Modifié le 02 décembre 2019 à 21:27

"A mon avis, la Chine demeurera une dictature durant les 20 ou 30 années qui viennent"

Hong Kong: les précisions de Jean-Pierre Cabestan, professeur à l'Université baptiste de Hong Kong
Hong Kong: les précisions de Jean-Pierre Cabestan, professeur à l'Université baptiste de Hong Kong 19h30 / 2 min. / le 02 décembre 2019
Jean-Pierre Cabestan est professeur à l'université baptiste de Hong Kong. Invité sur le plateau du 19h30, il estime qu'il sera difficile pour le mouvement contestataire d'obtenir une véritable démocratie.

Les liens se sont tendus entre la Chine et les Etats-Unis après que les Américains ont adopté une loi de soutien aux manifestants pro-démocratie. De leur côté, les protestataires sont une nouvelle fois descendus dans les rues de Hong Kong dimanche.

Jean-Pierre Cabestan est professeur à l'université baptiste à Hong Kong. Invité du 19h30, il estime que les protestataires ne sont pas des indépendantistes.

"Je ne pense pas que le mouvement de protestation soit favorable à l'indépendance de Hong Kong", dit-il. "Ce que souhaite la majorité des Hongkongais, c'est protéger leur liberté, leur système politique - qui est pour l'instant semi-démocratique - et surtout faire en sorte que Pékin remplisse la promesse qu'il a faite lors de la signature de l'accord sino-britannique de 1984 de donner à Hong Kong des institutions totalement démocratiques. Jusqu'à maintenant, Pékin a refusé d'accorder à Hong Kong cette démocratie complète. Or les Hongkongais voudraient pouvoir élire leurs représentants au Parlement, ainsi que le chef de l'Exécutif qui est actuellement Carrie Lam."

"Pékin a déjà reculé deux fois"

Jean-Pierre Cabestan estime cependant qu'il sera difficile de faire reculer la Chine. "C'est un pays puissant avec un gouvernement de plus en plus centralisé autour de la personnalité de Xi Jinping. Mais ce n'est pas impossible puisque Pékin a déjà reculé par deux fois. D'abord en suspendant la loi d'extradition qui était à l'origine de ce mouvement, puis en acceptant de retirer ce projet de loi en septembre. Mais maintenant, le mouvement demande davantage. Il veut d'abord la mise en place d'une commission indépendante sur les brutalités policières qui ont été commises au cours du mouvement, puis la réforme électorale qui permettrait la mise en place d'une véritable démocratie."

"Je n'y crois qu'à moitié", conclut le professeur. "Tant qu'un parti unique présidera à la destinée du pays, ce sera difficile qu'une démocratie pleine et entière puisse fleurir au sein de la République populaire de Chine. A mon avis, le pays demeurera une dictature durant les 20 ou 30 années qui viennent, mais à terme  les Chinois en auront assez d'être dirigés par un parti unique."

jc

Publié le 02 décembre 2019 à 21:23 - Modifié le 02 décembre 2019 à 21:27