Modifié le 03 octobre 2019 à 11:11

Les hommes du président Trump dans le viseur des démocrates du Congrès

Donald Trump est menacé par une procédure de destitution pour avoir demandé l'aide d'un gouvernement étranger dans la campagne présidentielle.
Les hommes du président Trump dans le viseur des élus démocrates du Congrès Le Journal horaire / 2 min. / le 02 octobre 2019
Alors que Donald Trump est soupçonné d'avoir demandé l'aide de l'Ukraine dans la campagne présidentielle, plusieurs personnages influents de son administration se retrouvent dans le collimateur des élus démocrates du Congrès.

Le président américain a qualifié mardi soir la procédure de destitution qui le menace de "coup d'Etat". Il avait déjà lancé ces derniers jours des attaques tous azimuts contre l'opposition démocrate.

"J'en arrive à la conclusion que ce qui est en train de se passer n'est pas un 'impeachment', c'est un coup d'Etat, visant à prendre le pouvoir du peuple, son vote, ses libertés, son deuxième amendement, sa religion, son armée, son mur à la frontière et les droits qui lui ont été donnés par Dieu en tant que citoyen des Etats-Unis d'Amérique!", a tempêté le milliardaire républicain.

>> Lire: Le scandale de l'appel de Trump au président ukrainien prend de l'ampleur

Le cercle proche

Mais Donald Trump peut compter sur ses soutiens. Dont Rudy Giuliani. C'est sans doute le plus excentrique de tous, l'ancien maire de New York...

Sommé de livrer des documents au congrès, l'avocat personnel du président américain, Rudy Giuliani, a tweeté lundi soir que l'injonction des élus démocrates soulevait "de graves questions en matière de légitimité et de constitutionnalité". Sommé de livrer des documents au congrès, l'avocat personnel du président américain, Rudy Giuliani, a tweeté lundi soir que l'injonction des élus démocrates soulevait "de graves questions en matière de légitimité et de constitutionnalité". [Michael Reynolds - Keystone/epa] Un habitué des plateaux de télévision, l'avocat personnel du président voit son nom cité une trentaine de fois dans la plainte du lanceur d'alerte – qui serait un analyste de la CIA.

Rudy Giuliani fait partie de ce cercle restreint de fidèles qui aujourd'hui font bloc pour protéger le président: "C'est très inhabituel de voir cela", analyse Mark Rozell, politologue à l'université George Mason, aux abords de Washington.

"Ces gens proches du président, comme Rudy Giuliani qui n'a même pas de fonction officielle au sein de la Maison Blanche; sa fonction principale semble être de protéger à tout prix Monsieur Trump".

Sommé de livrer des documents au Congrès, l'avocat a tweeté lundi soir que l'injonction des élus démocrates soulevait "de graves questions en termes de légitimité et de constitutionnalité".

Sans refuser franchement de s'y soumettre, il a simplement promis de lui accorder "toute la considération qu'elle mérite".

>> Le nom de Rudy Giuliani est fréquemment cité dans la transcription du téléphone entre les présidents Trump et Zelensky:

La 4e page (sur 5) de la retranscription du téléphone du 25 juillet 2019 entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
La 4e page (sur 5) de la retranscription du téléphone du 25 juillet 2019 entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. [U.S. Government Document/Handout via USA TODAY NETWORK - Reuters]

>> Lire: Trump a bien demandé au président ukrainien d'enquêter sur Joe Biden 

Des poids lourds

Selon le New York Times, Donald Trump a, lors d'un récent échange téléphonique, demandé au Premier ministre australien d'aider son ministre de la Justice William Barr (photo) à rassembler des éléments dans le but de discréditer l'enquête Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016. Selon le New York Times, Donald Trump a, lors d'un récent échange téléphonique, demandé au Premier ministre australien d'aider son ministre de la Justice William Barr (photo) à rassembler des éléments dans le but de discréditer l'enquête Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016. [Shawn Thew - Keystone/epa] Donald Trump s'est entouré d'un avocat personnel mais il peut aussi compter sur deux autres poids lourds.

Le ministre de la justice Bill Barr, nommé en début d'année, et Mike Pompeo, chef de la diplomatie.

Ce dernier était là lors du téléphone entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien: "Trump est connu pour exiger une grande loyauté avec les gens proches de lui. Ça aide aussi à solidifier cette perception d'un président qui dirige comme un monarque. Et qui n'a pas besoin de respecter les normes... comme celle de la séparation des pouvoirs, et qui permet au Congrès de jouer son rôle légitime", explique Mark Rozell.

En réponse aux injonctions envoyées vendredi par les parlementaires démocrates, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a jugé mardi qu'il n'était "pas faisable" que le Congrès commence dès mercredi à entendre cinq diplomates susceptibles de leur fournir des informations sur le scandale ukrainien dans lequel Donald Trump est englué.

Considéré comme un des membres les plus influents du gouvernement Trump, Mike Pompeo faisait partie des personnes ayant écouté l'appel avec Volodymyr Zelensky. Considéré comme un des membres les plus influents du gouvernement Trump, Mike Pompeo faisait partie des personnes ayant écouté l'appel avec Volodymyr Zelensky. [Kevin Lamarque - Reuters] Les commandements qui les concernent "ne peuvent qu'être compris comme une tentative d'intimider, de harceler et de maltraiter les éminents professionnels du département d'Etat", estime Mike Pompeo dans une lettre virulente adressée à la Chambre des représentants.

Loyauté indéfectible?

Mike Pompeo, Bill Barr et Rudy Giuliani: un cordon de sécurité loyal, capables de repousser les injonctions du Congrès.

Mais la loyauté est une denrée rare et volatile à Washington. Les démocrates, en choisissant de se lancer dans cette longue procédure d'impeachment, ont peut-être identifié des failles dans le cercle rapproché du président américain.

>> Ecouter: "La procédure d'impeachment lancée contre Donald Trump est la 4e de l'Histoire"

Le président américain Donald Trump en conférence avec son homologue finlandais à la Maison Blanche
Carolyn Kaster - AP Photo/Keystone
Tout un monde - Publié le 03 octobre 2019

Sujet radio: Raphaël Grand

Adaptation web: Stéphanie Jaquet avec les agences

Publié le 02 octobre 2019 à 11:23 - Modifié le 03 octobre 2019 à 11:11