L'heure du Brexit.
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C'est officiel, le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Union européenne

- Le Brexit est intervenu vendredi à minuit (23h00 à Londres), 1317 jours après la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne. Deux jours plus tôt, le Parlement européen avait ratifié le traité de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

- Peu de célébrations ont été organisées et cette journée historique s'est déroulée dans la discrétion à Londres et à Bruxelles. Entre joie d'un côté et résignation de l'autre, les Britanniques sont aussi pressés de voir le processus enfin avancer.

- L'accord de divorce prévoit une période de transition, jusqu'au 31 décembre. Pendant cette période, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles de l'UE, mais n'aura plus voix au chapitre. Pendant cette période de transition de 11 mois, Londres et Bruxelles vont négocier leur relation future, en particulier au niveau commercial.

Suivi assuré par Caryl Bussy, Vincent Cherpillod et Jérémie Favre

Brexit acté

Quels changements dès le 1er février?

Les échanges quotidiens entre le Royaume-Uni et l'UE vont continuer comme avant jusqu'au 31 décembre 2020. Pendant cette période de transition, Londres et Bruxelles vont négocier leur relation future. Quelques changements pratiques vont toutefois intervenir d'ici là.

Avec le départ de 66 millions d'habitants, l'UE voit sa population passer à quelque 440 millions. Son territoire diminue de 5,5%.

Si jamais le Royaume-Uni décidait un jour de revenir, il devrait se soumettre à la procédure d'adhésion habituelle.

Les fonctionnaires pourront finir leur carrière à l'UE

Le Premier ministre britannique ne sera plus invité aux sommets européens, pas plus que les membres du gouvernement n'assisteront aux réunions ministérielles.

Les Britanniques travaillant déjà dans les institutions européennes peuvent y finir leur carrière, mais il n'y a plus d'embauche de fonctionnaires britanniques et les concours ne leur sont plus ouverts, dès avant la fin de la période de transition.

Participation au budget jusqu'à fin 2020

Le Royaume-Uni reste soumis à la Cour de justice de l'UE, compétente pour toutes les procédures introduites avant la fin de la période de transition. Mais les mandats des trois juges britanniques de la Cour et du Tribunal prennent fin immédiatement, tandis que l'avocate générale de ce pays continuera à siéger en attendant son successeur.

Pour le budget, le Royaume-Uni, deuxième contributeur net derrière l'Allemagne, continue à verser sa part jusqu'à la fin de la transition.

Divorce consommé

Et maintenant?

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne vendredi ne marque pas pour autant la fin du long et tortueux processus du Brexit. Voici les dates clés des étapes à venir:

Avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le pays est entré dans une phase de transition au cours de laquelle ses relations resteront inchangées avec les 27 jusqu'au 31 décembre 2020. Par contre, il ne pourra ni siéger dans les institutions européennes ni avoir son mot à dire sur leurs décisions.

Négociations dès demain?

Ce délai doit permettre aux deux parties de nouer une nouvelle relation dans les domaines du commerce et de la sécurité.

Londres se dit prêt à lancer ses négociations commerciales dès le 1er février mais les membres de l'UE discutent toujours pour déterminer leurs objectifs pour ces négociations.

>> Ecouter à ce sujet Catherine Mathieu, économiste, spécialiste du Royaume-Uni et des questions européennes à  lʹObservatoire français des conjonctures économiques:

L'économiste Catherine Mathieu. [RTS]RTS
Lʹinvitée: Catherine Mathieu / Six heures - Neuf heures, le samedi / 8 min. / le 1 février 2020

Dans un discours attendu lundi, le Premier ministre Boris Johnson doit présenter ses ambitions d'arriver à un accord de libre-échange du même type que celui signé par l'UE avec le Canada récemment, sans alignement avec les règles européennes.

Le mandat européen devrait être approuvé au niveau ministériel d'ici au 25 février, selon des responsables européens, permettant aux pourparlers de démarrer autour du 1er mars.

Nombreux enjeux

Outre le commerce, le Royaume-Uni et les 27 ne manquent pas de sujets sur lesquels ils devront s'accorder: la sécurité, la coopération judiciaire, l'éducation, l'énergie...

Parallèlement, Londres compte lancer des négociations avec d'autres pays, Etats-Unis en tête, pour arriver à des accords de libre-échange.

Le Royaume-Uni peut prolonger la période de transition au-delà de fin 2020 pour un ou deux ans, mais doit informer l'UE de sa demande avant le 1er juillet.

Délai serré

Boris Johnson insiste: il ne compte pas demander d'extension. Mais la Commission européenne juge le délai de la période transitoire très serré. Sa présidente Ursula von der Leyen a averti qu'il serait impossible de s'accorder sur "tous les aspects" et qu'il faudrait choisir des "priorités".

C'est en l'état la fin des liens entre l'Union européenne et le Royaume-Uni tels qu'ils auront existé pendant 47 ans. Sans nouvel accord ou extension de la période de transition, commerce et transports, entre autres, risquent des perturbations majeures.

Les images de la nuit

Pour les pro-Brexit, la fête a été belle

Des milliers de partisans du Brexit étaient rassemblés aux abords du Parlement de Westminster au moment du Brexit, à 23h00 locales (minuit en Suisse) vendredi soir.

Certains attendaient ce moment depuis longtemps, à l'instar d'une Anglaise qui a confié à la RTS avoir voté "pour ne pas rejoindre l'UE" en 1974.

"Le coeur de la démocratie, c'est que les gens qui perdent doivent accepter le résultat", confie un autre "brexiter", évoquant les 48% de Britanniques qui n'ont pas voulu quitter l'UE. Un troisième prédit, lui, que "l'indépendance française va suivre".

>>  Regarder les images de l'envoyé spécial de la RTS à Londres Laurent Burkhalter:

Vignette brexitnight
La fête du Brexit à Londres, comme si vous y étiez / L'actu en vidéo / 3 min. / le 1 février 2020

>> Ecouter aussi le reportage de Catherine Illic:

Des partisans du Brexit au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. [EPA/Neil Hall - Keystone]EPA/Neil Hall - Keystone
Reportage à Londres au moment du Brexit / Le Journal horaire / 1 min. / le 1 février 2020

Décompte final à Londres

Le Royaume-Uni prend le large

Revivez les dernières secondes avant la sortie officielle de l'UE du Royaume-Uni.

Après 47 ans de vie commune houleuse, le divorce est prononcé. Le Royaume-Uni est devenu vendredi le premier pays à quitter l'Union européenne pour écrire un nouveau chapitre de son histoire riche en incertitudes.

Aux abords du Parlement de Westminster où fourmillent les drapeaux britanniques, une foule de milliers de personnes exulte, criant: "Liberté !"

Peu avant l'heure fatidique, 23h00 à Londres, minuit à Bruxelles, le Premier ministre Boris Johnson a prédit que le Brexit, dont il a été un promoteur acharné, serait un "succès retentissant", "quels que soient les obstacles".

Irlande du Nord

Peu de monde pour fêter le Brexit

Alors qu'ils étaient plusieurs milliers à Londres pour fêter le Brexit, la foule ne semble pas s'être déplacée en masse à Belfast où, à en croire notre correspondant sur place, il y avait plus de journalistes que de partisans pour la sortie de l'UE du Royaume-Uni.

 

A Westminster, l'heure approche...

Et Nigel Farage arriva

C'est sous les acclamations de la foule que Nigel Farage, "l'homme du Brexit", est arrivé à Westminster.

Parmi ses premières déclarations: "Nous n'aurons plus à écouter Monsieur Juncker."

L'ancien trader s'est même offert le luxe de donner le coup d'envoi d'un compte à rebours à quelques minutes du moment fatidique.

Boris Johnson s'exprime

"Ce n'est pas la fin, mais le début"

Le Brexit "n'est pas la fin mais le début" d'un "nouvel acte de notre grand drame national", a proclamé vendredi le Premier ministre Boris Johnson, dans un discours à la nation prononcé une heure avant la sortie de l'Union européenne.

"La chose la plus importante à dire ce soir, ce n'est pas la fin, mais le début, le moment où l'aube pointe et le rideau se lève sur un nouvel acte", a-t-il dit.

Quels que soient les obstacles sur le chemin, je sais que nous réussirons.

Le Premier ministre Boris Johnson attend les résultats des élections générales britanniques le 13 décembre 2019. [Will Oliver - EPA/Keystone]
Boris Johnson

"Quels que soient les obstacles sur le chemin, je sais que nous réussirons", a affirmé Boris Johnson, assurant que le Brexit serait "un succès retentissant", alors que son pays s'apprête à ouvrir de difficiles négociations avec l'UE sur leur future relation commerciale.

Le Brexit marque "le début d'une nouvelle ère de coopération amicale" avec l'UE, a aussi déclaré Boris Johnson.

>> Voir la déclaration complète de Boris Johnson:

Palais de Westminster

La foule s'accumule

Selon nos correspondants à Londres, des milliers de Britanniques sont en train d'affluer et de se rassembler pour les célébrations du Brexit à Westminster, malgré la pluie et la boue.

A défaut de pouvoir faire sonner Big Ben ce soir, les partisans du Brexit ont fabriqué un "Little Ben" que l'on peut distinguer dans la vidéo ci-dessous:

L'Union Jack s'efface à Bruxelles

Un moment solennel

Le drapeau britannique a été retiré vendredi du hall d'entrée du Conseil européen et devant le siège du Parlement européen à Bruxelles, un geste symbolique réalisé à quelques heures de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le drapeau britannique retiré du hall d'entrée du Conseil européen [RTS]
Le drapeau britannique retiré du hall d'entrée du Conseil européen / L'actu en vidéo / 42 sec. / le 31 janvier 2020

Il a fallu moins d'une minute à deux employés pour retirer l'Union Jack de sa hampe située dans la grande salle d'entrée du Conseil européen, lieu de rendez-vous des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, puis pour le plier et quitter les lieux sans plus de cérémonie.

Moins de 30 minutes plus tard, la bannière britannique a également disparu des abords du Parlement, à Bruxelles, où flottent toujours les drapeaux des 27 Etats membres de l'UE. Le drapeau étoilé de l'Union a été hissé sur le mât laissé libre.

Duel pro et anti-brexit dans les charts

Hymne européen plébiscité

Au moment où le Royaume-Uni quitte l'Union européenne, l'hymne européen, "l'Ode à la joie" de Beethoven, s'est hissé en tête des téléchargements au Royaume-Uni vendredi.

Après trois ans d'opposition acharnée entre pro et anti-Brexit, les deux camps se sont affrontés sur le terrain musical.

La version du Néerlandais André Rieu du final du quatrième mouvement de la 9e symphonie de Beethoven, dit "Ode à la joie", s'est hissée à la 30e place des charts britanniques, mais a été le titre le plus téléchargé cette semaine.

L'hymne européen devance ainsi le titre "17 Millions Fuck-Offs" du comédien Dominic Frisby, à la 43e place des charts. Cette chanson, qui se réfère aux 17,4 millions d'électeurs qui ont voté pour le Brexit en 2016, s'en prend à l'establishment de Londres et de Bruxelles, ainsi qu'à des célébrités europhiles.

Comme un signe, en tête se trouve le "Before you Go" (avant que tu t'en ailles) du chanteur écossais Lewis Capaldi.

Point commercial stratégique

A Douvres, on craint des bouchons samedi

Ville côtière et portuaire dans le sud-est de l'Angleterre, Douvres est considéré comme la porte d'entrée en Europe. Elle sera un point commercial stratégique dès samedi. Car à l'heure actuelle, seuls les camions non-européens sont contrôlés. Mais à partir de samedi, chaque poids lourd passera par la case contrôle, de quoi faire craindre de longues files d'attente.

>> Voir le sujet complet du 19h30:

Port de Douvres: les transporteurs face au Brexit dans ce point de passage [RTS]
Port de Douvres: les transporteurs face au Brexit dans ce point de passage / 19h30 / 2 min. / le 31 janvier 2020

Un 31 pas comme les autres

Retour en images sur cette journée

Le 19h30 s'est penché sur cette journée un peu particulière au Royaume-Uni et à Bruxelles où les réactions oscillent entre soulagement pour les uns et désastre pour les autres.

>> Voir le sujet du 19h30:

Brexit, on y est ! Bruxelles et Londres se préparent au changement. [RTS]
Brexit, on y est ! Bruxelles et Londres se préparent au changement. / 19h30 / 2 min. / le 31 janvier 2020

>> Notre envoyé spécial à Londres, Laurent Burkhalter, détaille le programme de la soirée au Royaume-Uni:

Laurent Burkhalter décrit la situation à Londres en cette soirée de Brexit. [RTS]
Laurent Burkhalter décrit la situation à Londres en cette soirée de Brexit. / 19h30 / 49 sec. / le 31 janvier 2020

>> A Bruxelles, pas de compte à rebours, ni de cérémonie. Les explications d'Isabelle Ory:

Isabelle Ory décrit l'atmosphère à Bruxelles à l'heure du Brexit. [RTS]
Isabelle Ory décrit l'atmosphère à Bruxelles à l'heure du Brexit. / 19h30 / 59 sec. / le 31 janvier 2020

Forum, émission spéciale à Londres

Retrouvez les différents débats

L'émission Forum était en direct de Londres vendredi soir. Opposants, partisans et analystes ont débattu durant une heure sur l'après-Brexit et les changements attendus à partir du 1er février.

>> Voir le débat sur les changements qui seront engendrés par le Brexit:

Brexit: Quels changements sont attendus à partir du premier février 2020? [RTS]
Brexit: Quels changements sont attendus à partir du premier février 2020? / Forum / 8 min. / le 31 janvier 2020

>> Voir le débat sur les doutes et les espoirs des Britanniques:

Quels sont les doutes et les espoirs des Britanniques pour l'après-Brexit? [RTS]
Quels sont les doutes et les espoirs des Britanniques pour l'après-Brexit? / Forum / 14 min. / le 31 janvier 2020

>> Voir le débat sur le futur de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord:

Le Royaume-Uni saura-t-il contrer le désir d'indépendance de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord? [RTS]
Le Royaume-Uni saura-t-il contrer le désir d'indépendance de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord? / Forum / 8 min. / le 31 janvier 2020

Ambiance devant le Parlement

Les partisans du Brexit se rassemblent

De nombreux partisans du Brexit se sont rassemblés devant le Parlement britannique. Munis de drapeaux et de pancartes, ils attendent avec impatience l'heure officielle du divorce avec l'Union européenne.

Les pro-Brexit se réunissent devant le Parlement britannique. [AP]
Les pro-Brexit se réunissent devant le Parlement britannique / L'actu en vidéo / 37 sec. / le 31 janvier 2020

Interview de l'ambassadeur de Suisse

"Les Suisses habitant au Royaume-Uni sont sereins"

L'ambassadeur de Suisse au Royaume-Uni, Alexandre Fasel, était invité vendredi soir dans Forum à Londres. Selon lui, les 37'000 expatriés suisses sont détendus quant à leur statut à quelques heures du Brexit: "Je pense que l'état d'esprit est plutôt serein et cela est dû à la stratégie 'Mind the Gap' que la Suisse a mise en oeuvre. C'est-à-dire de faire en sorte que la relation juridique entre nos deux pays soit sauvegardée. Les droits acquis par les Suisses au Royaume-Uni sont pleinement sauvegardés".

>> Voir le débat dans Forum sur les inquiétudes des expatriés au Royaume-Uni:

Les étrangers et les expatriés doivent-il s'inquiéter de leur avenir sur le territoire britannique? [RTS]
Les étrangers et les expatriés doivent-il s'inquiéter de leur avenir sur le territoire britannique? / Forum / 8 min. / le 31 janvier 2020

>> Voir aussi le sujet du 19h30 sur les expatriés suisses:

Plus de 35'000 Suisses vivent au Royaume-Uni. Avec le Brexit, ils sont partagés entre déception et résignation. [RTS]
Plus de 35'000 Suisses vivent au Royaume-Uni. Avec le Brexit, ils sont partagés entre déception et résignation. / 19h30 / 2 min. / le 31 janvier 2020

"Speech" d'Emmanuel Macron

Le Brexit est "un signal d'alarme historique"

Le départ du Royaume-Uni de l'UE ce vendredi à minuit est "un choc" et "un signal d'alarme historique" pour "l'Europe toute entière", a déclaré vendredi soir le président français Emmanuel Macron.

"Ce Brexit est possible (...) parce que nous avons fait de l'Europe trop souvent un bouc émissaire de nos propres difficultés, parce qu'aussi nous n'avons pas assez changé notre Europe". "Plus que jamais nous avons besoin d'Europe, face à la Chine ou aux Etats-Unis pour défendre nos intérêts", a-t-il insisté.

La campagne du référendum sur le Brexit de 2016, selon lui "faite de mensonges, d'exagération, de simplifications, de chèques qu'on a promis et qui n'arriveront jamais", montre "qu'il faut à chaque instant nous souvenir de ce à quoi le mensonge peut conduire dans nos démocraties".

>> Voir son allocution complète:

Tutoriel pour Français et Anglais

Le discours d'Emmanuel Macron était surtout une façon pour lui d'expliquer à ses concitoyens ce que le Brexit allait changer pour eux: "Demain, de manière très pratique, rien ne changera dans nos relations avec le Royaume-Uni. Durant toute l'année 2020, nous vivrons une période de transition, mais l'on pourra toujours voyager, exporter et même pêcher exactement comme avant".

Il s'est aussi adressé aux citoyens britanniques vivant sur le sol français, pour qui les conséquences durant la période de transitions seront "réduites à des choses pratiques."

>> Voir aussi le sujet du 19h30 sur le discours d'Emmanuel Macron:

Emmanuel Macron "Ce départ est un choc, c'est un signal d'alarme historique." [RTS]
Emmanuel Macron "Ce départ est un choc, c'est un signal d'alarme historique." / 19h30 / 38 sec. / le 31 janvier 2020

Tunnel sous la Manche

Le vrai changement attendu pour 2021

Que ce soit au port ou au tunnel sous la Manche, le fonctionnement des infrastructures à Calais et les contrôles des passagers et des marchandises vont rester inchangés dans un premier temps. "Le vrai Brexit, la vraie séparation, le vrai changement, ce sera normalement en janvier 2021", à moins que les Britanniques ne demandent un report à 2022, a rappelé le ministre de l'Action et des Comptes publics français Gérald Darmanin sur France Bleu Nord.

Nouvelles formalités, mais pas tout de suite

Actuellement, à l'entrée du tunnel sous la Manche comme au terminal des ferries, la police aux frontières française et la Border Force britannique contrôlent déjà les identités des personnes à bord des véhicules, car le Royaume-Uni n'a jamais fait partie de l'espace Schengen de libre-circulation des personnes. "Samedi, pour les voyageurs et les entreprises, rien ne changera", confirme le directeur régional des douanes à Dunkerque.

Le 1er janvier 2021 (sauf report), en revanche, de nouvelles formalités douanières attendent les transporteurs de marchandises. Une sorte de "frontière intelligente", croisant les immatriculations et les données douanières des entreprises enregistrées dans le système d'information des douanes développé pour le Brexit, devrait permettre de vérifier que les camions sont en règle, tout en évitant aux poids lourds de perdre du temps à l'embarquement.

Un camion à l'entrée du tunnel sous la Manche côté français en mars 2019. [Pascal Rossignol - Reuters]Un camion à l'entrée du tunnel sous la Manche côté français en mars 2019. [Pascal Rossignol - Reuters]

Près de 50 millions pour réactiver des bureaux douaniers

Pour se préparer à ces nouvelles tâches, la société d'exploitation des ports de la Manche a investi 6 millions d'euros, et Eurotunnel près de 40 millions d'euros dans des bureaux douaniers, aujourd'hui vides.

Eurotunnel, le concessionnaire du tunnel de 50,5 km qui traverse la Manche, fait transiter chaque année 21 millions de passagers et 1,6 million de camions sur des navettes. Les ferries, eux, transportent toujours 8 millions de personnes et 1,9 million de camions depuis ou vers Calais.

Berne planifie l'après-Brexit

"Aucun changement à court terme", selon le DFAE

Aucun changement n'est attendu "à court terme" dans les relations entre la Suisse et le Royaume-Uni après le Brexit, a rappelé le DFAE dans un communiqué. Rien n'est attendu avant le 31 décembre 2020. "Les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne restent en vigueur au Royaume-Uni pendant la période de transition renouvelable, qui s'achève à la fin 2020".

Dans le cadre de l'accord sur le Brexit, la période de transition peut être prolongée de deux ans au maximum. D'ici la fin de cette période, le Royaume-Uni restera donc dans le marché intérieur et dans l'union douanière de l'UE, précise le DFAE. Berne entend utiliser ces quelques mois pour approfondir ses relations avec Londres dans le cadre de sa stratégie "Mind the Gap".

La FAQ du DFAE consacrée au Brexit

La Suisse a déjà conclu cinq accords avec Londres dans les domaines du commerce, du transport aérien et routier, des assurances, des droits des citoyens et dans le domaine de la migration. Ils doivent entrer en vigueur après la fin de la phase transitoire. En 2018, le Royaume-Uni était le sixième partenaire commercial de la Suisse, et même le troisième pour les exportations de services.

>> Lire à ce sujet: Suisse et Grande-Bretagne signent un accord commercial pour l'après-Brexit

Les heureux élus du Brexit

27 nouveaux députés remplacent les Britanniques

Si, pour beaucoup dans l'UE, le Brexit est un adieu, c'est un nouveau départ pour 27 eurodéputés.

Elus en mai, ils attendaient que le Royaume-Uni quitte l'Union pour remplacer les 73 Britanniques sortants. Certains sièges restants étant gardés en réserve en cas d'élargissement, l'assemblée passera donc de 751 à 705 membres.

La France et l'Espagne se renforcent

Les Français et les Espagnols se taillent la part du lion avec cinq nouveaux élus chacun. Suivent les Italiens et les Néerlandais avec trois, puis les Irlandais avec deux nouveaux députés. Même si leur mandat commence théoriquement le 1er février, la plupart des nouveaux venus ne peuvent pas prendre possession de leur bureau avant le 7 février.

"J'ai vécu ces derniers mois dans l'émotion et l'incertitude", a confié le socialiste espagnol Marcos Ros Sempere, âgé de 45 ans. "On approchait le mois d'octobre et on croyait que ça y était". Puis le Brexit fut à nouveau reporté et les Britanniques organisèrent de nouvelles élections. Sur Twitter, il évoque des "émotions croisées".

L'Allemagne déplore le départ anglais

"Une rupture pour l'Europe"

"Il ne fait aucun doute que le départ du Royaume-Uni aujourd'hui à minuit de l'Union européenne est une rupture pour l'Europe", a déclaré le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel.

Steffen Seibert, porte-parole de la chancellerie allemande, avec Angela Merkel [Felipe Trueba - Keystone/EPA]Steffen Seibert, porte-parole de la chancellerie allemande, avec Angela Merkel [Felipe Trueba - Keystone/EPA]Il a redit que Berlin regrettait cette décision. "Nous tablons sur le fait que le Royaume-Uni restera à l'avenir un partenaire étroit et un ami".

"L'Union européenne nous garantit une voix forte dans un monde qui change sans cesse et nous sommes déterminés à poursuivre l'histoire à succès de l'Europe avec les 26 autres pays membres restants", a souligné le porte-parole.

Prise de température à la mi-journée

Une absence d'émotion

A Londres à la mi-journée, ce qui frappe en ce jour déterminant pour le Royaume-Uni, c'est l'absence d'émotion forte. "On n'a pas vraiment l'impression qu'on est en train de vivre un jour historique", confie la correspondante de RTSinfo Catherine Ilic dans le 12h30. Les Britanniques n'ont pour la plupart rien prévu de particulier ou ont rayé l'événement de leur agenda, par dépit ou par indifférence.

Au final, peu de gens extériorisent leurs émotions. Et certains ont choisi de fêter l'événement discrètement, pour ne pas froisser le camp adverse. D'autres ont décidé de se cloîtrer chez eux, toujours en colère contre le résultat du vote. D'autres encore disent surtout se réjouir que cette longue saga se termine.

>> Les précisions de Catherine Ilic dans le 12h30:

Larmes et adieux en attendant le vote du Parlement européen sur le Brexit. [John Thys - AFP]John Thys - AFP
Le Royaume-Uni sort officiellement de l'Union européenne entre larmes de joie et de tristesse / Le 12h30 / 4 min. / le 31 janvier 2020

Dans la rue, les Britanniques sont divisées entre tristesse et résignation d'un côté, joie et fierté d'un autre. "C'est notre jour d'indépendance", a confié à la RTS un partisan du Brexit. Mais tous s'accordent à dire qu'il faudra beaucoup de temps pour guérir les divisions nées du Brexit.

C'est d'ailleurs pour cette raison que le gouvernement a choisi de ne pas organiser de célébrations officielles en ce jour de Brexit. Il y aura en soirée une fête à Westminster organisée par l'homme qui a lancé le Brexit, Nigel Farage.

>> Les précisions de Laurent Burkhalter à Londres et Isabelle Ory à Bruxelles:

Laurent Burkhalter à Londres et Isabelle Ory à Bruxelles commentent cette journée historique. [RTS]
Laurent Burkhalter à Londres et Isabelle Ory à Bruxelles commentent cette journée historique. / 12h45 / 2 min. / le 31 janvier 2020

A Bruxelles, la journée s'annonce également plutôt calme après le départ officiel des députés britanniques. Le drapeau britannique qui flotte dans l'institution européenne va être descendu dans la nuit, mais pas à minuit, car l'UE n'a pas voulu de cérémonie particulière.

>> Retour sur les événements de la matinée dans le 12h45:

Le Brexit, on y est. Le Royaume-Uni quittera ce soir l'Union européenne. Une date qui marquera l'histoire. [RTS]
Le Brexit, on y est. Le Royaume-Uni quittera ce soir l'Union européenne. Une date qui marquera l'histoire. / 12h45 / 2 min. / le 31 janvier 2020

Départ des eurodéputés pro-Brexit

Avec kilt et cornemuse

Les députés britanniques pro-Brexit ont quitté au son de la cornemuse le Parlement européen pour la dernière fois vendredi.

EURODEPUTES FONT LEURS ADIEUX [RTS]
Les députés britanniques pro-Brexit ont quitté le Parlement européen pour la dernière fois / L'actu en vidéo / 36 sec. / le 31 janvier 2020


Du côté des députés pro-Brexit de la Chambre des communes, l'heure est également aux réjouissances. "Pour moi, le Brexit est un peu comme quitter la terre à bord d'une fusée, et soudainement ne plus sentir la pensanteur. Une fois libérés de cette gravitation européenne, on verra comment rendre les choses meilleures", a témoigné Bill Cash, l'élu le plus ancien à la Chambre basse et fer de lance des eurosceptiques.

>> Ecouter son interview dans La Matinale vendredi:
Le député conservateur Bill Cash en octobre 2019. [Will Olivier - Keystone/EPA]Will Olivier - Keystone/EPA
"Ce jour ressemble au décollage d'une fusée", se réjouit un député conservateur britannique à la veille du Brexit / La Matinale / 1 min. / le 31 janvier 2020

Lorsque viendra la nuit ce soir...

La "lettre de rupture" de l'UE, empreinte de poésie et d'émotion

"Lorsque viendra la nuit ce soir, le soleil se couchera sur plus de 45 années d'appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne": ainsi commence la lettre publiée vendredi par Charles Michel, Ursula von der Leyen et David Sassoli, présidents respectifs du Conseil, de la Commission et du Parlement européens. Son écriture est chargée d'émotion.

Lorsque viendra la nuit ce soir, le soleil se couchera sur plus de 45 années d'appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne

Lettre de l'UE au Royaume-Uni

"Au cours des semaines, des mois et des années à venir, nous devrons desserrer certains des liens que l’UE et le Royaume-Uni ont minutieusement tissés ensemble pendant cinq décennies", poursuit la lettre, qui esquisse les lendemains possibles dans la relation entre les deux futurs partenaires. "Le degré de proximité de ce partenariat dépendra de décisions à venir. (...) Dans cette tâche, nous ne devrons pas ménager nos efforts pour tracer une nouvelle voie en alliés, en partenaires et en amis".

Au cours des semaines, des mois et des années à venir, nous devrons desserrer certains des liens que nous avons minutieusement tissés ensemble pendant cinq décennies

Lettre de l'UE au Royaume-Uni

"Bien que n'étant plus membre de l'UE, le Royaume-Uni continuera à faire partie de l'Europe. Notre géographie et notre histoire communes, ainsi que les liens noués dans tellement de domaines, nous unissent de manière indéfectible et font de nous des alliés naturels. (...) Cette œuvre se poursuivra dès que le soleil se lèvera demain matin", s'achève la missive.

Lire la lettre en intégralité

Charles Michel, David Sassoli et Ursula von der Leyen [Olivier Hoslet - Keystone/EPA]Charles Michel, David Sassoli et Ursula von der Leyen [Olivier Hoslet - Keystone/EPA]

Revue de presse

De "On l'a fait!" à "Une petite île", des Unes britanniques contrastées

Vendredi matin, les titres de la presse britannique reflétaient à la fois l'enthousiasme des partisans du Brexit et l'appréhension de ceux qui voulaient rester dans l'UE.

Daily Express [DR]Daily Express [DR]"Oui, on l'a fait!", proclame le Daily Express, un tabloïd qui a fait ardemment campagne pour la séparation. Le titre surmonte une carte de la Grande-Bretagne formée de Unes du journal pendant les 43 mois qui se sont écoulés depuis le référendum de juin 2016, période qui a vu passer trois dates-limites pour le Brexit avant que le Parlement britannique ne ratifie finalement l'accord de divorce.

"Une nouvelle aube pour la Grande-Bretagne", titre un autre tabloïd pro-Brexit, le Daily Mail. "A 11 heures ce soir, notre fière nation quitte finalement l'UE - toujours amie avec l'Europe, mais libre et de nouveau indépendante après 47 ans".

The Guardian [DR]The Guardian [DR]Le quotidien de gauche The Guardian exprime, lui, sa préférence pro-UE, titrant "Une petite île" et décrivant le Brexit comme "le plus grand pari depuis une génération".

"Ça a été un sacré voyage", titre le journal gratuit destiné aux entreprises City AM, au-dessus d'un photomontage représentant le wagon d'un grand huit avec les visages des principaux acteurs de la saga du Brexit. Parmi ces visages, une Angela Merkel à la mine sombre et un Nigel Farage jubilant et brandissant un verre de bière. Chef du parti anti-UE Ukip puis du Brexit Party, Nigel Farage a été l'un des adversaires les plus actifs de l'Union européenne.

City AM [DR]City AM [DR]"Ce n'est pas une fin mais un commencement", proclame le Daily Telegraph, publiant des déclarations faites par Boris Johnson avant un conseil des ministres qui se tient vendredi à Sunderland, ville du nord-est de l'Angleterre où les électeurs ont voté massivement pour le Brexit.

Le Times, de son côté, publie sur sa Une un article de Boris Johnson dans lequel le Premier ministre pro-Brexit développe ses idées sur l'accord de libre échange qu'il souhaite à présent conclure avec l'UE, sur le modèle d'un récent accord entre le bloc européen et le Canada. "Le Premier ministre veut un accord commercial avec Bruxelles dans le genre de celui avec le Canada", écrit-il.

Le Sun, lui, déclame "Notre heure est venue" sur fond de Big Ben – sans les échafaudages qui l'empêcheront de sonner à l'heure officielle de la séparation. Dans un encart en haut à droite, le tabloïd offre à ses lecteurs "Un poster géant gratuit du Brexit", sur lequel on peut lire, au centre d'une foule en liesse, les mots "See EU".

Quant au tabloïd anglais Daily Star, il n'a pas résisté à une plaisanterie. "Ce soir sera un vrai MOMENT HISTORIQUE pour notre grande nation", clame le quotidien. "Oui, c'est la fin du Dry January!", le mois de janvier sans alcool, une pratique de plus en plus populaire chez les Britanniques qui ont abusé de la boisson en décembre.

Amertume en Ecosse

The Scotsman [DR]The Scotsman [DR]En Ecosse, où les électeurs étaient majoritairement favorables au maintien dans l'UE, la tonalité était bien différente.

Le Scotsman, quotidien d'Edimbourg, titre amèrement "Adieu, pas au revoir", et décline le mot "Adieu" dans 24 langues européennes.

Le Daily Record n'est pas plus optimiste, résumant ainsi la situation post-Brexit: "Floués: isolés, moins prospères, plus faibles et divisés".

Futures relations EU - Royaume-Uni

L'UE sera "très lucide et très ferme"

Le Royaume-Uni reste "un partenaire, un pays ami", mais l'Union européenne sera "très lucide et très ferme" dans ses négociations avec Londres, a affirmé le président du Conseil européen Charles Michel sur la chaîne de radio française RTL vendredi matin.

Londres souhaite faire aboutir ces négociations pour déterminer ses futurs rapports avec l'UE en matière commerciale, de sécurité ou de pêche en un temps record, avant la fin de l'année, excluant toute prolongation de la transition au-delà de 2020. Du côté de l'UE, un délai aussi rapproché semble difficile à tenir.

Plus la Grande-Bretagne voudra diverger des standards européens, moins elle aura accès au marché intérieur européen

Les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen Ursula von der Leyen et Charles Michel, en compagnie du négociateur européen Charles Michel. [Ursula von der Leyen sur Twitter]
Charles Michel, président du Conseil européen

"Le message que nous donnons pour cette négociation qui va démarrer (...) est très simple: nous souhaitons garder la relation la plus étroite possible dans tous les domaines, mais plus la Grande-Bretagne voudra diverger des standards européens, moins elle aura accès au marché intérieur européen", a-t-il prévenu.

"La Grande-Bretagne n'est pas un adversaire, c'est un partenaire, c'est un pays ami" mais "nous sommes très lucides et très fermes: dès lors que la Grande-Bretagne voudrait développer une stratégie de dumping pour tenter de faire mal aux économies européennes, nous n'accepterons pas. Quand on n'appartient plus au club de l'Union européenne, il y a des conséquences", a-t-il insisté.

>> Regarder le discours de Charles Michel et d'Ursula von der Leyen à Bruxelles vendredi:

UE revendique unite [RTS]
L'Union européenne revendique l'unité après le Brexit / L'actu en vidéo / 1 min. / le 31 janvier 2020

De nouveaux équilibres à appréhender

Emission spéciale de Tout un monde

Mercredi, le Parlement européen a pris congé des élus britanniques avec émotion. Bruxelles espère que le départ du Royaume-Uni ne marquera par une rupture profonde pour l’Union européenne.

La question est en effet dans tous les esprits. L’UE sera-t-elle capable de rebondir, de resserrer les liens et quels seront les nouveaux équilibres ? Enfin, l’Europe pourra-t-elle s’affirmer face aux Etats-Unis et à la Chine ?

Tout un Monde en discute avec Philippe Lamberts, député européen belge et co-président du groupe des Verts au Parlement européen, Eric Maurice, analyste à la Fondation Robert Schumann et Alain Franco, correspondant de la RTS à Bruxelles.

>> L'émission spéciale Brexit de Tout un monde: 

Le droit européen de la concurrence doit s'appliquer au Royaume-Uni aussi longtemps que celui-ci est membre de l'UE, estime Bruxelles. [Andy Rain - Keystone]Andy Rain - Keystone
Emission spéciale Brexit: quel sera le visage de l'Union européenne post-Brexit? / Tout un monde / 23 min. / le 31 janvier 2020

Espoirs et avenir

"Une génération demandera peut-être à revenir"

Pour Alex Taylor, journaliste d'origine britannique, il convient tout d'abord de ne pas oublier que "le vote sur le référendum a été très serré".

Interviewé dans La Matinale, celui qui travaille en France depuis près de 40 ans explique en effet que les divisions ne touchent pas uniquement les différentes nations du Royaume-Uni, mais aussi des familles: "Je connais des gens qui ont évité d'aller passer Noël avec leurs familles à cause de cela (...) Il y va de notre identité."

Le Parisien d'adoption évoque aussi un fossé générationnel qui, paradoxalement, lui donne l'espoir d'un retour futur au sein de l'Union européenne.

"J'ai eu 15 ans quand mon pays a réussi à entrer dans le marché commun (...) c'est la génération de mon père, celle qui avait fait la Seconde Guerre mondiale, qui a attelé le pays à son destin continental. Je pense que d'ici 10 ans, il y aura un nouveau mouvement, car 80% des jeunes Britanniques ont voté pour rester. Cette génération arrivera un jour aux commandes et elle demandera peut-être à revenir."

>> Réécouter l'interview intégrale d'Alex Taylor dans La Matinale:

Le plaidoyer européen d'Alex Taylor, journaliste franco-britannique [RTS]RTS
L'invité de la Matinale - Alex Taylor, journaliste franco-britannique / La Matinale / 12 min. / le 31 janvier 2020

Relations avec la Suisse

Des conséquences incertaines

Quelles conséquences aura le Brexit sur les relations entre la Suisse et la Grande-Bretagne? Pour Roberto Balzaretti, Secrétaire d'Etat en charge des affaires européennes, tout a été fait pour préserver les intérêts de la Suisse "à plus ou moins long terme".

Le Conseil fédéral souhaite en effet à tout prix garantir les droits et obligations entre les deux pays. Nom de cette stratégie: "Mind the gap". Résultat, en trois ans, Londres et Berne ont signé pas moins de sept accords bilatéraux. Ils portent notamment sur le commerce, les assurances, les transports ou encore le droit des citoyens.

Pour Roberto Balzaretti, l'espoir de Berne est que "rien ne change". Pourtant, malgré des efforts diplomatiques multiples, il reste difficile de savoir si des entreprises suisses décideront de se retirer de ce marché.

>> Réécouter le sujet de La Matinale:

L'ex-secrétaire d'Etat Roberto Balzaretti. [Adrien Perritaz - Keystone]Adrien Perritaz - Keystone
Quel sera l’impact du Brexit sur la Suisse ? / La Matinale / 1 min. / le 31 janvier 2020

Baroud d'honneur des "remainers"

Les irréductibles ont manifesté à Londres

Jeudi, quelques dizaines d'irréductibles "remainers" ont tenu à se faire entendre devant Westminster à Londres.

Les anti-Brexit rassemblés autour de Steve Bray rêvent déjà à un retour dans l'Union européenne. [RTS]
Les anti-Brexit célèbrent l'Europe / L'actu en vidéo / 2 min. / le 30 janvier 2020

>> Lire aussi: Le dernier cri des opposants au Brexit à la veille de la sortie de l'UE

Festivités modestes

Une pièce et une allocution

Malgré les tentatives des eurosceptiques les plus fervents, le clocher de Big Ben, en travaux, restera muet au moment du Brexit. En revanche, une horloge lumineuse projetée sur Downing street lancera le compte à rebours avant le grand saut.

Le Big Ben en travaux à Londres. [Will Oliver - EPA/Keystone]Will Oliver - EPA/Keystone
Big Ben ne sonnera pas pour marquer le Brexit le 31 Janvier / Le 12h30 / 1 min. / le 17 janvier 2020

>> Lire aussi: Le combat acharné des pro-Brexit pour faire sonner Big Ben le 31 janvier

Fer de lance d'une sortie de l'UE, Nigel Farage a de son côté convié ses partisans à fêter le Brexit vendredi soir devant le Parlement à Londres.

Ardent partisan du Brexit le Premier ministre Boris Johnson, qui se pose en rassembleur depuis sa victoire aux législatives, s'adressera à la nation dans la soirée vendredi.

Une pièce de 50 pence marquant l'événement entrera en circulation, au total à dix millions d'exemplaires.

Période de transition de 11 mois

Relation future encore à négocier

Le Brexit interviendra vendredi à minuit (23h00 à Londres), soit 1317 jours après la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne.

Mais la date du 31 janvier est surtout symbolique. L'accord de divorce prévoit une période de transition pour une sortie en douceur, jusqu'au 31 décembre. Pendant cette période, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles de l'UE, mais n'aura plus voix au chapitre.

>> Lire aussi: Le Royaume-Uni face à une équation à plusieurs inconnues

Période de transition de 11 mois

Pendant cette période de transition de 11 mois, Londres et Bruxelles vont négocier leur relation future, en particulier au niveau commercial.

Le Brexit et les entreprises britanniques [RTS]
Le Brexit et les entreprises britanniques / L'actu en vidéo / 1 min. / le 30 janvier 2020

Dans l'intervalle, plus aucun des 73 eurodéputés britanniques élus en mai ne siégera. Quarante-six sièges seront réservés pour de futurs Etats membres et 27 seront redistribués.

En revanche, le Royaume-Uni, deuxième contributeur net au budget de l'UE derrière l'Allemagne, continuera à payer jusqu'à la fin de la transition.

Droit des expatriés

Selon les Nations unies, environ 1,2 million de citoyens britanniques vivent dans un pays de l'UE, principalement en Espagne, Irlande, France, Allemagne et Italie.

Selon l'office britannique des statistiques, 2,9 millions de ressortissants des 27 pays de l'UE vivent au Royaume-Uni, soit quelque 4,6% de la population.

En vertu de l'accord de retrait, les expatriés installés de part et d'autre de la Manche avant la fin de la période de transition conserveront leurs droits de résider et de travailler dans leur pays d'accueil.

Les citoyens européens résidant au Royaume-Uni doivent s'enregistrer pour bénéficier de ces droits. Pour les Britanniques vivant dans l'UE, les procédures diffèrent d'un pays à l'autre.

La liberté de circulation s'appliquera jusqu'à fin décembre 2020. Les détails des droits réciproques seront négociés après le Brexit.

Les inquiétudes irlandaises

Crainte des contrôles aux frontières

En Irlande du Nord, c'est d'ab

Des manifestants pro et anti-Brexit devant le Parlement de Londres, le 31 janvier 2020. [Andy Rain - EPA/Keystone]Andy Rain - EPA/Keystone
Quels sont les doutes et les espoirs des Britanniques pour l'après-Brexit? / Forum / 14 min. / le 31 janvier 2020
ord le risque de voir un retour des contrôles à la frontière entre l'Ulster et la République d'Irlande qui cristallise les tensions.

La frontière entre la République d'Irlande, membre de l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord a été l'un des points les plus délicats des négociations. Un retour à une séparation physique entre les deux pays aurait mis en péril les accords de paix du Vendredi Saint, qui ont mis fin en 1998 à 30 ans de conflit armé entre nationalistes et unionistes. Boris Johnson a finalement trouvé une solution de dernière minute pour éviter un tel scénario, en sortant la totalité du Royaume-Uni de l'Union douanière européenne après la période de transition. Exit la clause du "backstop" proposée par Bruxelles.

>> Regarder le discours du Premier ministre irlandais Leo Varadkar, qui se dit confiant:

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar se dit confiant [RTS]
Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar se dit confiant / L'actu en vidéo / 1 min. / le 31 janvier 2020

Un sursis jusqu'en 2021

Si rien ne va changer pendant la période de transition qui débutera après le Brexit et s'achèvera à la fin de l'année, à partir de 2021, l'Irlande du nord sera soumise à un double régime fiscal. C'est le résultat du compromis trouvé par Boris Johnson avec Bruxelles.

Les marchandises arrivant en Irlande du Nord en provenance de pays non membres de l'UE et destinées à rester au Royaume-Uni seront ainsi soumises aux règlementations britanniques.  Celles qui sont au final destinées à l'Union européenne, via l'Irlande, Etat membre, seront toutefois soumises aux règles européennes.

Des modalités encore floues

Si les modalités du futur système restent floues, "les entreprises sont inquiètes du fardeau que cela va représenter et du long processus pour se plier aux régulations", remarque Roger Pollen, l'un des responsables de la fédération des petites entreprises d'Irlande du Nord.

>> Reportage sur la frontière où l'inquiétude se fait sentir

Les Nord-Irlandais craignent un retour à une frontière marquée entre les deux Irlandes (vidéo) [RTS]
Les Nord-Irlandais craignent un retour à une frontière marquée entre les deux Irlandes (vidéo) / La Matinale / 3 min. / le 31 janvier 2020

>> A Dundalk, principal point de passage entre les deux Irlande

Bruxelles et Londres se sont engagés à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. [Mariusz Smiejek - DPA/AFP]Mariusz Smiejek - DPA/AFP
Brexit: les conséquences incertaines sur la frontière entre les deux Irlandes / Le 12h30 / 2 min. / le 30 janvier 2020

Risque de dislocation du Royaume-Uni

L'Ecosse reste europhile

Le vote a aussi illustré une montée du nationalisme anglais avec le risque inhérent d'une potentielle dislocation du Royaume-Uni: tandis que l'Angleterre et le pays de Galles votaient majoritairement pour le Brexit, l'Ecosse et l'Irlande du Nord rejetaient largement cette perspective.

>> Lire aussi: "L'Irlande du Nord et l'Ecosse risquent de quitter le Royaume-Uni"

Le drapeau européen devait être baissé devant le Parlement écossais vendredi à l'heure du Brexit. C'était sans compter sur la bravade des élus locaux, qui ont voté mercredi pour le laisser flotter.

L'Ecosse avait voté à 62% contre la sortie du Royaume-Uni de l'UE lors du référendum de juin 2016, à contre-courant des résultats au niveau national, les Britanniques ayant validé le Brexit avec 52% des voix. Dans l'europhile Ecosse, le Brexit a ravivé les velléités de référendum sur l'indépendance.

>> Le reportage du 19h30 sur les vélléités indépendantistes de l'Ecosse

Les Ecossais rêvent de retourner en Europe sous la forme d'un pays indépendant. [RTS]
Les Ecossais rêvent de retourner en Europe sous la forme d'un pays indépendant. / 19h30 / 2 min. / le 30 janvier 2020

Traité ratifié à Bruxelles

Un instant chargé en émotions

Deux jours avant le Brexit, le Parlement européen a ratifié mercredi à une écrasante majorité le traité de retrait du Royaume-Uni de l'UE et fait des adieux émus aux députés britanniques sur l'air de "Ce n'est qu'un au revoir".

>> Lire aussi: Le Parlement européen ratifie à une large majorité l'accord sur le Brexit

Nombre d'élus se sont donné la main dans l'hémicycle et ont entonné le chant écossais "Auld Lang Syne" (Ce n'est qu'un au revoir), certains brandissant des écharpes aux couleurs des drapeaux britannique et européen.

brexit [RTS]
Des députés entonnent le chant écossais "Auld Lang Syne" (Ce n'est qu'un au revoir) lors de la ratification par le Parlement européen du traité de retrait du Royaume-Uni de l'UE / L'actu en vidéo / 26 sec. / le 30 janvier 2020

Le débat a aussi été l'occasion d'un dernier coup d'éclat pour le chef de file du Brexit Party, Nigel Farage, qui a célébré une victoire du "populisme" sur la globalisation, avant d'agiter avec ses collègues des Union Jack, en violation des règles du Parlement.

Il s'agissait de la dernière étape majeure dans la ratification de l'accord, trois ans et demi après le référendum sur le Brexit et près d'un demi-siècle après l'adhésion du Royaume-Uni.

>> "Un tourbillon d'émotions" au Parlement européen

Isabelle Ory: "On a vu un tourbillon d'émotions. C'était rare de voir cela. Il y a une inquiétude, certains ne s'en cachent pas." [RTS]
Isabelle Ory: "On a vu un tourbillon d'émotions. C'était rare de voir cela. Il y a une inquiétude, certains ne s'en cachent pas." / 19h30 / 1 min. / le 29 janvier 2020

>> Le reportage sur la dernière semaine des élus britanniques au Parlement européen

Dernière semaine pour les 73 élus britanniques au Parlement européen. [RTS]
Dernière semaine pour les 73 élus britanniques au Parlement européen. / 19h30 / 2 min. / le 29 janvier 2020

Nigel Farage

L'homme du Brexit

Le Brexit est intimement lié à Nigel Farage. Il a fait de la sortie de l'UE son cheval de bataille, en faisant ardemment campagne pour le "Leave" lors du référendum de 2016, puis en créant le Parti du Brexit trois ans plus tard face au blocage du dossier au Parlement.

Avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE, Nigel Farage voit enfin son rêve se réaliser. "Ca fait 20 ans que j'essayais de perdre mon emploi", s'est amusé mercredi l'eurodéputé à Bruxelles.

L'ancien trader de 55 ans, qui anime une émission de radio sur LBC, a annoncé sur Twitter rejoindre le magazine américain Newsweek, consacrant sa première tribune à la vague populiste qui selon lui "ne fait que commencer".

"La Suisse comme source d'inspiration"

Dans une interview accordée à la RTS, le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage, affirme que "la Suisse a été une source d'inspiration" pour le Royaume-Uni.

"La Suisse a réussi à maintenir sa souveraineté, son indépendance et à passer des accords sectoriels avec l’UE. Notre modèle sera un peu différent. La plupart des citoyens européens veulent du bon voisinage, du commerce, de la coopération. Vous y êtes arrivés, sans intégrer l’UE, la Norvège aussi. Et vous savez quoi? Nous allons faire encore mieux", assure-t-il.

>> Retrouvez l'interview complète de Nigel Farage dans La Matinale

Nigel Farage, leader du Brexit Party au Royaume-Uni. [Kirsty Wigglesworth - AP Photo/Keystone]Kirsty Wigglesworth - AP Photo/Keystone
Nigel Farage, l'homme sans qui le Brexit n'aurait pas eu lieu / La Matinale / 3 min. / le 17 janvier 2020

Un accord après 3 ans et demi de crise

Le référendum sur le Brexit remontait à 2016

Arrivé fin juillet 2019 à la tête du gouvernement, Boris Johnson a réussi là où sa prédécesseure Theresa May, quittant Downing street les larmes aux yeux après trois rejets de son accord de Brexit au Parlement, a échoué.

Les Britanniques avaient voté pour que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne lors d'un référendum le 23 juin 2016.

>> Lire: Les députés britanniques approuvent définitivement l'accord de Brexit

Après avoir renégocié le texte avec Bruxelles, incluant une nouvelle solution pour éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande, l'ancien maire de Londres est finalement parvenu à faire adopter la loi qui mettra en oeuvre le Brexit. Et ce grâce à la très large majorité, inédite pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher, qu'il s'est assurée aux élections de décembre.

>> Revoir le sujet du 19h30 du 24 mai 2019 sur la démission de Theresa May

La Première ministre britannique Theresa May a présenté sa démission [RTS]
La Première ministre britannique Theresa May a présenté sa démission / 19h30 / 2 min. / le 24 mai 2019