Modifié le 03 octobre 2019 à 20:59

Un employé de la préfecture de police de Paris tue quatre de ses collègues

Quatre morts dans une attaque au couteau à la préfecture de police de Paris
Quatre morts dans une attaque au couteau à la préfecture de police de Paris L'actu en vidéo / 1 min. / le 03 octobre 2019
Quatre fonctionnaires, dont trois policiers, ont été tués jeudi à coups de couteau à l'intérieur de la préfecture de police de Paris. L'assaillant était un employé, ensuite abattu par les forces de l'ordre lors de cette attaque inédite venue du sein même de l'institution.

Agé de 45 ans, l'agresseur travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), au service informatique et souffrait de surdité. Le parquet antiterroriste n'a pas été saisi à ce stade et une enquête a été ouverte pour homicides volontaires, a indiqué sur place le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz.

Les enquêteurs explorent toutes les pistes, dont celle d'un conflit personnel, ont indiqué des sources concordantes. Une perquisition était toujours en cours jeudi soir à son domicile, a indiqué le procureur, et sa femme a été placée en garde à vue selon le parquet. Il "n'avait jamais présenté de difficultés comportementales" ni "le moindre signe d'alerte", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Né aux Antilles, l'assaillant s'était converti à l'islam il y a 18 mois, a précisé à l'Agence France-Presse (AFP) une source proche du dossier. Cet élément faisait encore jeudi soir l'objet de vérifications des enquêteurs, selon une autre source.

"Employé modèle, sans histoire"

L'agression s'est déroulée entre 12h30 et 13h00. "L'auteur présumé a commencé les faits dans son bureau puis il est sorti pour continuer son agression, dans d'autres endroits de la préfecture", a indiqué Loïc Travers, un responsable du syndicat Alliance police nationale, sur BFMTV. "Employé modèle, sans histoire", l'agresseur avait "plus de 20 ans de maison", selon lui.

"Ça courait partout, ça pleurait partout", a témoigné à l'AFP Emery Siamandi, interprète présent à l'intérieur de la préfecture au moment de l'attaque. "J'ai entendu un tir, j'ai compris que c'était à l'intérieur", raconte-t-il. "Quelques instants après, j'ai vu des policières qui pleuraient. Elles étaient en panique".

Le président français Emmanuel Macron s'est rendu sur place, venu "témoigner son soutien et sa solidarité à l'ensemble des personnels".

Malaise au sein de la police

Peu avant 14h00, un message d'alerte a été diffusé dans les hauts-parleurs du palais de justice de Paris, situé en face de la préfecture. "Une agression s'est produite à la préfecture de police. La situation est maîtrisée", le secteur "reste sous surveillance", mettait en garde le message.

"Voir un collègue s'en prendre à d'autres collègues, c'est du jamais vu de mémoire de policier", a commenté Denis Jacob, un responsable du syndicat Alternative police CFDT, sur BFMTV, qui a évoqué un contexte de "rupture du lien entre nous" et de "déshumanisation de l'institution". Cette agression meurtrière survient au lendemain d'une manifestation de milliers de policiers à Paris, pour une "marche de la colère", une mobilisation inédite depuis près de 20 ans.

ats/gma

Publié le 03 octobre 2019 à 14:47 - Modifié le 03 octobre 2019 à 20:59