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Pékin limoge les deux plus hauts responsables de Wuhan et du Hubei

Le secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) pour la province du Hubei Jiang Chaoliang (ici en 2007) a été limogé. [Ym - Keystone ]
Le secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) pour la province du Hubei Jiang Chaoliang (ici en 2007) a été limogé. [Ym - Keystone ]
Les plus hauts responsables politiques de la province du Hubei et de sa capitale Wuhan, berceau de l'épidémie de coronavirus, ont été démis de leurs fonctions, a annoncé jeudi l'agence de presse Chine nouvelle.

Le secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) pour Hubei, Jiang Chaoliang, a été remplacé par le maire de Shanghai, Ying Yong. Le secrétaire du PCC pour la ville de Wuhan, Ma Guoqiang, qui s'était lui-même reproché fin janvier une réaction trop lente à l'apparition du virus, a également été limogé.

L'annonce survient alors que le bilan de l'épidémie a grimpé jeudi à 1355 morts et près de 60'000 cas de contamination en Chine.

Colère populaire après la mort d'un lanceur d'alerte

La colère est vive depuis quelques semaines, les autorités étant accusées par une grande partie des citoyens d'avoir tardé à réagir face aux premiers cas de la maladie, apparue sur un marché de Wuhan en décembre 2019. Le 23 janvier, la quasi-totalité du Hubei a été mise en quarantaine, avec quelque 56 millions d'habitants empêchés de quitter la province.

Un mécontentement qui s'est transformé en fureur après la mort vendredi de Li Wenliang, 34 ans, l'un des premiers médecins à avoir alerté sur l'émergence de l'épidémie. Réprimandé par la police qui l'accusait de propager des "rumeurs", il avait lui-même été contaminé. Il fait désormais figure de héros national face à des responsables locaux accusés d'avoir cherché à étouffer ses révélations.

>> Lire aussi: Le médecin chinois qui avait alerté en vain succombe au coronavirus

Nouveau calcul

La Chine a fait face à l'épidémie avec "ouverture, transparence et responsabilité", a affirmé mercredi Zhang Jun, son ambassadeur à l'ONU. Le diplomate a défendu les mesures de prévention et de contrôle "rigoureuses" adoptées par Pékin, assurant qu'elles dépassaient "de loin" les exigences du Règlement sanitaire international de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'explosion des cas de contamination est aussi lié à l'adoption d'une définition élargie des cas d'infection, a déclaré dans un communiqué la commission de santé du Hubei, qui comptabilise désormais les cas "diagnostiqués cliniquement". Cela signifie qu'une radio pulmonaire peut être considérée comme suffisante pour diagnostiquer l'infection au virus, plutôt que les tests standard à l'acide nucléique.

13'332 des nouveaux cas d'infection et une grosse moitié des nouveaux décès recensés ont été répertoriés selon le nouveau protocole.

afp/ats/ani

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Une première commune placée en quarantaine au Vietnam

Jeudi, le Vietnam a annoncé la mise en quarantaine de Son Loi, une commune de 10'000 habitants, située près de Hanoi, par crainte d'une propagation du coronavirus, a indiqué le ministère vietnamien de la Santé. Il s'agit d'une première dans le pays. Au Vietnam, 15 personnes sont à ce stade touchées par cette épidémie.

En dehors de la Chine continentale, le virus a entraîné la mort de deux personnes, une aux Philippines et une autre à Hong Kong, et plus de 400 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires.