Modifié le 24 mai 2019 à 08:27

Julian Assange poursuivi aux Etats-Unis en vertu des lois sur l'espionnage

Julian Assange alors qu'il quittait un tribunal de Londres, le 1er mai 2019.
La justice américaine a lancé une salve d’inculpations à l’encontre de Julian Assange La Matinale / 1 min. / le 24 mai 2019
La justice américaine a inculpé jeudi le fondateur de Wikileaks Julian Assange en vertu des lois anti-espionnage, révélant ainsi 17 nouveaux chefs d'inculpation à l'encontre du lanceur d'alerte australien.

Les Etats-Unis reprochent au lanceur d'alerte australien d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication, en 2010 par Wikileaks, d'une somme colossale de documents militaires et diplomatiques.

Ils accusent aussi l'homme de 47 ans, détenu à Londres et visé par une procédure d'extradition vers les Etats-Unis, d'avoir "comploté" avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent.

Julian Assange est soupçonné d'avoir "aidé" et "incité" le soldat Manning "à obtenir des informations confidentielles en sachant qu'elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l'avantage d'une nation étrangère", a déclaré le ministère de la Justice, en révélant 17 nouveaux chefs d'inculpation.

"Pas un journaliste"

"Le ministère prend au sérieux le rôle des journalistes dans notre démocratie, mais Julian Assange n'est pas un journaliste", a dit lors d'une conférence de presse John Demers, responsable des questions de sécurité nationale au ministère de la Justice. "Aucun journaliste responsable ne publierait sciemment les noms de sources confidentielles en zones de guerre, sachant que cela les exposerait au plus grand danger", a-t-il justifié.

Les nouveaux chefs d'accusation peuvent entraîner des peines de dix ans de prison chacun.

Suite à une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, Julian Assange a été interpellé le 11 avril à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il s'y était réfugié en 2012, en partie pour fuir la justice américaine après la publication par WikiLeaks de 250'00 câbles diplomatiques et d'environ 500'000 documents confidentiels sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

ats/jvia

Publié le 24 mai 2019 à 04:23 - Modifié le 24 mai 2019 à 08:27

Les défenseurs de la liberté de la presse outrés

En inculpant Julian Assange de nouveaux chefs d'accusation, la justice américaine s'est immédiatement attiré les foudres des défenseurs de la liberté de la presse.

"C'est de la folie", a instantanément réagi l'organisation Wikileaks sur Twitter. "C'est la fin du journalisme sur les sujets de sécurité nationale et la fin du premier amendement" de la Constitution américaine qui garantit la liberté d'expression, a-t-elle ajouté.

Cette inculpation "pose une menace directe à la liberté de la presse et au journalisme d'investigation", a renchéri Reporters sans frontières (RSF), tandis que l'organisation Freedom of the Press évoquait "un grand danger pour les journalistes".