Modifié le 15 décembre 2019 à 08:16

Le père de la réforme des retraites en France suspecté de conflits d'intérêts

Jean-Paul Delevoye s'exprime devant l'Assemblée nationale à Paris, ce 10 décembre 2019.
Jean-Paul Delevoye, père de la réforme des retraites en France, soupçonné de conflits d'intérêts Le Journal horaire / 1 min. / le 15 décembre 2019
L'artisan de la réforme des retraites en France, Jean-Paul Delevoye, a reconnu samedi avoir exercé 13 mandats d'administrateur dans diverses fondations et organismes en plus de ses fonctions gouvernementales.

Le haut-commissaire aux retraites, soupçonné de conflits d'intérêts après des oublis dans sa déclaration d'intérêts, a rectifié ce document en déclarant 13 mandats, dont 11 bénévoles, soit dix de plus que dans la version initiale, selon le journal Le Monde.

Regrettant une "erreur" qu'il estime avoir "réparée", Jean-Paul Delevoye déclare dans un entretien au quotidien qu'il veut "continuer à défendre et soutenir ce projet (de réforme des retraites) dans le souci du dialogue social et dans une démarche d'apaisement de notre société".

Epreuve de force

Jean-Paul Delevoye est le père du projet gouvernemental qui vise, entre autres, à remplacer les 42 régimes de retraite existants en France par un régime universel à points et à instaurer un "âge d'équilibre" à 64 ans en dessous duquel on ne touchera pas sa pension pleine.

Cette réforme est au coeur d'une épreuve de force entre le gouvernement du président Emmanuel Macron et les syndicats, avec une grève des transports publics qui se poursuit depuis le 5 décembre et qui menace de semer la pagaille dans le pays en pleines fêtes de fin d'année.

Fragilisé

Or, Jean-Paul Delevoye est fragilisé depuis début décembre par une série de révélations de presse concernant ses activités parallèles. Selon Le Monde, il a ainsi touché 78'408 euros net au titre d'un ancien poste de "conseiller du délégué général" du groupe de formation IGS, ainsi que 73'338 euros net en 2018 et 62'216 en 2019 en tant que président d'honneur de Parallaxe, un groupe de réflexion sur les assurances.

La Constitution française interdit aux membres du gouvernement d'exercer "toute activité professionnelle" parallèlement à leurs fonctions officielles.

Face à la polémique, Jean-Paul Delevoye a quitté ses fonctions controversées, mais pas son poste de haut-commissaire, et s'est engagé à rembourser les sommes perçues.

Il a reçu samedi le soutien du Premier ministre. Sa "bonne foi est totale", a estimé Edouard Philippe, écartant une possible démission, évoquée par l'intéressé lui-même pour "préserver" sa réforme.

agences/pym

Publié le 15 décembre 2019 à 04:18 - Modifié le 15 décembre 2019 à 08:16