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La propagande suprémaciste a doublé en un an aux Etats-Unis

Documentaire: Infiltré dans la droite extrême. [RTS]
La propagande des suprémacistes blancs aux Etats-Unis a doublé en 2019, selon le rapport d'une ONG / Le 12h30 / 2 min. / le 13 février 2020
Aux Etats-Unis, les cas de propagande des groupes suprémacistes ont doublé l'an dernier par rapport à 2018, selon un rapport de la Ligue anti-diffamation (ADL). Les campus universitaires sont des lieux particulièrement ciblés.

Sur le site de l'ADL (Anti-defamation league), les relevés d'agressions antisémites quotidiennes défilent et inquiètent. Outre la communauté juive, toutes les minorités sont ciblées par la haine. L'an dernier, plus de 2700 actions de propagande réalisées à l'aide de flyers ou d'affiches ont été recensées aux quatre coins du pays, contre 1214 en 2018.

Depuis le drame de Charlottesville, qui avait coûté la vie à une femme en 2017 en marge d'un rassemblement de l'extrême droite, des organisations ont été démembrées et leur présence publique largement bannie de nombreuses villes.

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Brian Levin, directeur du Centre pour l'Etude de la Haine et de l'Extrémisme à l'Université de Californie, explique dans le New York Times que les groupes suprémacistes ont donc changé leur stratégie pour pénétrer les sphères de la société autrement. Les campus universitaires sont devenus leur terrain de propagande: environ un quart des actions recensées ont eu lieu dans 433 universités de 43 Etats différents, sur les 50 qui constituent le pays.

Les groupes d'extrême droite ont ciblé leurs actions de propagande sur les campus américains. [www.adl.org/blog/white-supremacists-double-down-on-propaganda-in-2019]Les groupes d'extrême droite ont ciblé leurs actions de propagande sur les campus américains. [www.adl.org/blog/white-supremacists-double-down-on-propaganda-in-2019]

En parallèle, ces groupes ont créé des sites internet, cryptés pour échapper aux autorités. Les établissements scolaires, régulièrement cibles de fusillades, font également face aux messages de haine.

Aujourd'hui, les risques sont pris au sérieux. "L'extrémisme raciste violent est désormais considéré comme une menace prioritaire, aussi grande que le terrorisme émanant de groupes tels que l'Etat islamique", a affirmé la semaine dernière le directeur du FBI Christopher Wray devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants. Une déclaration qui tranche avec la timide condamnation de "tous les types de racisme" par Donald Trump, un an après les violences de Charlottesville.

Cédric Guigon/ani

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