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D'anciens chefs des FARC reprennent les armes en Colombie

L'ex-numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Ivan Marquez (en train de lire), était accompagné d'autres anciens chefs rebelles. [EPA/FARC VIDEO - Keystone]
D'anciens chefs de la guérilla des Farc reprennent les armes en Colombie / Le Journal horaire / 56 sec. / le 30 août 2019
D'ex-chefs de la guérilla des FARC, qui se sont marginalisés du processus de paix en Colombie, ont annoncé qu'ils reprenaient les armes. Dans une vidéo diffusée jeudi, ils ont dénoncé "la trahison" par l'Etat du pacte historique signé fin 2016.

"Nous annonçons au monde qu'a commencé le seconde Marquetalia (berceau de la rébellion marxiste en 1964, ndlr) au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l'oppression", affirme l'ex-numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Ivan Marquez dans cette vidéo de 32 minutes.

Il y apparaît avec d'autres anciens chefs rebelles, également entrés dans la clandestinité depuis plusieurs mois. De la jungle du sud-est de la Colombie, Ivan Marquez annonce "la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l'Etat des accords de paix de la Havane" qui ont permis le désarmement en 2017 de quelque 7000 combattants des Farc, transformées en parti politique.

Plus de 2000 combattants

Ivan Marquez, de son vrai nom Luciano Marin Arango, a été l'un des principaux négociateurs de l'accord de paix signé dans la capitale cubaine en 2016. Il est entré dans la clandestinité l'an dernier après l'arrestation d'un de ses neveux, livré aux Etats-Unis dans le cadre d'une enquête sur le trafic de drogue. A ses côtés apparaissent un autre négociateur, Jesus Santrich, recherché par la justice pour trafic de drogue présumé et passé à la clandestinité il y a trois mois, ainsi que l'ex-commandant Hernan Dario Velasquez, alias El Paisa.

La force commandée par Marquez (Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple ou FARC-EP) pourrait compter 2200 combattants. Ils se dédient surtout au narco-trafic et à l'exploitation minière clandestine, selon les services de renseignement militaires.

Ivan Marquez précise que le nouveau groupe cherchera à cordonner ses "efforts avec la guérilla de l'ELN. L'Armée de libération nationale (ELN), considérée comme la dernière guérilla active de Colombie, s'est renforcée ces dernières années, passant de 1800 à environ 2300 combattants, selon les autorités.

agences/cab

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"Un coup bas" pour le chef du parti FARC

Le chef du parti FARC, Rodrigo Londoño, alias Timochenko, a pour sa part dénoncé un "coup bas", mais estimé que "la grande majorité des gens restent dans le processus" de paix. Dans le même sens, l'ex-président Santos a estimé sur Twitter que "90% des FARC restent dans le processus de paix" et appelé à "réprimer les déserteurs".

"Ils vont rassembler d'autres ex-combattants insatisfaits du processus (...) Cela peut s'intensifier s'ils parviennent à une unité avec l'ELN", a déclaré le politologue Dario Villamizar, prévoyant "une offensive militaire" de l'Etat comme "il n'en pas menée jusqu'ici contre les dissidences" FARC.

Le haut commissaire de paix du gouvernement colombien, Miguel Ceballos, a jugé jeudi "très préoccupante", mais pas surprenante, l'annonce d'ex-chefs de la guérilla des Farc de reprendre la lutte armée, et a demandé qu'ils soient recherchés au niveau international.

Pourparlers de paix gelés

Des pourparlers de paix, entamés en 2017, ont été enterrés par le gouvernement de l'actuel président de droite dure Ivan Duque, suite notamment à un attentat contre l'école de police de Bogota revendiqué par l'ELN et qui a fait 22 morts en janvier dernier.

Après la signature de la paix, les FARC s'étaient transformées en parti politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. Mais des centaines d'anciens rebelles se sont marginalisés du processus de paix.

Ivan Marquez a pris ses distances il y a plus d'un an, reprochant déjà à l'Etat de ne pas respecter ses engagements.

La guerre civile en Colombie a fait plus de 260'000 morts depuis 1964.