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"Si vous taisez la propagation du virus, vous serez cloués au pilori"

Le virus apparu en Chine serait transmissible entre humains. [Str - Keystone]
Selon un expert de la santé, le virus apparu en Chine est transmissible / La Matinale / 1 min. / le 21 janvier 2020
En Chine, le bilan du virus pulmonaire de la famille du Sras passe mardi à six victimes. Alors que les autorités parlaient jusqu'ici de risques de contagion limités, une transmission entre humains semble se confirmer. Pékin veut contenir la maladie et appelle à la transparence.

"Si vous taisez la propagation du virus, vous serez cloués au pilori de la honte pour l’éternité!": le Parti communiste a publié mardi une note visant à mettre en garde les cadres du pays. Le président Xi Jinping l'a aussi souligné: "la santé de la population doit être au coeur des priorités".

Ces prises de position du gouvernement sont une reconnaissance sans détours de la crise sanitaire et des risques accrus de contagion à la veille du Nouvel An chinois. A cette période de l'année, des centaines de millions de Chinois rentrent chez eux à travers tout le pays.

Le gouvernement a annoncé mardi qu'il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras, le syndrome respiratoire aigu, qui avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. Cette stratégie ouverte de communication tranche radicalement avec la gestion de l'épidémie en 2003. A cette époque, les autorités avaient dissimulé la gravité de la situation.

Le virus est transmissible

Zhong Nanshan, un scientifique chinois renommé de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir à la télévision publique CCTV que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'est la première fois qu'une telle affirmation est faite publiquement.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère).

Des messages de prévention des autorités circulent dorénavant pour tenter de contenir l'épidémie. Pékin incite sa population à porter un masque, éviter les foules, et se laver les mains fréquemment.

Premier cas suspect en Australie

L'épidémie touche désormais plusieurs grandes villes chinoises dont Pékin et Shanghai. Dans tout le pays, plus de 200 contaminations ont été recensées. Le Japon, la Corée du Sud et la Thaïlande sont aussi concernés.

Un homme rentrant de Chine et présentant les symptômes du virus a été placé à l'isolement à son domicile en Australie. Les autorités ont annoncé qu'elles procéderont dès jeudi à un contrôle médical renforcé des voyageurs en provenance de Wuhan, ville de 11 millions d'habitants où le virus a fait son apparition en décembre.

Réunion d'urgence de l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé tiendra mercredi à Genève une réunion d'urgence. Un comité ad hoc doit se réunir au siège de l'organisation pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale", a annoncé lundi l'organisation.

En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel an chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président Xi Jinping a donné lundi le signal d'une mobilisation du pays pour enrayer l'épidémie.

agences/mp/ani

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