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Le maréchal Haftar quitte Moscou sans signer le cessez-le-feu libyen

Le maréchal Khalifa Haftar a refusé le cessez-le-feu proposé par Ankara et Moscou. [Ivan Sekretarev - AP Photo]
Après le semi-échec des pourparlers à Moscou, une nouvelle réunion pour la paix en Libye aura lieu dimanche en Allemagne / Le Journal horaire / 21 sec. / le 14 janvier 2020
L'homme fort de l'est de la Libye Khalifa Haftar, qui combat le gouvernement reconnu par l'ONU, a quitté Moscou sans signer la trêve paraphée par son rival, a indiqué mardi la diplomatie russe. Les grandes puissances se retrouveront dimanche à Berlin pour tenter de consolider le cessez-le-feu.

Le maréchal Haftar avait demandé lundi soir un délai de réflexion jusqu'à mardi matin avant de signer l'accord formel de cessez-le-feu accepté par son rival, Fayez al-Sarraj, mais il est finalement parti de Moscou sans apposer sa signature sur le document négocié sous l'égide d'Ankara et Moscou, a dit à l'AFP la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

>> Lire : Les deux rivaux libyens à Moscou pour signer les modalités du cessez-le-feu

Les troupes des deux camps s'affrontent dans des combats meurtriers aux portes de Tripoli depuis neuf mois, l'homme fort de l'Est espérant conquérir militairement la capitale.

Influences russes et turques

Les parties ont semblé néanmoins jusqu'ici respecter depuis dimanche le cessez-le-feu décidé le 8 janvier par les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, témoignant de leur influence respective sur le chaos libyen.

Ankara soutient Sarraj et déploie même pour ce faire des militaires tandis que Moscou, malgré ses dénégations, est soupçonné d'appuyer Haftar avec des armes, de l'argent et des mercenaires.

Déjà 150'000 déplacés

Depuis le début de l'offensive des pro-Haftar sur Tripoli, plus de 280 civils ont été tués, ainsi que quelque 2'000 combattants, estime l'ONU. Près de 150'000 Libyens ont en outre été déplacés.

agences/asch/vic

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Conférence agendée dimanche

Une conférence internationale sur la Libye sera organisée dimanche 19 janvier à Berlin sous l'égide de l'ONU pour tenter de créer les conditions d'un processus de paix, a annoncé le gouvernement allemand mardi.

Plusieurs pays y seront représentés, dont la Russie, la Turquie, les Etats-Unis, la Chine ou encore l'Italie et la France, mais un doute plane encore sur la participation des deux belligérants directs sur le terrain, le maréchal libyen Haftar et Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement reconnu par l'ONU (GNA), tous deux invités mais dont la présence n'est pas à ce stade confirmée.

Engagement à ne pas livrer d'armes aux bélligérants

Cette rencontre se déroulera à la chancellerie allemande et aura notamment pour objectif d'aider la Libye à "régler ses problèmes sans influences étrangères" et à "réduire les interventions extérieures", décrypte une source proche des discussions. Selon des médias allemands, elle pourrait déboucher sur un engagement des participants à ne pas livrer d'armes au belligérants pour soutenir la fragile trêve en cours.

La Russie calme le jeu, Erdogan menace

La Russie va poursuivre ses efforts en vue d'un accord de trêve en Libye, a annoncé mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

"Hier (lundi) à Moscou a eu lieu une rencontre des parties libyennes avec la participation des ministres de la défense et des Affaires étrangères de Russie et de Turquie et nous allons poursuivre nos efforts dans cette direction. Pour l'instant, aucun résultat définitif n'a été atteint", a indiqué Sergueï Lavrov lors d'un voyage au Sri Lanka.

"Infliger au putschiste Haftar la leçon qu'il mérite"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, de son côté, a menacé mardi "d'infliger une leçon" au maréchal Khalifa Haftar s'il reprenait ses attaques contre le gouvernement de Tripoli.

"Nous n'hésiterons jamais à infliger au putschiste Haftar la leçon qu'il mérite s'il poursuit ses attaques contre l'administration légitime et contre nos frères en Libye", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours devant les députés de son parti.