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Pénurie de carburant à Cuba, où les arrivées de pétrole se font rares

Une calèche dans les rues de La Havane, alors que la capitale cubaine est frappée par la pénurie de carburant. [Ismael Francisco - AP Photo]
Pénurie de carburant à Cuba, où les arrivées de pétrole se font rares / Le Journal horaire / 1 min. / le 14 septembre 2019
Cuba connaît une réduction significative des arrivées de pétrole. Ces nouvelles pénuries s'expliquent par les sanctions américaines envers la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA, qui fournissait le pays.

Stations services fermées, interminables files d'attente aux rares pompes qui vendent encore du carburant...  Il faut compter au moins une heure pour espérer remplir son véhicule d’essence à La Havane, où un plein par semaine est autorisé. Ensuite, il faut recourir au marché noir.

En effet, Cuba produit la quasi-totalité de son électricité avec du pétrole vénézuélien, mais un navire effectue une livraison samedi, puis d'autres "à la fin du mois", selon le président cubain Miguel Diaz Canel.

Pour La Havane, les Etats-Unis sont responsables de cette crise, car Washington renforce son embargo en vigueur depuis 1962, afin de forcer Cuba à renoncer à son soutien au gouvernement de Nicolas Maduro, notamment en sanctionnant les bateaux transportant vers l'île du pétrole du Venezuela.

"Créatifs et économes"

Miguel Diaz Canel demande aux Cubains d’être "créatifs" et "économes". Les fonctionnaires peuvent par exemple sortir plus tôt du travail pour éviter les heures de pointe des transports. Dans l'agriculture, "la traction animale" sera priorisée. Quant aux usines qui consomment "trop d’énergie", elles seront réduites et, s'il le faut, totalement arrêtées.

Le spectre de la "Période spéciale"

Mais mercredi soir, le président cubain a assuré que "la situation actuelle" était "conjoncturelle et simplement énergétique". Il a promis un retour "à une situation relativement normale" en octobre. "Nous ne sommes pas en Période spéciale", a encore martelé Miguel Diaz Canel.

Ce terme désigne la crise économique qui a frappé Cuba dans les années 1990 après la chute de l'URSS, alors son principal soutien financier. L'évocation de la "Période spéciale" reste traumatisante pour une grande partie de la population, car le pays avait souffert de pénuries de carburant et d'aliments. La malnutrition avait entraîné l'apparition de maladies incurables comme la polynévrite, et 45'000 habitants avaient connu l'exode en 1994.

jvia avec Romane Frachon et afp

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