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Conditions de vie "effroyables" dans les centres de détention de migrants

Une image de l'Inspection générale du ministère américain de la Sécurité intérieure. démontrant la surpopulation dans des centres de rétention de migrants clandestins au Texas. [Keystone - OFFICE OF INSPECTOR GENERAL]
Un rapport ministériel de Washington alerte sur la surpopulation dans les centres de détention des migrants / Le Journal horaire / 32 sec. / le 3 juillet 2019
Le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) a admis mardi les risques posés par la surpopulation et l'insécurité dans des centres de rétention de migrants clandestins au Texas. Des élus démocrates y ont dénoncé des conditions de vie "effroyables".

"Nous sommes inquiets de la surpopulation et la détention prolongée qui représentent un risque immédiat pour la santé et la sécurité des agents et officiers du DHS ainsi que des détenus", indique dans un rapport l'Inspection générale du ministère, un organisme de surveillance interne.

Des membres du ministère ont visité en juin cinq centres de rétention situés près de la frontière mexicaine, qui connaît ces derniers mois un afflux massif de migrants tentant d'entrer illégalement sur le territoire américain.

Une photo de l'Inspection générale du ministère américain de la Sécurité intérieure démontrant la surpopulation dans des centres de rétention de migrants clandestins au Texas. [Keystone - OFFICE OF INSPECTOR GENERAL]
Une photo de l'Inspection générale du ministère américain de la Sécurité intérieure démontrant la surpopulation dans des centres de rétention de migrants clandestins au Texas. [Keystone - OFFICE OF INSPECTOR GENERAL]

En mai, 144'000 personnes ont été arrêtées et placées en détention par la police aux frontières (CBP). Mais les places manquent dans ces structures ainsi que dans les centres d'accueil où les mineurs et les familles sont normalement transférés.

Mineurs retenus pendant des semaines

Certains mineurs non accompagnés âgés de moins de sept ans attendaient leur transfert depuis plus de deux semaines. Ces enfants doivent normalement être remis à leur famille ou pris en charge par des agences gouvernementales dans les 72 heures, indique le rapport.

Les enquêteurs évoquent le manque d'accès à une douche, de repas chauds ou de vêtements de rechange, des conditions de détention qui ne répondent pas aux normes du ministère. Des photos montrent des détenus entassés dans des cellules bondées ou des salles séparées par des grillages, certains portant des masques sur la bouche.

Pour un responsable de centre, cité dans le rapport, la situation est une "bombe à retardement". Plusieurs incidents ont déjà eu lieu entre les détenus. Ces centres de rétention "n'ont jamais été faits pour gérer le volume de migrants qui nous arrivent", a expliqué mardi sur CNN Robert Perez, chef-adjoint de l'agence de surveillance des frontières.

ats/cab

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La "tolérance zéro" voulue par Donald Trump

Donald Trump a décrété au printemps 2018 la "tolérance zéro" contre l'immigration. Il a entre autres promis de faire cesser la pratique dite du "catch and release" (attrape et libère), qui permet aux migrants d'être relâchés sur le sol américain le temps de l'examen de leur dossier de demande d'asile.

Un tribunal fédéral de Seattle a toutefois jugé mardi que son gouvernement ne pouvait pas maintenir en détention les demandeurs d'asile ayant franchi illégalement la frontière sans leur donner une chance d'être libérés sous caution. Un arrêté pris en avril ordonnait de ne plus autoriser ces demandes de libération.




Plusieurs candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 se sont insurgés des conditions décrites par le rapport. "Aucun être humain ne mérite d'être traité ainsi", a écrit sur Twitter Kamala Harris, deuxième dans les sondages. Les responsables des centres de détention ne respectent pas "les droits humains basiques", s'est indigné le sénateur indépendant Bernie Sanders. "Ignoble", a pour sa part réagi la sénatrice progressiste Elizabeth Warren. "Des êtres humains sont parqués comme des animaux actuellement dans notre pays."