Une Américaine blessée par balles perd son foetus et est accusée d'homicide
Les défenseurs du droit à l'avortement ont immédiatement apporté leur soutien à la jeune femme, estimant que son cas était révélateur de l'offensive anti-IVG en cours dans cet Etat conservateur et religieux du sud des Etats-Unis.
"Marshae Jones a été inculpée d'homicide parce que sa grossesse s'est interrompue quand elle a reçu cinq balles dans l'abdomen. Son agresseur reste en liberté. Nous allons la sortir de prison et lui apporter une assistance juridique", a tweeté l'organisation YellowFund qui aide les femmes à accéder à l'avortement.
Marshae Jones was indicted for manslaughter for losing a pregnancy after being shot in the abdomen FIVE times. Her shooter remains free. We're going to get Marshae out of jail and assist with her legal representation. #reprojustice #reproductivejusticehttps://t.co/PZNf3aNUe2 pic.twitter.com/gVvGI6DwMq
— Abortion Should Be Free (@YellowFund) 27 juin 2019
La jeune femme de 27 ans a été blessée par une autre femme lors d'une bagarre en décembre 2018. Elle risque jusqu'à 20 ans de prison, selon la chaîne d'informations CNN.
"La seule victime est ce bébé à naître", avait alors déclaré le chef de la police locale Danny Reid, cité par le site d'information AL.com. "C'est la mère de l'enfant qui avait commencé et qui a alimenté la bagarre", avait-il ajouté.
Charges abandonnées contre la tireuse
L'auteure des coups de feu avait initialement été inculpée par un grand jury. Mais celui-ci a finalement abandonné les charges contre elle et les a imputées à Marshae Jones, placée en détention mercredi.
L'Alabama a adopté en mai une loi interdisant l'avortement, même en cas de viol ou d'inceste, et l'assimilant à un homicide. Cette loi est censée entrer en vigueur en novembre mais elle devrait être bloquée par la justice d'ici là car elle enfreint la jurisprudence de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973.
>> Lire: L'Etat d'Alabama promulgue la loi sur l'avortement la plus restrictive des USA
Avant même l'adoption de la loi, des femmes ayant fait des fausses couches après un accident de voiture ou en se droguant ont déjà fait l'objet de poursuites, a relevé la National Abortion Federation, qui soutient l'accès à l'IVG.
"C'est comme ça que des femmes --surtout les femmes de couleur-- sont déjà punies et poursuivies pour la fin de leur grossesse", a-t-elle tweeté.
A pregnant woman was shot in the stomach during a fight. The shooting caused her pregnancy to end. She has been indicted for manslaughter. This is how people-- especially women of color-- are already being punished & having their pregnancies criminalized. https://t.co/lVll81dOtC
— NAF (@NatAbortionFed) 26 juin 2019
afp/cab