Modifié le 09 octobre 2019 à 23:24

L'armée turque est entrée dans le nord-est syrien, annonce Ankara

L'armée turque a lancé son offensive aérienne contre les forces kurdes qui contrôlent le nord de la Syrie.
L'armée turque a lancé son offensive aérienne contre les forces kurdes qui contrôlent le nord de la Syrie. 19h30 / 1 min. / le 09 octobre 2019
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Après avoir bombardé plusieurs localités kurdes, l'armée commence son offensive au sol.

"Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l'opération "Source de paix" dans le nord de la Syrie", a déclaré Recep Tayyip Erdogan sur Twitter.

La Turquie entend créer une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie afin de permettre le retour de millions de réfugiés qu'elle a accueillis sur son territoire. Elle veut aussi éloigner la menace que constituent à ses yeux les Kurdes syriens, qu'elle considère comme des terroriste.

Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième que mène Ankara en Syrie depuis 2016.

Explosions signalées, blindés engagés

Un journaliste de la chaîne CNN Türk a signalé plusieurs fortes explosions à Ras al Aïn, dans le nord de la Syrie, ajoutant que des avions avaient survolé ce poste-frontière évacué lundi par les forces spéciales américaines, qui protégeaient jusqu'ici leurs alliés kurdes dans la région.

Au moins 15 personnes, dont 8 civils, ont été tuées mercredi au cours de l'offensive turque contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Après avoir mené des raids aériens, les militaires turcs ont initié la phase terrestre de l'offensive. Selon des médias du pays, des membres des forces spéciales turques et des blindés, appuyés par des combattants syriens, ont pénétré en Syrie sur au moins trois points de la frontière.

>> Jean-François Pérouse et Jérôme Gygax expliquent les conséquences d’une offensive turque en Syrie

Jean-François Pérouse et Jérôme Gygax expliquent les conséquences d’une offensive Turque en Syrie
Forum - Publié le 09 octobre 2019

Condamnation de la communauté internationale

La France a décidé de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat aux affaires européennes.

"La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni sont en train de finaliser une déclaration commune qui sera extrêmement claire sur le fait que nous condamnons très fortement et très fermement" l'intervention turque, a dit Amélie de Montchalin devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Du côté des Etats-Unis, l'influent sénateur républicain Lindsey Graham a déclaré que le Congrès fera payer "très cher" à la Turquie son offensive en Syrie.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a appelé mercredi la Turquie à la "retenue" dans son opération en Syrie et à ne "pas compromettre les succès réalisés" contre le groupe Etat islamique.

agences/asch

Publié le 09 octobre 2019 à 14:53 - Modifié le 09 octobre 2019 à 23:24

Les rebelles kurdes ripostent

Des combats opposent les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l'armée turque dans la zone frontalière du nord-est de la Syrie, rapporte un
représentant du mouvement rebelle dominé par les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG).

"Des affrontements ont lieu pratiquement tout le long de la frontière. Les FDS ripostent", a déclaré à Reuters Marvan Kamichlo.

L'armée turque a par ailleurs bombardé Kobané, selon Mustafa Bali, porte-parole du FDS, qui s'est exprimé sur Twitter.

Réunion d'urgence jeudi du Conseil de sécurité de l'ONU

Une réunion en urgence et à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU a été demandée pour jeudi matin par les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques.

Cette réunion a été réclamée par la Belgique, la France, l'Allemagne, la Pologne et le Royaume Uni. La rencontre, en fin de matinée, interviendra dans la foulée de consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la Colombie, selon les mêmes sources.