient est décédé après avoir contracté le coronavirus, a indiiqué samedi un porte-parole du département de la santé de l'Etat de Washington. Selon Donald Trump, la personne infectée était une femme dans la cinquantaine.

Par ailleurs, quatre cas distincts de contamination d'origine inconnue ont été confirmés vendredi aux Etats-Unis. 62 patients infectés (dont une bonne partie rapatriés de l'étranger) ont été recensés jusqu'ici, sans aucun mort à déplorer comme l'a relevé le président Donald Trump. "La presse est en mode hystérique", a-t-il lancé en soulignant que quelque 35'000 personnes mouraient de la grippe saisonnière chaque année dans son pays.

Washington a néanmoins reporté sine die un sommet avec l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) qui devait se tenir en mars à Las Vegas, par crainte de l'épidémie.

Mexique, deuxième pays d'Amérique latine touché

Après le Brésil, un deuxième pays d'Amérique latine a été touché vendredi: le Mexique avec trois premiers cas de coronavirus, trois personnes ayant voyagé en Italie.

L'Arabie saoudite, qui avait déjà suspendu l'entrée des pèlerins se rendant à La Mecque, a interdit aux ressortissants des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) d'entrer dans ses villes saintes de La Mecque et Médine.

>> Lire: Ecoles fermées et pélerinage à La Mecque suspendu à cause du Covid-19

Aucun pays n'est à l'abri

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a porté à "très élevé" le niveau de la menace et a appelé tous les pays encore épargnés à se préparer à l'arrivée du Covid-19: se croire à l'abri de la maladie serait une "erreur fatale", leur a-t-elle lancé.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a affirmé de son côté que ce n'était "pas le moment de paniquer mais de se préparer pleinement" à contenir la propagation du coronavirus.

>> Lire: L'OMS relève à son niveau maximum le niveau de menace liée au Covid-19

Près de la moitié des patients sont guéris

Un chiffre encourageant a cependant été publié vendredi: 36'500 des 84'000 personnes à avoir été contaminées dans le monde sont déjà guéries, selon un décompte effectué par l'université Johns Hopkins aux Etats-Unis qui compile des données de l'OMS et des autorités sanitaires de chaque pays.

L'économie vacille, les bourses chutent

Avions cloués au sol, centres commerciaux déserts en Chine, écoles et parcs d'attraction fermés au Japon, événements ou salons internationaux annulés, le monde s'immobilise à mesure que le nouveau coronavirus se propage et l'économie mondiale est déstabilisée.

Dans cette incertitude, les Bourses ont dégringolé vendredi, enregistrant des pertes entre 3% et 5%. A la Bourse de New York, le Dow Jones a enregistré une baisse de plus de 12% sur les cinq derniers jours, c'est le même recul que les grands indices boursiers européens. Wall Street a clôturé vendredi sur ses plus lourdes pertes hebdomadaires depuis octobre 2008, au pic de la crise financière mondial.

Les marchés asiatiques avaient déjà durement accusé le coup, l'indice japonais Nikkei perdant par exemple 3,67% vendredi, entraînant dans leur sillage les places européennes.

Agences/oang/ther

Publié le 29 février 2020 à 09:28 - Modifié le 29 février 2020 à 20:09