Modifié le 07 août 2019 à 20:32

Une nouvelle loi italienne menace les navires humanitaires de confiscation

L'Italie durcit les sanctions contre les ONG qui tentent de faire rentrer leurs bateaux dans les ports de la Péninsule.
L'Italie durcit les sanctions contre les ONG qui tentent de faire rentrer leurs bateaux dans les ports de la Péninsule. 19h30 / 2 min. / le 07 août 2019
Les associations d'aide aux migrants et l'opposition critiquent l'entrée en vigueur mercredi de la nouvelle loi sur l'ordre public votée lundi par le Parlement italien. Les ONG risquent une très grosse amende et la confiscation des bateaux humanitaires.

L'Italie frappe un grand coup contre les ONG qui portent secours aux réfugiés en Méditerranée. Fortement voulue par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, la loi entérine l'existence d'une infraction d'aide à la clandestinité, qui inclue la confiscation des navires affectés aux secours en mer et une amende allant jusqu'à un million d'euros pour leurs commandants.

Si la majorité parlementaire a voté le texte, elle n'en est pas moins divisée sur le fond, mais aucun des deux coalisés ne veut à ce stade risquer de faire trébucher le gouvernement.

Une loi "assassine et inhumaine"

Dans l'opposition, le Parti démocrate prend acte que pour la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, sauver une vie devient un délit. Les milieux associatifs, eux, qualifient cette loi d'"assassine et inhumaine", "une dégradation de la dignité" qui "tourne le dos à la solidarité".

Le texte est critiqué jusque dans les rangs de Forza Italia, pourtant ancien allié de la Ligue, pour qui les vrais problèmes de l'Italie sont ailleurs. Quant à Matteo Salvini, l'adoption de la loi lui a fait passer "une belle journée".

Jean Baptiste Venditti/ebz

Publié le 07 août 2019 à 08:53 - Modifié le 07 août 2019 à 20:32

Le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés inquiet

Pour le porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés Charie Yaxley, interrogé dans La Matinale, alors que le nombre de migrants a drastiquement baissé, mais que leur taux de mortalité a augmenté, "ce n’est plus une crise de réfugiés qui affluent, c’est une crise de réfugiés qui meurent en mer".

Il indique également craindre que les ONG ou les navires commerciaux soient dissuadés de porter secours aux embarcations appelant à l'aide.