Modifié le 07 novembre 2019 à 17:59

"Il y avait des cris de panique", livre la Valaisanne poignardée en Jordanie

Une attaque au couteau a eu lieu sur le site de Jerash.
Une attaque au couteau a eu lieu sur le site de Jerash. [Ahmad Abdo - AFP]
Une Valaisanne de 32 ans a été blessée mercredi lors d'une attaque au couteau à Jerash, célèbre site archéologique de Jordanie. Interviewée par la RTS jeudi, elle rassure sur sa santé et raconte cette agression "impressionnante".

"Je marchais tranquillement avec mon compagnon, on était en train de sortir du site touristique. J'ai alors remarqué un jeune garçon, la vingtaine, avec un pull à capuche noir un peu bizarre. D'un coup, il s'est levé et a commencé à poignarder un groupe de cinq ou six personnes", livre Sabrina, qui était en vacances en Jordanie depuis près de trois semaines.

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"Je n'ai pas compris tout de suite, je pensais que c'étaient des Jordaniens qui se battaient. Ensuite, on a commencé à courir. Le jeune garçon est arrivé vers moi et m'a donné un coup de poignard sur le côté. Je ne l'ai pas senti tout de suite. Puis, en courant, j'ai senti que c'était chaud et j'ai su que j'avais été touchée", raconte la Suissesse.

Blessure superficielle

"Il y avait des cris de panique. Le garçon, lui, n’a rien dit. Il avait l’air déterminé et avait la rage. C’était très impressionnant. Sa lame n’était pas celle d'un couteau suisse, elle faisait une quinzaine de centimètres", décrit la jeune femme.

Sabrina a ensuite été prise en charge par les secours à Jerash, puis a été transférée à l'hôpital d'Amman, la capitale. Elle a reçu deux points de suture pour sa blessure. "Aujourd'hui, je me sens bien. Ma blessure est superficielle. Je n’ai pas du tout de haine envers les Jordaniens. Je ne mets pas ça sur quelque chose de djihadiste ou de religieux. Cela peut arriver n’importe où", assure-t-elle.

Mobile inconnu

Sept autres personnes ont été blessées durant l'attaque. Une touriste mexicaine se trouve notamment dans un état grave. Le mobile de l'assaillant, immédiatement arrêté par les forces de l'ordre, reste inconnu.

Une source au sein des services de sécurité a indiqué sous couvert d'anonymat que l'assaillant "vient du camp de réfugiés palestiniens de Souf, il a 22 ans". Le camp de Souf, situé non loin du site archéologique, a été établi en 1967 pour accueillir les Palestiniens fuyant la Cisjordanie et la bande de Gaza durant la guerre des Six-Jours avec Israël.

"On n’a eu aucun sentiment d’insécurité avant l’attaque. Une fois que je serai sortie de l’hôpital, je ne pense pas que j’en éprouverai non plus. Mais il y aura un choc psychologique", reconnaît Sabrina.

Propos recueillis par Laurent Burkhalter

Adaptation web: Guillaume Martinez

Publié le 07 novembre 2019 à 17:39 - Modifié le 07 novembre 2019 à 17:59