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Nouveau coup de filet en Turquie contre le mouvement de Gülen

Deux officiers de police montent la garde devant le tribunal d'Ankara, le 8 janvier 2019. [AFP - Adem Altan]
Nouveau coup de filet en Turquie contre le mouvement du prédicateur Gülen / Le Journal horaire / 29 sec. / le 18 février 2020
Les autorités turques ont émis mardi des mandats d'arrêt contre près de 700 personnes. Toutes sont soupçonnées de liens avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en 2016.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, les enquêteurs sont à la recherche de 695 personnes, dont des militaires, des policiers et des employés du ministère de la Justice. Au moins 159 d'entre elles avaient été arrêtées mardi matin. Ces mandats d'arrêt ont été émis dans le cadre de plusieurs enquêtes à travers la Turquie.

A Ankara, le parquet a demandé l'arrestation de 467 personnes soupçonnées d'avoir organisé des tricheries lors d'un concours de la police en 2009 pour favoriser l'accession de sympathisants de Fetullah Gülen à des postes à responsabilités, selon Anadolu.

Toutes les personnes visées par les mandats d'arrêt émis mardi sont soupçonnées d'être des partisans du mouvement du prédicateur, accusé par Ankara d'être le cerveau de la tentative de coup d'État de juillet 2016. Installé aux États-Unis depuis une vingtaine d'années, Fetullah Gülen nie catégoriquement tout lien avec la tentative de renversement.

Coups de filet presque chaque semaine

Mais depuis le putsch avorté, les autorités traquent sans relâche les partisans du prédicateur et ont déclenché des purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire moderne de la Turquie. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées et plus de 140'000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

Les vagues d'arrestations se poursuivent à un rythme soutenu, près de trois ans après le coup d'Etat manqué, avec des coups de filet pratiquement chaque semaine.

ats/jvia

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Acquittement de figures de la société civile

Un tribunal turc a acquitté mardi plusieurs figures majeures de la société civile, le célèbre mécène Osman Kavala et huit co-accusés, une décision inattendue annoncée à l'issue d'un procès emblématique de l'érosion des libertés en Turquie.

Les accusés comparaissaient "en l'absence de preuves suffisantes" pour appuyer les accusations de "tentative de renversement du gouvernement". Ils étaient poursuivis pour leur implication dans des manifestations antigouvernementales en 2013, connues sous le nom de mouvement de Gezi, visant le président Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.

Pour nombre d'ONG, ce procès, qui reposait sur peu d'éléments concrets, visait à envoyer un message d'intimidation à la société civile pour dissuader toute nouvelle manifestation d'envergure contre le président Erdogan qui dirige la Turquie depuis 2003.