Modifié le 17 septembre 2019 à 21:31

Duel surprise confirmé pour le second tour de la présidentielle en Tunisie

Elections présidentielles en Tunisie: deux candidats anti-système arrivent en tête.
Elections présidentielles en Tunisie: deux candidats anti-système arrivent en tête. 19h30 / 1 min. / le 17 septembre 2019
Les résultats officiels ont confirmé mardi la tenue d'un étonnant second tour de la présidentielle en Tunisie, qui opposera deux outsiders, le juriste austère Kais Saied et le magnat controversé des médias Nabil Karoui, actuellement en prison.

Communiquant les résultats officiels, l'instance indépendante chargée des élections (Isie) a confirmé que Kais Saied était arrivé en tête avec 18,4% des voix, et qu'il serait opposé à Nabil Karoui (15,58%). Le taux de participation final s'est situé à 49%.

Exit les représentants du pouvoir des années post-révolutionnaire: la formation d'inspiration islamiste Ennahdha, principale force au Parlement et qui avait présenté pour la première fois un candidat, a vu Abdelfattah Mourou arriver troisième avec 12,88% des voix, confirmant l'érosion de son électorat depuis 2011. Quant au Premier ministre sortant Youssef Chahed, il termine à une très modeste 5e place (7,4%).

Parallèlement au décompte des voix, l'Isie est en train de se pencher sur les infractions à la présidentielle. Parmi celles évoquées, la campagne menée tambour battant en faveur de Nabil Karoui par la chaîne Nessma TV, qu'il a fondée.

Premier tour "transparent"

Dans l'unique pays rescapé des Printemps arabes, la mission d'observation de l'Union européenne a assuré que le premier tour de la présidentielle avait été "transparent". Elle a toutefois appelé à ce que les candidats aient "pleinement les mêmes chances" de faire campagne, dans une apparente allusion à Nabil Karoui.

Les avocats de l'homme d'affaires, accusé de blanchiment d'argent et fraude fiscale et en détention provisoire depuis le 23 août, ont indiqué qu'ils déposeraient une nouvelle demande de libération dès les résultats confirmés. Le candidat reste éligible tant qu'aucune condamnation ne le prive de ses droits civiques.

En fonction des recours, le second tour pourrait être organisé le 6 octobre, soit le même jour que les législatives, ou le 13 octobre, a précisé l'instance électorale. L'issue en reste indécise, d'autant que les deux candidats, très différents, ont puisé sur le même registre "anti-système".

afp/gma

>> Voir l'analyse de Maurine Mercier dans le 19h30:

Second tour de la présidentielle en Tunisie: explications de Maurine Mercier
19h30 - Publié le 17 septembre 2019

Publié le 17 septembre 2019 à 17:44 - Modifié le 17 septembre 2019 à 21:31