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A Rome, le nationaliste Matteo Salvini repart à "l'assaut du pouvoir"

Matteo Salvini, le 19 octobre 2019. [Andrew Medichini - AP Photo/Keystone]
Matteo Salvini rassemble ses supporters à Rome pour un grand rassemblement contre le gouvernement / Forum / 3 min. / le 19 octobre 2019
Le leader souverainiste italien Matteo Salvini a tenu samedi à Rome un grand rassemblement contre le gouvernement ayant attiré des dizaines de milliers de personnes et qu'il a présenté comme "l'acte fondateur" de sa reconquête du pouvoir.

"Nous avions raison d'abandonner ce gouvernement", a déclaré Matteo Salvini, après des interventions de plusieurs dirigeants d'extrême droite ainsi que de l'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi.

"Je veux vivre dans un pays libre, où on peut gouverner sans attendre un appel téléphonique de la chancelière allemande Angela Merkel ou du président français Emmanuel Macron", a ajouté le chef de la Ligue devant la foule massée sur une place de la capitale italienne.

L'évènement a rassemblé quelque 200'000 personnes, selon les organisateurs. Huit trains spéciaux et plusieurs centaines d'autocars ont acheminé les partisans de l'ex-ministre de l'Intérieur venus des quatre coins du pays.

Contester la légitimité du gouvernement

Premier grand meeting national depuis que Matteo Salvini a provoqué en plein coeur de l'été l'éclatement de la majorité que La Ligue formait avec le Mouvement 5 Etoiles, ce rassemblement visait d'abord à contester la légitimité du nouveau gouvernement réunissant les mêmes "Cinq Etoiles" et le Parti démocrate (PD, gauche).

En provoquant la chute de l'exécutif dont il était l'homme fort et le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini espérait provoquer des élections législatives anticipées et prendre la tête du pays, avec les quelque 38% que lui donnaient les sondages à l'époque. Mais sa stratégie ayant échoué, il a dû quitter le pouvoir.

Son parti navigue aujourd'hui entre 30% et 33% des intentions de vote et reste le premier du pays, le M5S et le Parti démocrate oscillant chacun entre 18% et 20%, selon les sondages.

Dans l'espoir d'un retour aux urnes

L'événement se voulait aussi "l'acte fondateur d'un projet visant à élargir le parti à des forces différentes", en vu des prochaines échéances électorales. Matteo Salvini mise sur un épuisement du nouveau gouvernement dirigé par Giuseppe Conte.

Le souverainiste fait campagne pour un retour aux urnes au plus tôt, en tout cas avant la fin de la législature prévue pour 2023.

Silvio Berlusconi invité

Alors que la majorité cherche à modifier la loi électorale pour contrer sa stratégie visant à prendre seul les rênes du pays, Matteo Salvini cherche à unir sous sa houlette les partis de droite et d'extrême droite.

En août, il avait écarté l'idée d'une alliance avec Forza Italia, affirmant que la Ligue n'avait "besoin de rien ni de personne", mais samedi, il a changé de tactique et appelé à l'unité.

C'est pourquoi il a convié samedi Silvio Berlusconi, 83 ans, chef de Forza Italia (droite), qui semble ouvert à une telle alliance, ainsi que l'autre parti d'extrême droite "Frères d'Italie", deux formations créditées chacune d'environ 8% des intentions de vote.

"Nous sommes ici sur cette place car nous avons une grande responsabilité, répondre à l'appel de notre peuple à l'unité", a déclaré Silvio Berlusconi, décrivant l'actuel gouvernement comme "le plus à gauche" depuis la guerre.

afp/ther

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La ville de Rome dans le viseur

Outre ses ambitions nationales, Matteo Salvini veut aussi offrir à son camp Rome, aux mains des Cinq Etoiles depuis 2016, et a prévu de lancer samedi une pétition pour réclamer la démission de la maire de la capitale, Virginia Raggi, dont il attaque avec constance le bilan.

Elue triomphalement il y a trois ans, l'avocate de 41 ans est régulièrement critiquée par la presse et ses administrés pour ne pas avoir réglé les maux chroniques de Rome comme des transports publics défaillants ou une gestion calamiteuse des déchets.