Modifié mardi à 21:48

Washington place sur liste noire des entités chinoises actives au Xinjiang

Au moins un million de musulmans, principalement de l'ethnie turcophone ouïghoure, ainsi que des Kazakhs, sont détenus dans des camps de rééducation politique dans le Xinjiang.
Washington place 28 organisations chinoises sur liste noire Le Journal horaire / 25 sec. / mardi à 04:00
Les Etats-Unis ont placé 28 organisations gouvernementales et commerciales chinoises sur liste noire. Ils leur reprochent d'être impliquées dans la répression des autorités visant notamment la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang (nord-ouest).

"Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas et ne toléreront pas la suppression brutale des minorités ethniques à travers la Chine", a justifié le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross. Ces organisations se voient privées d'importer des produits américains. Washington a ensuite également annoncé des restrictions dans l'octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois.

Les entités ciblées "ont toutes été impliquées dans la mise en place de la campagne chinoise de répression, de détention arbitraire et de surveillance de haute technologie", selon son ministère. Parmi les organisations concernées figurent la société spécialisée dans la vidéosurveillance Hikvision et les entreprises d'intelligence artificielle Megvii Technology et SenseTime, selon un document officiel qui doit être publié mercredi aux Etats-Unis.

Dans un article publié en avril, le New York Times affirmait que Pékin utilisait des caméras de reconnaissance faciale à des fins de "profilage racial", pour surveiller les Ouïghours.

"Prétexte" sur fond de guerre commerciale

Sans surprise, la réaction chinoise a été vive. "La Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue", a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, estimant qu'il n'y avait pas "de problèmes de droits de l'Homme" au Xinjiang, contrairement à ce qu'affirme Washington.

Alors que Washington et Pékin sont aux prises depuis un an et demi avec une guerre commerciale, Geng Shuang a accusé les Etats-Unis d'utiliser la question du Xinjiang "comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine". La décision américaine intervient d'ailleurs à quelques jours de la reprise des négociations commerciales entre Pékin et Washington, après plus de deux mois d'interruption.

Au printemps déjà, Huawei, numéro deux mondial des smartphones, avait été placé sur liste noire par l'administration Trump, dans ce contexte de guerre commerciale et de rivalité technologique et sur fond de soupçons d'espionnage au profit de la Chine. Le groupe chinois est menacé de perdre son accès à Android, le système d'exploitation américain qui équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde.

Détentions extrajudiciaires

Selon des organisations de défense des droits humains, plus d'un million de musulmans, principalement de l'ethnie turcophone ouïghoure, ainsi que des Kazakhs, sont détenus dans des camps de rééducation politique dans cette région du nord-ouest chinois.

Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" afin de lutter contre l'islamisme, le séparatisme et le terrorisme, le Xinjiang ayant été par le passé la cible d'attentats attribués aux Ouïghours.

agences/ani

Publié mardi à 16:45 - Modifié mardi à 21:48