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Les démocrates lancent une procédure de destitution contre Donald Trump

USA: lancement d'une enquête visant à destituer Donald Trump. Il est soupçonné d'avoir comploté contre son rival Joe Biden [RTS]
USA: lancement d'une enquête visant à destituer Donald Trump. Il est soupçonné d'avoir comploté contre son rival Joe Biden / 12h45 / 2 min. / le 25 septembre 2019
La cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a annoncé mardi la première étape en vue d'une mise en accusation solennelle de Donald Trump, soupçonné d'avoir demandé au président ukrainien d'enquêter sur son rival Joe Biden.

"Les actes du président jusqu'à ce jour ont violé la Constitution", a accusé la présidente démocrate de la Chambre des représentants.

Donald Trump a "trahi son serment" de président, "la sécurité nationale" et "l'intégrité des élections" américaines, a-t-elle asséné lors d'une allocution au Congrès.

"Aujourd'hui, j'annonce que la Chambre des représentants ouvre une enquête officielle en vue d'une procédure de destitution", a poursuivi Nancy Pelosi, jusque-là réticente à s'engager dans cette voie périlleuse.

En pratique, qu'est-ce que cela signifie ?

Sur un plan pratique, elle a demandé aux six commissions de la chambre basse qui enquêtent déjà sur le président républicain de se placer dans le cadre de cette procédure.

Concrètement, cela signifie que, si elles rassemblent suffisamment d'éléments à charges, elles pourront rédiger des articles de mise en accusation, qui seront soumis au vote en séance plénière. Les démocrates disposant d'une majorité à la Chambre, le président Trump court un risque conséquent d'être mis en accusation, "impeached" en anglais, ce qui n'est arrivé qu'à deux de ses prédécesseurs dans toute l'histoire des Etats-Unis.

>> Voir l'analyse de Gaspard Kuhn:

USA: notre correspondant Gaspard Kuhn soupèse les chances de destitution du président Donald Trump [RTS]
USA: notre correspondant Gaspard Kuhn soupèse les chances de destitution du président Donald Trump / 12h45 / 2 min. / le 25 septembre 2019

Donald Trump sera toutefois jugé par le Sénat, toujours contrôlé par les républicains. Seul un vote à la majorité des deux tiers pourrait aboutir à sa destitution, ce qui paraît à ce stade peu probable.

>> Lire: Donald Trump au cœur d'une nouvelle polémique à propos de l'Ukraine

Procédure justifiée par une absence de coopération

Joe Biden a appelé mardi à initier une mise en accusation contre Donald Trump s'il ne coopérait pas avec l'enquête du Congrès sur l'affaire ukrainienne. Il dénonce un "abus de pouvoir". "Pousser le leader d'une autre nation à enquêter sur un opposant politique pour l'aider à gagner une élection n'est pas une conduite digne d'un président américain."

"Si nous permettons à un président de détruire la Constitution des Etats-Unis, cela laissera une marque pour toujours [...] Il ne s'agit pas d'une question démocrate ou républicaine. Il en va de la sécurité du pays", a-t-il poursuivi.

"Positif" pour une réélection, selon Trump

Jugeant "ridicules" les discussions sur une procédure de destitution à son encontre, Donald Trump accuse les démocrates d'agiter ce spectre par pur calcul politique. "Ils ne savent pas comment m'arrêter" avant l'élection présidentielle de 2020, a-t-il tempêté. "Vous verrez que notre appel téléphonique était très amical et totalement approprié", a-t-il aussi tweeté, jouant sur la transparence.

Et d'ajouter, toujours sur Twitter: "Une journée si importante aux Nations unies, tant de travail, tant de succès, et les démocrates ont décidé de tout gâcher avec une nouvelle (...) chasse aux sorcières de caniveau".

A quelque 400 jours de l'élection présidentielle de novembre 2020, déclencher cette procédure, impopulaire dans les sondages et à l'issue très incertaine, représente un pari risqué. Jamais un président n'a été destitué dans l'histoire américaine. "Ils disent tous que cela serait positif pour moi lors de l'élection", a déclaré le milliardaire visé, qui briguera un second mandat de quatre ans.

>> Le point sur la réaction des républicains dans le 12h30:

Les démocrates lancent une procédure de destitution contre le président Donald Trump.  [Carolyn Kaster) - Ap/Keystone]Carolyn Kaster) - Ap/Keystone
Les républicains réagissent à la procédure de destitution lancée contre Donald Trump / Le 12h30 / 2 min. / le 25 septembre 2019

agences/ani/ther

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"Donald Trump pourrait être le grand gagnant"

Invité dans La Matinale mercredi, Jean-Eric Branaa, maître de conférence à l'Université Paris 2, revient sur l'annonce fracassante de Nancy Pelosi. "Le Congrès va lancer une enquête, pas simplement sur cette affaire d'un coup de fil au président ukrainien, mais de tout ce dont on parle depuis le début, l'affaire russe, le renvoi du directeur du FBI, l'affaire avec une prostituée... Tout cela va revenir sur la table, on va recommencer le match", indique-t-il.

"Ce qui s'est passé ressemble à un dérapage. Nancy Pelosi a résisté pendant très longtemps à sa base progressiste, ceux qui sont le plus à gauche, qui réclamaient cet impeachment depuis le jour de l'élection. Ils n'ont pas accepté que 63 millions d'électeurs américains votent pour Donald Trump et que Hillary Clinton soit battue à la surprise générale. Cette colère s'est accumulée et à un moment donné, trop c'est trop", analyse l'auteur du livre "Et s'il gagnait encore?" consacré à la prochaine élection présidentielle.

"Donald Trump, au final, pourrait être le grand gagnant de cette affaire. Il se présente comme une victime, et le peuple américain pourrait bien le suivre sur ses arguments en pensant que les démocrates, plutôt que de s'en prendre au président, auraient pu s'occuper d'eux en votant des lois", conclut Jean-Eric Branaa.

Donald Trump s'en prend au fils de Joe Biden. [EPA/Ron Sachs/pool - Keystone]EPA/Ron Sachs/pool - Keystone
Les démocrates prêts à lancer une procédure de destitution contre Trump : interview de interview de Jean-Eric Branaa / La Matinale / 6 min. / le 25 septembre 2019

Facebook supprime des pages pro-Trump liées à l'Ukraine

Facebook a supprimé un ensemble de pages qui auraient été contrôlées depuis l'Ukraine. Elles relayaient des messages patriotiques américains et des éloges de Donald Trump vus par des millions d'utilisateurs du réseau social.

Le réseau social est sous pression suite à des tentatives d'interférences étrangères lors des élections américaines de 2016, notamment sur sa plateforme, et a entrepris de lutter contre la désinformation et les campagnes de manipulation de l'opinion.