Modifié le 29 juin 2019 à 10:07

Les passeurs toujours actifs entre le Venezuela et la Colombie

Les "trochas" sont des sentiers clandestins empruntés pour traverser la frontière pendant la fermeture.
Les "trochas" sont des sentiers clandestins. Le 12h30 / 1 min. / le 28 juin 2019
La frontière piétonne entre le Venezuela et la Colombie a été rouverte il y a deux semaines, mais les "trochas", ces sentiers clandestins empruntés pendant sa fermeture, sont toujours très utilisés, notamment par les sans-papiers.

Le flux migratoire a repris de plus belle entre le Venezuela et la Colombie grâce à la réouverture de la frontière piétonne entre ces deux pays, après plus de trois mois de fermeture.

Conséquence: la police colombienne a annoncé qu'elle allait bloquer les "trochas", ces sentiers clandestins qui étaient empruntés pendant la fermeture de la frontière "officielle". Pourtant de nombreuses personnes continuent de les utiliser, notamment les sans-papiers, ainsi que les groupes criminels qui y font prospérer contrebande et narcotrafic.

Ces chemins de terre se dirigent ainsi vers les fleuves qui, en de nombreux endroits, servent de frontière naturelle. Ils rallient des ponts de fortune faits de rondins de bois et de quelques pierres.

Les passeurs assurent faire transiter plus de personnes que de marchandises

Côté colombien, les policiers surveillent donc ces entrées illégales, en laissant passer quelques familles par humanité. En revanche, ils font rebrousser chemin aux contrebandiers. L’un d’eux assure que désormais, c’est la nuit qu’ont lieu tous les trafics.

Au Venezuela, il se dit que les "trochas" sont administrées directement par les militaires et des groupes armés progouvernementaux. Le maire chaviste de San Antonio, lui, parle de groupes armés irréguliers colombiens qui se disputent des zones d'influence.

Des chemins clandestins extrêmement dangereux. En particulier à cette période de l’année où l'on entre dans la saison des pluies. Le niveau des rivières peut très vite monter.

Cela n’empêche pas les personnes qui n’ont plus rien de risquer leur vie pour quitter le Venezuela, et à en croire les autorités colombiennes, ils sont chaque jour plus nombreux.

Benjamin Delille/ddup

Publié le 29 juin 2019 à 09:30 - Modifié le 29 juin 2019 à 10:07