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Les autoroutes italiennes épinglées plus d'un an après le drame de Gênes

Le pont Morandi s'est effondré le 14 août 2018. [Luca Zennaro - Keystone]
Les autoroutes italiennes visées par un rapport / Le Journal horaire / 1 min. / le 24 décembre 2019
Plus d'un an après l'écroulement du pont Morandi à Gênes, la cour des comptes italienne présente un rapport cinglant sur la gestion des autoroutes. Un manque notable d'investissements et de travaux d'entretien est mis en lumière.

Il s'agit d'un véritable acte d'accusation à l'adresse des 22 sociétés autoroutières du pays. Le rapport dénonce noir sur blanc "le sacrifice de l'intérêt public au profit du secteur privé".

Il est notamment reproché aux concessionnaires d'autoroutes, dont Autostrade per l'Italia, qui gérait le tronçon du pont Morandi où 43 personnes ont perdu la vie en août 2018, d'avoir augmenté considérablement les tarifs aux péages et donc d'avoir réalisé de substantiels profits. Tout cela sans avoir pour autant assuré l'entretien et la sécurité du réseau, car les investissements ont diminué de moitié en cinq ans.

Manque de contrôles

La cour des comptes dénonce également le manque criant de contrôles, faute de personnel, et plus généralement l'opacité du système avec des concessions octroyées sans appel d'offre, en violation des normes nationales et européennes.

En réaction, l'actuel gouvernement n'exclut pas à l'avenir de nationaliser les autoroutes en cas de graves manquements des sociétés à leurs obligations.

Rome a déjà menacé Autostrade per l'Italia de révoquer sa concession sur le tronçon incluant le pont de Gênes et de remettre en question ses autres concessions en Italie, l'accusant d'avoir violé ses obligations d'entretien.

Les Benetton sous le feu des critiques

Le 1er décembre dernier, Luciano Benetton a dénoncé dans une lettre à plusieurs journaux "une campagne contre sa famille", menée selon lui depuis l'effondrement du pont de Gênes. Les Benetton sont actionnaires à 30% du groupe Atlantia, qui lui-même contrôle Autostrade per l'Italia.

"Je juge nécessaire de clarifier un grand malentendu: aucun membre de la famille Benetton n'a jamais géré Autostrade" per l'Italia, écrit Luciano Benetton, 84 ans, dans une lettre où il demande "non pas de l'indulgence" mais "du sérieux".

Pour Luciano Benetton, la famille a toutefois une responsabilité, qu'elle assume "en ayant contribué à choisir un management qui s'est montré inadéquat, un management qui avait les pleins pouvoirs et la confiance totale des actionnaires".

Eric Jozsef/gma

>> Relire notre grand format consacré à l'enquête sur le pont Morandi: A peine 25'000 francs étaient injectés chaque année dans le pont de Gênes

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