Publié le 11 juin 2019 à 19:12

La justice du Botswana décriminalise l'homosexualité

La justice du Botswana a annulé mardi l'interdiction de l'homosexualité en vigueur depuis 1965.
Le Botswana dépénalise l'homosexualité Le Journal horaire / 22 sec. / le 11 juin 2019
La Haute Cour du Botswana a annulé mardi l'interdiction de l'homosexualité en vigueur depuis 1965. Sur le continent africain, plus de la moitié des autres pays subsahariens condamnent encore les relations entre personnes de même sexe.

Les clauses du code pénal interdisant les relations homosexuelles sont "des reliques de l'ère victorienne" qui "ne sont plus viables", a estimé mardi le juge Michael Leburu à la Haute Cour à Gaborone. Elles "oppressent une minorité" et "ne passent pas l'épreuve de la constitutionnalité". Le texte en vigueur depuis 1965 prévoyait des peines allant jusqu'à sept ans de prison.

La justice s'est prononcée sur ce sujet sur requête d'une personne anonyme qui contestait le code pénal de ce pays de plus de deux millions d'habitants, considéré pourtant comme l'un des Etats africains les plus démocratiques.

Jugement "historique"

"C'est la fin de l'exclusion dont nous avons souffert", a réagi Anna Mmolai-Chalmers, présidente de l'organisation de lesbiennes, gays et bisexuels du Botswana (Legabibo). "Nous sommes en train de faire l'histoire", a renchéri un militant, Thabo Otulike Mampane.

L'ONG Amnesty International a salué "une victoire pour l'égalité", appelant "les autres pays africains à suivre l'exemple du Botswana, source d'inspiration", dernier pays africain en date à avoir dépénalisé les relations entre personnes de même sexe, après l’Angola en janvier 2019, les Seychelles en juin 2016, le Mozambique en juin 2015, São Tomé et Príncipe et le Lesotho en 2012.

Mais 29 autres pays africains continuent de réprimer pénalement les relations homosexuelles, indique Amnesty. Le mois dernier, le Kenya a d'ailleurs refusé d'abroger ses lois. A l'échelle mondiale, "au moins 67 pays ou territoires" criminalisent encore les relations sexuelles, selon le programme des Nations Unies sur le VIH (Onusida) qui a salué le jugement "historique" rendu au Botswana.

afp/ani

Publié le 11 juin 2019 à 19:12