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L'offensive turque continuera jusqu'à ce que ses "objectifs soient atteints"

Les Etats-Unis durcissent le ton contre la Turquie. Donald Trump semble prendre la mesure de l'instabilité et du chaos. [RTS]
Les Etats-Unis durcissent le ton contre la Turquie. Donald Trump semble prendre la mesure de l'instabilité et du chaos. / 12h45 / 1 min. / le 15 octobre 2019
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi que l'offensive turque dans le nord de la Syrie se poursuivrait jusqu'à ce que ses "objectifs soient atteints". Et cela en dépit des multiples appels à y mettre fin et des sanctions internationales.

"Nous allons poursuivre notre lutte (..) jusqu'à ce que nos objectifs soient atteints", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé depuis Bakou.

"Jusqu'à ce matin, nous avons libéré une zone de près de 1000 km2 des mains de l'organisation séparatiste terroriste", a ajouté le président turc, désignant les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), considérées comme "terroristes" par Ankara car liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Nous allons rapidement sécuriser la région allant de Minbej (nord-ouest de la Syrie) jusqu'à notre frontière avec l'Irak", a encore déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Avertissements et sanctions des Etats-Unis

Ces déclarations interviennent au lendemain d'un ferme avertissement du président américain Donald Trump, qui a durci le ton face à la Turquie, l'appelant à mettre fin à son opération militaire en Syrie, lancée le 8 octobre, et annonçant une série de sanctions.

>> Lire aussi: Trump sanctionne trois ministres turcs après l'offensive en Syrie

Donald Trump a signé un décret autorisant des sanctions contre d'actuels et anciens membres du gouvernement turc, texte qui permettra des saisies de biens et des interdictions d'entrée sur le territoire américain.

Sont notamment visés les ministres turcs de la Défense, de l'Energie, et de l'Intérieur, ainsi que l'ensemble de leurs services, a précisé le secrétaire américain au Trésor. Donald Trump a aussi annoncé le relèvement à 50% des droits de douane américains sur l'acier turc.

>> Interview d’Olivier Dorgans, avocat spécialiste des sanctions économiques, dans Forum:

Les sanctions économiques contre la Turquie: interview d’Olivier Dorgans [RTS]
Les sanctions économiques contre la Turquie: interview d’Olivier Dorgans / Forum (vidéo) / 5 min. / le 15 octobre 2019

Sanctions européennes, mais pas helvétiques

Les pays de l'Union européenne se sont eux entendus sur un régime de sanctions économiques à l'encontre de la Turquie pour ses forages gaziers dans les eaux territoriales de Chypre.

Ils se sont en revanche abstenus d'imposer un embargo à l'échelle de l'UE sur les exportations d'armes vers la Turquie, se contentant d'une limitation de ces livraisons d'armements. Plusieurs pays ont néanmoins choisi à leur niveau de suspendre leurs exportations d'armes à la Turquie, à l'image de la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

La Suisse n'a de son côté par pris de décision pour l'heure. Interrogé dans Forum, Ignazio Cassis indique que la Suisse reprend généralement les sanctions décidées à l'ONU par le Conseil de sécurité, ce qui n'est pas encore le cas. Elle peut aussi reprendre de manière facultative les sanctions de l'Union européenne, mais le Conseil fédéral n'a pas encore pris de décision.

La Chine a de son côté appelé la Turquie à stopper son intervention, disant redouter que cette action ne se traduise par l'évasion de "terroristes".

Vers une réunion à l'ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies va probablement se réunir à huis clos mercredi pour débattre des derniers événements survenus en Syrie, ont en outre indiqué des sources diplomatiques.

La session a été demandée par la Belgique, l'Allemagne, la France, la Pologne et le Royaume-Uni. Une première réunion jeudi, déjà demandée par les Européens à l'ONU, s'était soldée par des divisions du Conseil et une déclaration de ces seuls Européens réclamant l'arrêt de l'offensive turque.

>> Lire aussi: Kurdes de Syrie, pourquoi ils dérangent la Turquie

agences/boi

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Un soldat turc tué

Les forces kurdes opposent une résistance acharnée mardi dans la ville frontalière clé de Ras al-Aïn, au septième jour d'une offensive lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie, ayant provoqué des déplacements massifs de population et le départ d'ONG.

Un soldat turc a été tué par des obus depuis la région de Minbej, dans le nord de la Syrie, où de violents combats ont aussi opposé dans la nuit les forces d'Ankara à des combattants kurdes, a indiqué le ministère turc de la Défense.

Huit soldats ont en outre été blessés, a indiqué le ministère dans un communiqué, sans préciser où se trouvaient les militaires turcs au moment où ils ont été touchés. L'armée turque a répliqué en bombardant des positions des forces kurdes, selon le communiqué