Modifié le 06 novembre 2019 à 14:34

A la rencontre des Karipuna, inquiets pour leur avenir en Amazonie

Brésil: les tribus indiennes sont menacées par les trafiquants de bois
Brésil: les tribus indiennes sont menacées par les trafiquants de bois 19h30 / 3 min. / le 05 novembre 2019
La tribu indigène des Karipuna, installée dans le nord-ouest du Brésil, a déjà failli disparaître plusieurs fois. Mais cette année, la menace a encore grimpé d'un cran, a pu constater le 19h30 qui s'est rendu sur place.

La saison des pluies commence en ce début novembre dans l'Etat de Rondônia, l'une des régions les plus touchées par les feux cet été. Dans le village de Panorama, où vit le peuple Karipuna, les effets de la déforestation en cours sont omniprésents.

"On pouvait entendre les tronçonneuses. Ils sont arrivés très très près de chez nous", raconte André Karipuna. Et de préciser: "Ils étaient à 30 minutes ou une heure de marche".

André Karipuna chef tribun indigène Karipuna Amazonie Brésil octobre 2019

On était prisonniers ici dans le village, comme encerclés

André Karipuna, chef de la tribu indigène

A 26 ans, André est le leader du peuple indigène installé dans cette zone protégée de la forêt amazonienne. "J'ai très peur parce que je suis constamment menacé. Ils disent vouloir la peau du chef et qu'après avoir réglé mon compte, ils viendraient ici pour en finir avec le village. Ils parlent d'exécuter tout le monde", s'inquiète-t-il. Aujourd'hui, les Karipuna - qui ne sont plus que 55 - estiment avoir perdu 80% de leur territoire.

Un combat politique

Les élevages bovins sur les terres conquises sur la forêt. Les élevages bovins sur les terres conquises sur la forêt. [Stephen Mossaz - RTS] La Constitution brésilienne prévoit pourtant que les peuples autochtones ont droit à des terres leur étant réservées, où toute exploration minière ou exploitation agricole non traditionnelle est interdite. Une disposition que Jair Bolsonaro, soutenu par le puissant lobby de l'agro-négoce, tente d'annuler depuis son arrivée au pouvoir.

Bien qu'il ne soit pas arrivé à ses fins, la confiscation des terres s'est intensifiée ces derniers mois au Brésil. Bûcherons et éleveurs de bovins accroissent la pression sur les indigènes, profitant de l'allègement des contrôles et de la position de leur président qui préconise l'exploitation commerciale des zones protégées.

Le débat autour de la protection des terres indigènes a connu un nouveau rebondissement ces derniers jours avec la mort de Paulo Paulino, un défenseur de la forêt amazonienne, dans une embuscade tendue par des trafiquants de bois dans le nord-est du Brésil. Reste à savoir si les appels à arrêter ce que certaines ONG qualifient de génocide" seront entendus.

>> Les précisions de Stephen Mossaz dans le 19h30:

Amazonie et déforestation: de retour du Brésil, Stephen Mossaz explique les enjeux
19h30 - Publié le 05 novembre 2019

Reportage de Stephen Mossaz, au Brésil/jgal

Publié le 05 novembre 2019 à 21:27 - Modifié le 06 novembre 2019 à 14:34

Porto Velho, capitale de Rondônia