Modifié le 15 juillet 2019 à 15:06

De nouvelles tensions privent la Géorgie de précieux touristes russes

Un protestataire brûle une image du président russe lors d'une manifestation à Tbilissi le 20.06.2019.
De nouvelles tensions privent la Géorgie de précieux touristes russes Le 12h30 / 1 min. / le 15 juillet 2019
Dix ans après une guerre-éclair, les tensions sont à nouveau vives entre Moscou et Tbilissi. Accusée d'ingérence dans les affaires géorgiennes, la Russie a interdit les vols entre les deux pays.

La situation a de nouveau empiré le 20 juin dernier, à la suite du discours polémique d'un député russe au Parlement de Tbilissi. Il a suscité de vives protestations en Géorgie et une série d’événements ont poussé une partie des citoyens à accuser la Russie d’ingérence dans leurs affaires intérieures.

En représailles contre ces réactions, Vladimir Poutine a interdit les vols vers la Géorgie depuis le 8 juillet. Le président russe n’a guère apprécié que le pouvoir géorgien, pourtant conciliant à son égard, laisse exploser une telle fièvre antirusse.

Près de 90% de touristes russes en moins

La mesure fait mal: un tiers des 6 millions de touristes qui visitent chaque année la Géorgie, au cœur des monts du Caucase, sont Russes. Les conséquences, du reste, n'ont pas tardé. "C’est sans doute 10-20% des touristes attendus qui sont venus finalement", constate un responsable de l’agence touristique Tkhemali Tour qui accueille 30'000 Russes chaque année. "Pourtant, on peut venir d’ailleurs, d’Erevan, d’Istanbul, de Bakou. Mais les gens ont peur de venir", relève-t-il lundi dans le 12h30. A ses yeux, "les médias russes ont exagéré la situation, enjolivé à leur façon".

Pas une raison de provoquer la Russie

La majorité des 3,7 millions de Géorgiens estime que le pays ne doit pas plier face à Moscou et accepter sans réaction qu’un député russe s’asseye dans le fauteuil du président du Parlement, comme cela a été le cas le 10 juin. Mais pour beaucoup, ce n’est pas pour autant une raison de provoquer la Russie.

C'est pourtant ce qu'a fait dimanche le présentateur vedette de la télévision d’opposition Roustavi 2, Guiorgui Gabounia, qui a ouvert son programme par une minute d’insultes adressées en russe Vladimir Poutine.

Ce mouvement de rejet de l’influence russe est porté, et c’est nouveau, par la jeunesse - à l'exemple de cet étudiant qui manifeste chaque soir devant le Parlement depuis le 20 juin: "Je suis ici pour protester contre la Russie, parce qu’elle occupe 20% de notre pays, deux régions", explique-t-il. "La Russie, c’est le diable. Pas le peuple, mais son leader. Je n’aime pas du tout Poutine."

Régis Genté/oang

Publié le 15 juillet 2019 à 15:04 - Modifié le 15 juillet 2019 à 15:06