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Un accord a minima a été adopté à l'issue de la COP25 à Madrid

COP25: adoption d'un accord a minima à Madrid, loin de répondre à l'urgence climatique [RTS]
COP25: adoption d'un accord a minima à Madrid, loin de répondre à l'urgence climatique / 19h30 / 2 min. / le 15 décembre 2019
Après de longues négociations, les quelque 200 pays signataires de l'accord de Paris se sont réunis dimanche matin pour finalement adopter un accord minimal à la COP25. Ils ont ainsi évité un naufrage de cette Conférence de l'ONU sur le climat.

C'est un accord peu ambitieux qui a été arraché en séance publique à Madrid. Les Etats ont notamment échoué à avancer quant aux règles de mise en œuvre de l'article 6 de l'accord de Paris sur les mécanismes de marché de crédit carbone.

Ces négociations sont donc reportées à la COP26, l'an prochain à Glasgow.

Malgré deux nuits consécutives de négociations intenses, il s'est avéré impossible de dégager une position acceptable par tout le monde, comme ce fut déjà le cas l'an passé à Katowice. La COP25, qui avait débuté le 2 décembre et devait se terminer vendredi, a d'ailleurs battu des records de durée. Elle évite finalement le naufrage de justesse.

>> La réaction de Roger Nordmann, conseiller national (PS/VD) membre de la commission de l'Environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie:

La COP25 se termine dimanche 15 décembre 2019.  [FERNANDO VILLAR - EPA/Keystone]FERNANDO VILLAR - EPA/Keystone
Un accord a minima a été adopté à l'issue de la COP25 à Madrid / Forum / 4 min. / le 15 décembre 2019

Crédits carbone

Aussi techniques qu'elles soient, ces modalités de mise en oeuvre sont essentielles car des marchés reposant sur des règles trop floues ou trop laxistes pourraient saper l'ensemble de l'accord de Paris, dont l'objectif est de contenir la hausse du mercure bien en deçà de 2 degrés et si possible à 1,5 degré.

Schématiquement, les mécanismes de marché permettent notamment à un pays A d'acheter des crédits carbone découlant d'un projet de réduction d'émissions de CO2 dans un pays B et de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs climatiques.

Les Etats les plus soucieux de l'intégrité de l'accord de Paris et l'Union européenne entendaient mettre en place une architecture solide qui permette d'éviter les doubles comptages (qui verraient à la fois le pays A et le pays B comptabiliser les crédits carbone liés au même projet, ce que défend presque seul contre tous le Brésil) et contribue in fine à augmenter les efforts, tout en réduisant leurs coûts, de réduction des émissions de CO2.

Antonio Guterres et la Suisse déçus

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "déçu" par la COP 25, regrettant "une importante occasion ratée" après l'adoption par la conférence d'un accord a minima sur le climat.

"La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande, en matière d'atténuation, d'adaptation et de financement face à la crise climatique", a-t-il déploré. "Nous ne devons pas abandonner", a-t-il ajouté.

La Suisse "regrette" elle qu'aucune règle relative aux mécanismes de marché permettant d'exclure un double comptage des réductions d'émissions réalisées à l’étranger n'ait pu être adoptée. Berne entend s'engager, avec d'autres Etats partenaires, en faveur d'une réglementation du marché "ambitieuse".

"Durant la COP25, la Suisse s'est engagée en faveur de l'établissement de règles concrètes, permettant de garantir une mise en œuvre efficace de l'Accord de Paris", affirme le négociateur suisse Franz Perrez, cité dans un communiqué de l'Office fédéral de l'environnement.

afp/boi

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"Conférence pour rien", dit Greenpeace

C'est un échec, une conférence de l'ONU pour rien, a réagi Greenpeace Suisse. "Malgré des mobilisations sans précédent de la part de la société civile et un constat scientifique très clair, la communauté internationale, et avec elle la Suisse, échoue à aller de l'avant à la COP25 de Madrid", écrit l'organisation. "On ne sait toujours pas si et comment les pays vont combler l'énorme écart par rapport à l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C", s'inquiète l'ONG.

"Rarement l'emprise du secteur des énergies fossiles n'a été aussi visible que lors de cette COP25. Les belles intentions ne suffiront pas pour sortir de la crise climatique", critique l'organisation. "Les lacunes des règles d'application de l'accord de Paris ne sont pas réglées", constate-t-elle.