Publié le 09 septembre 2019 à 17:54

Lutte d'influence entre les Patriarcats de Moscou et de Constantinople

Le patriarche de Moscou a rompu les relations avec le patriarche de Constantinople.
RTSreligion - Les orthodoxes russes d'Occident retournent dans le giron de Moscou RTSreligion / 2 min. / le 09 septembre 2019
Les Eglises orthodoxes russes en Europe occidentale (AERO) veulent quitter le Patriarcat de Constantinople. C’est l’une des conséquences des luttes d’influence entre Moscou et Constantinople à propos de l’Ukraine.

Réunis samedi 7 septembre en assemblée générale, les 186 délégués de l’Archevêché des Eglises orthodoxes russes en Europe occidentale (AERO) ont voté en faveur d’un projet de rattachement au Patriarcat de Moscou. Ce projet, qui propose de rompre les liens avec le Patriarcat de Constantinople, a recueilli 58% d’avis favorables.

Cet Archevêché réunit une soixantaine de paroisses fondées par la diaspora russe et situées dans plusieurs pays (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Norvège, Suède, Italie et Espagne). C’est en France que son implantation est la plus forte et que se trouve son siège. A Paris, la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky et l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge y sont rattachés.

Le statut d'autonomie en jeu

La création de cette structure est une conséquence de la Révolution bolchevique d’octobre 1917, lorsque de nombreux opposants ont cherché refuge à l’étranger. Jugeant le Patriarche de Moscou sous influence soviétique, ces émigrés ont négocié le rattachement de leurs communautés religieuses au Patriarcat de Constantinople, de tradition grec et basé à Istanbul. En 1931, ce dernier a créé une structure autonome adhoc pour ces communautés de tradition russe.

Cette crise est à replacer dans le cadre des tensions très vives nées de la reconnaissance par Constantinople de l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne contre la volonté de Moscou. Constantinople et Moscou se livrent depuis lors à une lutte d’influence et de leadership au sein de l’orthodoxie mondiale.

Les conséquences du vote de samedi restent encore difficiles à prévoir, la barre statutaire des deux tiers d’avis favorables n’ayant pas été atteinte. Il est notamment possible que le transfert de bien ecclésiastiques donne lieu à des actions en justice.

Fabien Hunenberger/ther

Publié le 09 septembre 2019 à 17:54